L’année 2006 a été une des plus chaudes du siècle passé

0,46° C au-dessus de la moyenne : c’est le bilan de l’année 2006 dressé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui indique que 2006 est la sixième année la plus chaude jamais enregistrée.

OMM - 14 décembre 2006

La température moyenne à la surface du globe en 2006 présente actuellement une anomalie positive de 0,42°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 (14°C/57,2°F), d’après les relevés des Membres de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). À ce jour, 2006 se place d’après les estimations au sixième rang des années les plus chaudes depuis le début des relevés, mais les chiffres définitifs ne seront publiés qu’en mars 2007.

Calculées séparément, les températures globales en surface dans l’hémisphère Nord (0,58°C au-dessus de la moyenne, qui est de 14,6°C/58,28°F) et dans l’hémisphère Sud (0,26°C au-dessus de la moyenne qui est de 13,4°C/56,12°F), en 2006, devraient occuper respectivement le quatrième et le septième rangs des températures les plus élevées depuis le début des mesures instrumentales, en 1861.

La température moyenne à la surface du globe a accusé une hausse voisine de 0,7°C depuis le début du XXe siècle, mais cette progression n’a pas été continue. Depuis 1976, la hausse s’est nettement accélérée, atteignant 0,18°C par décennie. La période 1997-2006 est marquée par une anomalie positive moyenne de 0,53°C dans l’hémisphère Nord et de 0,27°C dans l’hémisphère Sud, toujours par rapport à la normale calculée pour 1961-1990.


Disparités régionales

Le début de l’année 2006 a été anormalement doux dans une bonne partie de l’Amérique du Nord et les îles arctiques d’Europe occidentale, alors que l’hiver était rigoureux en Asie, en Fédération de Russie et dans certaines régions d’Europe orientale. Le Canada a connu l’hiver et le printemps les plus cléments de son histoire et les États-Unis d’Amérique la période janvierseptembre la plus chaude depuis le début des relevés. Dans l’île arctique du Spitzberg (Svalbard Lufthavn), les températures moyennes des mois de janvier et d’avril ont présenté des anomalies positives records, respectivement de 12,6°C et de 12,2°C.
Une chaleur extrême a persisté de la fin décembre 2005 au début mars 2006 dans la majeure partie de l’Australie orientale, où de nombreux records ont été battus (Sydney, pour prendre un exemple, a connu le 1er janvier la deuxième journée la plus chaude de son histoire, la température ayant atteint ce jour-là 44,2°C/111,6°F).

Le printemps 2006 (septembre – novembre) a été le plus chaud qu’ait connu l’Australie depuis qu’on a commencé à établir des statistiques saisonnières dans cette région du globe, en 1950. Des vagues de chaleur se sont également abattues sur le Brésil entre janvier et mars (la température de 44,6°C/112,3°F relevée le 31 janvier à Bom Jesus est l’une des plus hautes jamais enregistrées au Brésil).
Plusieurs régions d’Europe et des États-Unis d’Amérique ont connu des vagues de chaleur marquées par des températures records en juillet et en août. À maints endroits, dans ce dernier pays, la température de l’air a atteint ou dépassé 40°C/104°F. La température moyenne de l’air à la surface des terres en Europe pour le mois de juillet dépasse de 2,7°C la normale climatologique, ce qui constitue une anomalie positive record.

L’automne 2006 (septembre – novembre) a été d’une douceur exceptionnelle dans une grande partie de l’Europe, l’écart des températures moyennes par rapport à la normale étant supérieur à 3°C dans les régions situées entre le sud de la Norvège et le versant nord des Alpes. Bon nombre de pays n’avaient pas connu d’automne aussi chaud depuis le début des relevés officiels (1659 dans le centre de l’Angleterre, 1706 aux Pays-Bas et 1768 au Danemark).

 

Sécheresse persistante dans certaines régions

La région de la Corne de l’Afrique, notamment le Burundi, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la République-Unie de Tanzanie et la Somalie, a continué de subir les effets d’une sécheresse persistante. Au moins 11 millions de personnes ont été touchées par des pénuries alimentaires et la Somalie a été frappée par la pire sécheresse des dix dernières années.
Dans de nombreuses régions d’Australie, les précipitations insuffisantes de 2006 ont aggravé une sécheresse persistante; et dans de vastes secteurs, la situation ne s’est guère améliorée depuis les sécheresses de 2002-2003 et 1997-1998. Dans certaines régions, la sécheresse sévit depuis cinq à dix ans, voire depuis une trentaine d’années dans le sud-ouest de l’Australie occidentale.

Aux États-Unis d’Amérique, une sécheresse modérée à exceptionnelle a persisté dans certaines régions désertiques du sud-ouest et, plus à l’est, dans les plaines du sud, tandis que les régions situées à l’ouest des Grands Lacs commençaient elles aussi à être touchées. Sous les effets conjugués de la sécheresse et d’une chaleur anormale, ce pays a connu les pires incendies de son histoire, qui ont ravagé plus de 3,8 millions d’hectares jusqu’au début du mois de décembre. Dans le sud du Brésil, la sécheresse des premiers mois de l’année a causé des dégâts considérables: par exemple, les récoltes de soja ont accusé un déficit estimé à 11 %.

La Chine a subi elle aussi une grave sécheresse, qui a mis à mal des millions d’hectares de cultures dans la province de Sichuan durant l’été et dans l’est du pays en automne. La sécheresse a aussi entraîné d’importantes pertes économiques et de graves pénuries d’eau potable.

 

Fortes précipitations et inondations

Durant le premier trimestre de 2006, alors que s’achevait la saison des pluies 2005/06, la plupart des pays d’Afrique australe ont connu une pluviosité satisfaisante. En Afrique du Nord, le Maroc et l’Algérie ont été frappés en 2006 par des inondations qui ont fait quelques victimes et causé des dommages aux infrastructures. Des précipitations exceptionnelles se sont abattues en février sur la région de Tindouf, dans le désert du Sahara, où les graves inondations qui s’en sont ensuivies ont endommagé 70 % des stocks vivriers et entraîné l’évacuation de 60 000 personnes.

À Bilma, au Niger, près de 50 000 personnes ont subi pendant tout le mois d’août les conséquences néfastes d’une forte pluviosité, la plus élevée depuis 1923. Ce même mois, toujours au Niger, la région de Zinder a connu les précipitations les plus abondantes des 50 dernières années qui ont causé d’importants dommages à l’agriculture. En Éthiopie, de fortes pluies ont entraîné au mois d’août des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 600 victimes; les pires inondations se sont produites notamment à Dire Dawa et le long du fleuve Omo en crue.

De fortes pluies se sont à nouveau abattues en octobre et en novembre sur la région de la Corne de l’Afrique, entraînant de graves inondations, surtout en Éthiopie, au Kenya et en Somalie. Ce dernier pays est confronté aux pires inondations de son histoire récente: les précipitations mensuelles ont été plus de six fois supérieures à la normale par endroits, et des centaines de milliers de personnes ont été touchées. Les inondations de cette année seraient les pires que la région de la Corne de l’Afrique ait connues au cours du dernier demi-siècle. Les fortes pluies sont survenues après une longue période de sécheresse et le sol n’a pas pu absorber toute cette eau.
Les fortes pluies qui se sont abattues durant les premiers mois de l’année sur la Bolivie et l’Équateur ont entraîné de graves inondations et des glissements de terrain qui ont touché des dizaines de milliers de personnes. Au début du mois de mai, le Surinam a connu lui aussi des pluies torrentielles, qui ont déclenché une véritable catastrophe nationale, la pire de son histoire récente.

En février, dans l’île de Leyte, aux Philippines, des pluies torrentielles qui ont déversé 500 mm d’eau en cinq jours ont provoqué un glissement de terrain qui a fait plus de 1 000 victimes. Bien que la pluviosité totale ait été proche de la moyenne, la saison de la mousson en Inde a été caractérisée par de nombreux épisodes de pluies abondantes, plusieurs sites ayant pulvérisé leur record de précipitations sur 24 heures.

Quelques mois à peine s’étaient écoulés depuis les inondations catastrophiques de l’été 2005 en Europe orientale que d’abondantes chutes de pluie conjuguées à la fonte des neiges ont provoqué en avril de vastes inondations le long du Danube, qui a atteint sa cote la plus élevée depuis plus d’un siècle. Les pays les plus durement frappés ont été la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Serbie, où des dizaines de milliers de personnes ont été touchées par les inondations qui ont noyé des centaines de milliers d’hectares.

Des pluies abondantes et persistantes se sont déversées sur la Nouvelle-Angleterre (États-Unis d’Amérique) entre le 10 et le 15 mai, entraînant des inondations historiques décrites comme étant les pires que cette région ait connues depuis 70 ans. Des précipitations exceptionnelles se sont également produites en juin dans les États du centre du littoral Atlantique et dans le nord-est: de nombreux records journaliers et mensuels ont été battus et des inondations étendues ont entraîné l’évacuation de plus de 200 000 personnes. La ville de Vancouver, au Canada, a connu le mois de novembre le plus arrosé de son histoire – 351 mm de pluie, soit près de deux fois la moyenne pour ce mois.
Typhons meurtriers en Asie du Sud-Est

En 2006, 22 cyclones tropicaux (contre une moyenne de 27) ont pris naissance dans le nord-ouest du Pacifique, 14 d’entre eux se classant dans la catégorie des typhons. Les typhons Chanchu, Prapiroon, Kaemi, Saomai, Xangsane et Cimaron et la tempête tropicale Bilis ont semé la mort et la dévastation dans la région. Les cyclones tropicaux qui ont atteint les côtes chinoises ont fait plus de 1 000 victimes et entraîné des pertes économiques s'élevant à 10 milliards de dollars É.-U., ce qui fait de 2006 l'année la plus calamiteuse de la décennie écoulée. Le typhon Durian a touché quelque 1,5 million de personnes aux Philippines en novembre et décembre 2006; plus de 500 personnes ont perdu la vie et des centaines d'autres sont encore portées disparues.

Durant la saison cyclonique de 2006, neuf tempêtes tropicales «baptisées» se sont formées dans l'Atlantique (contre une moyenne de dix). Cinq d’entre elles ont atteint la force d'un ouragan (contre une moyenne de six) et deux celle d'un ouragan «majeur» (catégorie trois ou supérieure sur l'échelle Saffir-Simpson). Dans l'est du Pacifique Nord, 19 tempêtes se sont formées auxquelles on a donné un nom, soit un chiffre bien supérieur à la moyenne, qui est de 16. Onze de ces systèmes dépressionnaires ont atteint la force d'un ouragan et six celle d'un ouragan majeur.

Douze cyclones tropicaux ont pris naissance dans le bassin australien, soit deux de plus que la moyenne. Le cyclone tropical Larry est le plus violent, lorsqu’il a touché terre, que le Queensland ait connu depuis 1918. Il a détruit 80 à 90 % de la récolte de bananes australiennes.


Déperdition d'ozone au-dessus de l'Antarctique et de l'Arctique

Le 25 septembre, le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique a atteint une étendue maximale record – 29,5 millions de km2 – soit un chiffre légèrement supérieur à celui de septembre  2000 – 29,4 millions de km2 – qui constituait le précédent record. En fait, ces valeurs sont si proches que l'on peut considérer que la zone de destruction de l'ozone avait la même étendue en 2000 et en 2006.

La taille et la persistance du trou d'ozone en 2006 – la déperdition totale de ce gaz s'élevant à 40,8 mégatonnes (là aussi un chiffre sans précédent) – peut s'expliquer par la présence persistante, à des niveaux quasi records, de substances nocives pour l'ozone, combinée à un hiver stratosphérique particulièrement froid. Les basses températures de la première quinzaine de janvier ont entraîné une déperdition de 20 % de la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique en 2006 (voir le communiqué de presse de l'OMM N° 760). Des températures plus clémentes ayant prévalu à partir de la fin janvier, la destruction de l'ozone n'a pas atteint l'ampleur constatée en 2005.

 

Le recul des glaces de mer dans l'Arctique se poursuit

Le recul rapide des glaces de mer dans l'Arctique s'est poursuivi en 2006. L'étendue moyenne des glaces de mer pour l'ensemble du mois de septembre était de 5,9 millions de km2, dépassant d’à peine 340 000 km2 le chiffre de 2005, l’année du déficit record. Le recul des glaces de mer en septembre avoisine aujourd'hui 8,59 % par décennie, soit une déperdition annuelle de 60 421 km2, l’année 2006 étant prise en compte.
Sources d'information

Les informations préliminaires dont on dispose pour 2006 reposent sur les observations effectuées jusqu'à fin novembre par des réseaux de stations météorologiques terrestres, de navires et de bouées. Les données sont recueillies et diffusées en permanence par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux des Membres de l'OMM. La détérioration de certaines plates-formes d’observation dans certaines régions du monde est toutefois préoccupante.

Il convient de noter que, conformément à la pratique établie, les analyses de la température à l'échelle du globe sont réalisées par l'OMM à partir de deux jeux de données distincts. Le premier est le jeu de données combinées provenant du Centre Hadley du Service météorologique national du Royaume-Uni et de la Section de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia (Royaume-Uni). Le second est tenu à jour par l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA), qui relève du Ministère du commerce des États-Unis d'Amérique. Les résultats fournis par ces deux jeux de données sont comparables: les deux semblent indiquer que l'année 2006 devrait se placer au sixième rang des années les plus chaudes à l'échelle du globe. On trouvera des informations plus détaillées dans la Déclaration annuelle de l'OMM sur l'état du climat mondial en 2006, qui paraîtra début mars 2007.

 

Source : www.wmo.int/web/Press/Press.html#pr

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