Quatre candidats à la présidence contre l’EPR
Spectacle surprenant de voir Corinne Lepage à côté d’Olivier Besancenot ! Mais le fait est là : sur certaines questions, des candidats concurrents et parfois d’options politiques très différentes sont capables de parler d’une même voix. Olivier Besancenot (LCR), José Bové, Corinne Lepage (Cap 21) et Dominique Voynet (Verts) se sont ainsi retrouvés pour dénoncer le projet de construction de l’EPR, le nouveau réacteur nucléaire que EDF et le gouvernement préparent à Flamanville (Manche).
Reporterre - 3 mars 2007
Les quatre candidats aux élections présidentielles étaient réunis pour une conférence de presse commune à Paris le 1 mars. Celle-ci avait été organisée par le Collectif Stop EPR, qui réunit notamment le Réseau Sortir du nucléaire, Greenpeace, ATTAC, France nature environnement, les Amis de la Terre, Agir pour l’environnement, etc. Voici leurs principaux propos.
Olivier Besancenot : « L’EPR est le symbole d’un débat qui n’a jamais eu lieu. Il ne correspond pas à un besoin, c’est seulement une question de business. On est pour que le projet capote. Je veux insister sur la nécessité d’un nouveau service public de l’énergie.»
José Bové : « Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont liés. Lutter contre le nucléaire civil est une façon de dire qu’il faut désarmer la planète. Il faut arrêter la prolifération verticale – l’accumulation d’armements nucléaires en France et dans les autres pays possédant la bombe – et horizontale, géographique. De plus, avec le nucléaire, la démocratie est bafouée, et l’EPR en est la caricature. Qui dit énergie nucléaire dit Etat policier. Nucléaire et démocratie sont deux mots incompatibles. »
Corinne Lepage : « Il y a trois raisons de s’opposer à l’EPR. C’est un déni démocratique. La transformation du droit nucléaire en 2006 s’est faite dans le silence général, alors qu’il n’y a plus de droit à l’information dans le domaine nucléaire et que l’Autorité de sûreté nucléaire, qui est aux mains des lobbies, va décider à la place de l’Etat. Ensuite, le gisement d’emplois se trouve dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Les 3 milliards de coût de l’EPR vont empêcher d’investir dans ces domaines. Enfin, tout ce qui est mis en place est destiné à devenir un énorme business, où des grands groupes comme Total et Bouygues prendront la rente nucléaire, l’ambition de nos dirigeants étant que la France fournisse l’Europe en électricité. »
Dominique Voynet : « EPR a été vendu aux décideurs comme une centrale de nouvelle génération. Mais c’est en fait le dernier avatar d’une vieille filière. Nous avons une autre conception de l’intérêt général ».
Par ailleurs, José Bové a prévenu qu'il pourrait appeler en dernier recours à démonter les pylônes pour empêcher la construction des lignes à très haute tension. « Si EDF veut passer en force à Flamanville, si les lignes à très haute tension se mettent en place, j'appellerai les citoyens à démonter les pylônes et à empêcher » leur construction.
Source : Reporterre.
Pour en savoir plus : www.stop-epr.org