L'Aquitaine envahie par les autoroutes
Six projets d'autoroute s'apprêtent à déchirer l'Aquitaine. Ce qui n'empêche pas le Conseil régional de proclamer son « engagement » en faveur du développement durable. Un exemple classique de la schizophrénie politique – ou de l'inanité du concept de développement durable.
Un collectif d'associations d'Aquitaine - 16 janvier 2007
Le Conseil régional d'Aquitaine a lancé depuis le 8 janvier une campagne de communication sur l'environnement intitulée « Evitons-ça ! ». Selon le communiqué de presse « Développement durable : le Conseil Régional s'engage » , « Alain Rousset et les élus régionaux ont souhaité décliner les engagements de la Région et sensibiliser le grand public aquitain sur ce défi considérable pour notre avenir ». La campagne de communication dénonce ainsi des routes embouteillées de camions ou des images de tempête pour souligner l'engagement de la Région dans le ferroutage et dans un plan d'action climat.
Si ces mesures vont effectivement dans le bon sens elles ne peuvent masquer l'incroyable incohérence des politiques de transport et de lutte contre le réchauffement climatique dans la région. Alors que le transport routier est le premier responsable des émissions de gaz à effet de serre l'exécutif régional porte ou soutient aujourd'hui six projets autoroutiers ou assimilés : A65 (Langon-Pau), élargissement RN10 et A63, contournement autoroutier de Bordeaux, transnavaraise, doublement de la RN 21 et de Pau-Oloron. Si tous ces équipements sont construits, cet exécutif aquitain - et son président en tête - restera dans l'histoire comme l'un de ceux ayant le plus bétonné la région. Celui, surtout, ayant raté un tournant historique dans la lutte contre le réchauffement climatique en handicapant gravement l'Aquitaine.
Faut-il en effet répéter que la construction de nouvelles voies routières facilite le développement du transport routier au détriment des autres modes de transports ferroviaires, maritimes et fluviaux ? Il ne suffit pas de construire des voies de chemin de fer, d'élaborer un « plan d'action climat » ou de communiquer sur le développement durable pour faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Il faut avant tout en diminuer les sources et le transport routier est la première d'entre elles (50% en Aquitaine). On ne peut prétendre lutter contre le réchauffement climatique et faire preuve d'une telle frénésie autoroutière.
Un autre problème, et non des moindres, l'argent consacré à des infrastructures routières n'est pas disponible pour d'autres politiques publiques, favorables à l'environnement. Concernant seulement le projet d'A65, 500 millions d'euros de ressources publiques seraient stérilisés dans le développement du transport routier.
Avec cette campagne de communication le président de la Région et son exécutif ne font guère crédit à l'intelligence des Aquitains. Il n'est pas admissible qu'ils cherchent à masquer ainsi - avec des méthodes qui relèvent de la publicité et non de l'information – l'incohérence et les lacunes de leur politique des transports. Aucun panneau publicitaire ne sera néanmoins assez grand pour camoufler l'incompétence et l'aveuglement de cet exécutif qui n'a malheureusement toujours pas compris la gravité et l'urgence des problèmes environnementaux auxquels nous devons faire face.
Les signataires de ce communiqué, associations et mouvements engagés contre les projets autoroutiers dans la Région, déplorent cette campagne et demandent à l'exécutif régional de mettre en cohérence sa politique des transports en abandonnant l'ensemble des projets autoroutiers entrepris en Aquitaine.
Source : AIPEQVIR (40), Alternative Régionale Langon Pau (Aquitaine), ADIRH (Association de défense des intérêts des riverains du secteur Harretche-Castelnau) (64), es Amis de la Terre Landes (40), Aquitaine Alternatives, Avecicm-environnement Val de L'Eyre (33), APE des 9 fontaines (40), ASSFALTE (33), ATTAC Landes Côte Sud (40), Bien Vivre à Bougarber (64), Bien vivre au Las (33), CADE (Collectif des Associations de Défense de l'Environnement Pays basque et Sud des landes) (64, 40), CGT Equipement Landes (40), CGT INDECOSA (40), Coimères Environnement (33), Collectif Lamarque-Arcins-Cussac (33), Echanges&Nature (33), Greenpeace, Ligue Contre la Violence Routière (33), Méduli Nature (33), Mieux vivre à Doumy (64), NINA (Collectif des habitants d'Audenge, Marcheprime, Mios et Biganos contre le CAB), Ortzadar (64, 40), PERSEÜS (64), La Sabline (33), SEPANSO, Vive la Forêt! (33), VIVR'ARSAC (33).