Une « vraie aventure » : abandonner la voiture pour le vélo
Partant de Lisbonne le 6 janvier, le « rallye-raid Dakar » traverse le Sahara jusqu’au 21 janvier. Le parcours s’égrène sur près de 8000 km à travers le Maroc, la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. Il a lieu tous les ans depuis 1978. Mais son impact écologique est toujours aussi discutable.
Vélorution - 2 janvier 2007
Fidèle à son absurde rituel, cette année encore le « Dakar » lance ses hordes de tout-terrains à l’assaut des derniers espaces vierges d’Afrique. Pendant toute sa durée, Vélorution dénonce cette mascarade d’aventure qui ne fait que polluer l’air et les esprits, et exalter la société de sur-consommation. Vélorution propose une vraie aventure et un vrai défi : abandonner sa voiture ou sa moto, sortir de la société de l’automobile en faisant du vélo, en prenant le temps de se déplacer à pied, en refaisant de la ville un lieu de rencontres et d’échanges conviviales.
La vitesse automobile et la conduite « sportive » sont des facteurs majeurs de dangerosité automobile. Magnifiant la performance de conduite et la puissance mécanique, les « sports » automobiles contribuent à l’insécurité routière et à la demande de véhicules inutilement rapides, dangereux et polluants. Chez lui, le téléspectateur est noyé sous un flux d’images de vitesse, moteur en sur-régime et autres « dérapages contrôlés ». Comment imaginer, ensuite, que le conducteur-téléspectateur entend les appels à la " modération automobile " ?
Transformant les paysages africains en simples décors de publicité, le Dakar participe, dans un obscène logique "pollué-payeur", à la destruction de ce continent. Par le massacre sur son passage d’écosystèmes très fragiles, et par l’invitation à produire des gaz à effet de serre, dont les pays africains sont les premières victimes.
Les organisateurs décrètent volontiers le rôle positif de cette tartufferie en versant une maigre obole aux régions traversées. Alors que beaucoup d’Africains se battent quotidiennement pour simplement assurer leur survie et celle de leurs proches, le spectacle des participants du Dakar jouant à se faire peur dans les dunes est simplement abject et inacceptable.
3 500 tonnes de CO2 hors Kyoto ? Le site de l’ASO l’annonce fièrement, le Dakar, c’est encore 600 000 litres de Jet A1 pour les avions, 250 000 litres d’Avgas, 500 000 litres de gazoil et 140 000 litres pour les hélicos. Soit pas moins de 3 500 tonnes de CO2 en pure perte. Pour compenser ces 3500 tonnes, il faudrait planter 10 000 hectares d’arbres, soit la surface de Paris ! Pendant que tous les regards sont
tournés vers ces "aventuriers du pétrole" et leur stérile compétition, les représentants du gouvernement négocient à Bruxelles une rallonge des quotas attribués à la France dans le cadre de Kyoto 2008-2010.
A 8,6 euros/tonne, doit-on considérer que Nelly Olin offre à Etienne Lavigne 30 000 euros de "bon CO2" pour Noël ? C’est-ce que l’on appelle aujourd’hui la "fiscalité incitative" ?
Vélorution demande aux sponsors publics de refuser d’associer leur nom à cette plaisanterie de mauvais goût. Vélorution réclame l’abandon du Dakar et de tous les « sports » automobiles.
Source : Vélorution http://www.velorution.org/articles/353.html
Voir le site officiel du rallye : www.dakar.com/2007/DAK/LIVE/fr/-10300/index.html