Un syndicat s’engage sur le climat
Le changement climatique n’est pas seulement une question écologique. Il découle aussi d’un système économique et appelle des réorientations fortes des politiques économiques, explique l’Union syndicale solidaires.
Union Syndicale Solidaires - 14 février 2007
Le document de travail du groupe d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) pointe un état inquiétant de l’évolution climatique puisqu’il prévoit un réchauffement moyen du climat de trois degrés dans son scénario central, une augmentation supérieure n’étant pas exclue.
Le réchauffement climatique n’est qu’une des facettes d’une crise écologique globale dont les manifestations les plus visibles sont l’accroissement exponentiel des déchets toxiques, la pollution des nappes phréatiques et des sols, la réductionde la diversité biologique, l’épuisement de certaines ressources naturelles. Cette crise est le produit direct d’un mode de développement productiviste qui considère la nature comme un simple réservoir où l’on peut puiser des ressources et comme une décharge publique où l’on peut déposer les résidus de l’activité économique.
Cette crise a été considérablement aggravée par les politiques néolibérales menées depuis plus d’un quart de siècle qui ont accentué les processus de privatisation des biens et des services et de marchandisation du vivant. Le libre-échange généralisé et l’accélération d’une nouvelle division internationale du travail ont entraîné une « bulle commerciale » qui s’est traduite par une explosion des transports polluants, notamment routiers et maritimes. La logique du profit a entraîné une déforestation massive à des fins industrielles. La suppression des productions vivrières dans les pays du Sud au profit de monocultures destinées au marché mondial a entraîné un recul des terres cultivables.
Les mécanismes de marché des « droits à polluer » mis en place par le protocole de Kyoto s’avèrent impuissants pour commencer même à résoudre le problème posé par le réchauffement climatique. Non seulement les Etats-Unis, le plus gros pollueur de la planète, refusent l’objectif pourtant modeste de réduction de 5,2 % des émissions de gaz carbonique d’ici 2012, mais le marché des droits à polluer ne profite qu’aux multinationales sans réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, loin de diminuer, les émissions de gaz carbonique ont augmenté de 3 % par an entre 2000 et 2005 contre moins de 1 % entre 1990 et 1999.
Les pays du Nord, pour le plus grand profit de leurs multinationales, ont mis en place des partenariats public-privé pour financer des « puits à carbone » dans les pays du Sud, les transformant ainsi en réceptacles de carbone après avoir pillé leurs ressources et y avoir accumulé déjà d’autres déchets.
Pour l’Union syndicale Solidaires, répondre à la crise écologique suppose notamment de rompre avec un mode de développement productiviste basé sur la recherche du profit maximal et oublieux des contraintes écologiques. Dans ce cadre, l’Union syndicale Solidaires préconise :
- la mise en oeuvre d’un programme de développement des énergies renouvelables permettant la diminution de la consommation énergétique et la création de nouveaux emplois ;
- une politique de l’habitat visant à imposer des normes de construction et une réhabilitation des logements anciens permettant des économies d’énergie ;
- le financement d’un programme de réduction du transport routier par le développement du ferroutage et par une amélioration des transports collectifs ;
- la mise en place d’une fiscalité écologique : taxation des transports en prenant en compte leurs coûts écologiques aujourd’hui externalisés, fiscalité différenciée des entreprises en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre et des caractéristiques des produits et des économies qu’ils permettent de réaliser ;
- fixation de normes de pollution dans l’industrie compatibles avec une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.
Ces mesures doivent s’inscrire dans le cadre d’une réduction de la mobilité des capitaux et d’un rapprochement des lieux de production des biens de leurs lieux de consommation.
Source : www.solidaires.org