Une vague nucléaire risque de submerger l’Europe de l’Est
Une centrale sur un site sismique : c’est le projet de Belene, en Bulgarie, qui pourrait marquer le début d’une longue série de nouveaux réacteurs nucléaires en Europe de l’est. Début décembre, la Commission européenne rendra un avis officiel sur ce projet du gouvernement bulgare. Plusieurs associations demandent aux citoyens de se mobiliser contre cette relance d’une énergie dangereuse.
Les Amis de la Terre - 19 novembre 2007
Le Projet Belene a été conçu au début des années 80 et a été controversé dès ses débuts, car la centrale nucléaire serait située en plein dans une zone sismique. Plus de 120 personnes sont ainsi mortes lors du dernier grand tremblement de terre dans la région, à seulement 14 kilomètres du site de Belene. Dès 1984, les scientifiques soviétiques ont alerté les décideurs sur les risques de construire une centrale nucléaire à cet emplacement et dans les années 90, les plans furent finalement abandonnés.
Malgré cela, le gouvernement bulgare a remis à l’ordre du jour ce funeste projet et se tourne désormais vers la Commission européenne pour obtenir son soutien financier. Les réacteurs nucléaires planifiés à Belene sont d’un nouveau type n’ayant jamais été utilisé ailleurs et ils constitueraient les premiers réacteurs nucléaires russes à être bâti au sein de l’Union Européenne. La première étape de ce processus repose ainsi sur une évaluation officielle du projet par la Commission européenne. Si la Commission donne son feu vert, Belene deviendra éligible à l’octroi de prêts d’Euratom et de la Banque Européenne d’Investissement
En fait, c'est toute une nouvelle vague de dangereux projets de centrales nucléaires qui menace de déferler sur l’Europe de l’Est.
Plusieurs de ces centrales nucléaires furent planifiées ou même partiellement construites durant l’ère soviétique, et reviennent au goût du jour. Belene n’est que le premier d’une série de nouveaux projets qui seront examinés par la Commission européenne. Les autres centrales à venir sont par exemple les réacteurs 3 et 4 de Mochovce en Slovaquie, dont la conception est complètement obsolète et ne contient même pas d’enceinte de protection, ou encore les réacteurs 3 et 4 de Cernavoda en Roumanie, qui seraient également construits en zone sismique.
La Commission devrait émettre son avis officiel sur Belene début décembre et si l’avis est positif, la Bulgarie sera alors en mesure d’aller chercher le soutien financier d’Euratom et de la Banque Européenne d’Investissement, des institutions qui sont financées par les contribuables de toute l’Europe. Les deux réacteurs planifiés à Belene seraient les premiers nouveaux réacteurs nucléaires russes à être construits en Union Européenne. Si la Commission donnait un avis de sécurité positif pour Belene, les impacts d’une telle décision se répercuteraient bien plus loin que la Bulgarie. De près ou de loin, il donnerait le feu vert à l’industrie nucléaire russe pour pousser ses projets de réacteurs similaires en Serbie, en Slovénie, en Slovaquie et en Hongrie. Tous ces projets feraient de l’Europe un endroit beaucoup plus risqué qu'aujourd'hui.
C’est pour cela qu’il est important que les citoyens européens réveillent les commissaires européens à ce sujet. Il faut leur faire savoir que nous sommes fatigués de voir la Commission produire des avis pro-nucléaires en ignorant totalement les préoccupations et les sentiments de la majorité des citoyens. Les propres sondages de la Commission démontrent clairement que la plupart des Européens considèrent les centrales nucléaires comme une menace à leur sécurité et à celle de leurs familles. C'est pourquoi les Amis de la Terre ont lancé une cyberpétition avec le Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace et le site Cyberacteurs.
Source : www.amisdelaterre.org
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