Les manipulateurs de l’océan condamnés par la communauté internationale
Face au changement climatique, et plutôt que de chercher à réduire la consommation d’énergie, plusieurs groupes aux Etats-Unis développent l’idée de « géo-ingénierie » : action sur l’environnement pour lui permettre de s’adapter au changement climatique. Par exemple, on répandrait du fer dans les océans pour accroître leur capacité d’absorber le dioxyde de carbone. Ces techniques aux effets inconnus et qui abusent des biens communs que sont l’atmosphère et l’océan viennent d’être condamnés par la Convention de Londres sur les déchets maritimes.
Dorothée Benoit Browaeys - 13 novembre 2007
Avec le protocole de Kyoto et les marchés sur les quotas de carbone, se développent des sociétés dédiées à la séquestration des gaz à effet de serre. Certaines proposent ainsi des manipulations à grande échelle des réservoirs terrestres, de l’atmosphère mais aussi des océans. Dans ce domaine, la société Planktos Inc a proposé de disperser à titre expérimental des tonnes de particules de fer, près des Galápagos. De même la firme Ocean Nourishment corporation (ONC) basée à Sydney a reçu récemment l’aval du gouvernement philippin pour répandre des centaines de tonnes d’urée dans la mer Sulu entre Bornéo et les Philippines.Un projet est aussi discuté avec le gouvernement marocain tandis qu’une troisième société privée américaine, Climos Inc, entend proposer un « Code de conduite » pour la fertilisation des océans. Suite à une alerte relayée notamment par Greenpeace et ETC Group - voir Pissing for Profit in the Pacific (1) - et des avis négatifs du Conseil scientifique de la Convention de Londres, une opposition claire a été donnée le 9 novembre par la Convention de Londres (organisation maritime internationale qui supervise les relargages de déchets en mer). Celle-ci a annoncé son intention de développer des régulations internationales pour éviter de telles interventions non justifiées (2).
Fustigeant les « cowboys manipulateurs des biens communs océaniques », Jim Thomas, membre d’ETC Group, demande aux responsables qui vont se réunir à Bali en décembre (dans le cadre de la Convention sur le changement climatique) et aux membres de la Convention des Nations Unies pour la biodiversité de se mobiliser pour « mettre ces technologies de géo-ingénierie sous contrôle intergouvernemental ».
Notes
(1) www.etcgroup.org/en/materials/publications.html ?pub_id=659
(2) www.etcgroup.org/en/materials/publications.html ?pub_id=661
Source : www.vivagora.org/article.php3?id_article=160