"Nous vivons dans la peur"
Mona El-Farra, médecin, vit avec sa famille de trois enfants à Gaza où elle est née. Elle raconte dans un blog les événements de sa vie dans le territoire. Voici des extraits de son dernier message, traduit de l’anglais par Reporterre :
Mona El-Farra : Quand Israël a lancé sa dernière incursion, préparée à l’avance, à Gaza, sous le prétexte qu’un de ses soldats avait été capturé, les avions de chasse ont détruit la principale centrale électrique du territoire. Depuis, nous n’avons de l’électricité que six à huit heures par jour. L’eau manque la plupart du temps. Nous subissons des tirs d’artillerie, des tirs des navires ou des avions, nuit et jour. C’est pire la nuit, et particulièrement quand les avions passent le mur du son (à basse altitude). Cela me fait sursauter dans la journée et sauter hors de mon lit pendant la nuit. Mon rythme cardiaque s’accélère et je me serre contre ma fille : nous avons besoin de nous rassurer.
Dans l’obscurité, les enfants ont peur de rester tout seuls. Beaucoup d’enfants à Gaza souffrent de cauchemars et sont devenus incontinents.
Les hôpitaux sont durement affectés. Il y a vingt-deux hôpitaux à Gaza, sans électricité. Ils utilisent des générateurs électriques. Mais ceux-ci nécessitent de du carburant, celui-ci vient d’Israël, et la frontière est fermée depuis le début de l’attaque ; aussi, les services médicaux tournent dans la crainte permanente de voir le courant coupé et de manquer de médicaments. Beaucoup d’opérations doivent être reportées à plus tard. Beaucoup de médicaments sont corrompus, faute d’une bonne réfrigération.
(…)
Je vis près de la mer, et depuis le début de l’opération militaire contre Gaza, les plages sont vides. Les familles ont peur d’y amener leurs enfants, et les enfants eux-mêmes ont peur d’y aller, après ce qui est arrivé à la famille Gallia, qui a été décimée par les tirs d’un bateau israélien sur une plage au nord de Gaza (en juin).
(…)
Nous vivons en permanence dans la peur d’agressions militaires. Je vais à mon travail et embrasse ma fille le matin sans être assurée de la voir le soir. En conduisant, j’entends les hélicoptères et les drones. Je ne peux m’empêcher de penser au danger et de me dire qu’ils pourraient frapper ma voiture ou celle derrière moi. J’ai peur jusqu’à ce que j’arrive à mon travail. A Gaza, on n’est en sécurité nulle part.
Source : fromgaza.blogspot.com
Mona El-Farra : Quand Israël a lancé sa dernière incursion, préparée à l’avance, à Gaza, sous le prétexte qu’un de ses soldats avait été capturé, les avions de chasse ont détruit la principale centrale électrique du territoire. Depuis, nous n’avons de l’électricité que six à huit heures par jour. L’eau manque la plupart du temps. Nous subissons des tirs d’artillerie, des tirs des navires ou des avions, nuit et jour. C’est pire la nuit, et particulièrement quand les avions passent le mur du son (à basse altitude). Cela me fait sursauter dans la journée et sauter hors de mon lit pendant la nuit. Mon rythme cardiaque s’accélère et je me serre contre ma fille : nous avons besoin de nous rassurer.
Dans l’obscurité, les enfants ont peur de rester tout seuls. Beaucoup d’enfants à Gaza souffrent de cauchemars et sont devenus incontinents.
Les hôpitaux sont durement affectés. Il y a vingt-deux hôpitaux à Gaza, sans électricité. Ils utilisent des générateurs électriques. Mais ceux-ci nécessitent de du carburant, celui-ci vient d’Israël, et la frontière est fermée depuis le début de l’attaque ; aussi, les services médicaux tournent dans la crainte permanente de voir le courant coupé et de manquer de médicaments. Beaucoup d’opérations doivent être reportées à plus tard. Beaucoup de médicaments sont corrompus, faute d’une bonne réfrigération.
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Je vis près de la mer, et depuis le début de l’opération militaire contre Gaza, les plages sont vides. Les familles ont peur d’y amener leurs enfants, et les enfants eux-mêmes ont peur d’y aller, après ce qui est arrivé à la famille Gallia, qui a été décimée par les tirs d’un bateau israélien sur une plage au nord de Gaza (en juin).
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Nous vivons en permanence dans la peur d’agressions militaires. Je vais à mon travail et embrasse ma fille le matin sans être assurée de la voir le soir. En conduisant, j’entends les hélicoptères et les drones. Je ne peux m’empêcher de penser au danger et de me dire qu’ils pourraient frapper ma voiture ou celle derrière moi. J’ai peur jusqu’à ce que j’arrive à mon travail. A Gaza, on n’est en sécurité nulle part.
Source : fromgaza.blogspot.com
