Chronique de la bande de Gaza

05 août 2006

"Une crise oubliée", dit l'ONU

L’attaque de l’armée israélienne continue sur Rafah. Samedi matin 5 août, cinq Palestiniens ont été tués et cinq autres blessés lors de raids israéliens à Rafah, alors que des blindés israéliens prenaient position sur le flanc est de la ville, ont annoncé Tsahal et des responsables hospitaliers.
Le premier raid a tué une soeur et un frère de 16 et 15 ans respectivement, a déclaré le Dr Ali Musa, directeur de l'hôpital de Rafah. Leur mère, âgée de 50 ans, est décédée plus tard de ses blessures. Quatre autres personnes, tous des civils, ont été gravement blessées. Deux autres raids ont tué un activiste du Djihad islamique de 19 ans et un combattant armé du Hamas âgé de 21 ans, ont déclaré leurs mouvements respectifs.
Ces décès portent à 15 le nombre de Palestiniens tués depuis le retour des troupes et des blindés israéliens dans le sud de la Bande de Gaza, il y a trois jours. (Source : Agence Associated Press).

Par ailleurs, les agences humanitaires des Nations Unies actives dans la bande de Gaza se sont déclarées le 3 août «profondément alarmées par l'impact de la poursuite des violences sur les civils et les infrastructures à Gaza », craignant que la situation devienne une « crise oubliée».
« La poursuite des violences a provoqué une forte dégradation de la situation humanitaire de près de 1,4 million de Palestiniens, pour moitié des enfants », indiquent les Nations Unies dans un communiqué. Les Nations Unies estiment que « depuis le 28 juin 175 Palestiniens ont été tués, dont 40 enfants et 8 femmes, et que 620 personnes ont été blessées dans la Bande de Gaza ». Par ailleurs, « un soldat israélien a été tué et 25 Israéliens blessés, 11 d'entre eux par des roquettes artisanales tirées depuis la Bande de Gaza ».
L'ONU estime « qu'en moyenne 8 à 9 roquettes ont été tirées chaque jour vers Israël, soit 319 au total et que l'armée israélienne a procédé à quelque 200 à 250 tirs de mortier par jour vers la Bande de Gaza et mené au moins 220 bombardements aériens ».
Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme rappelle que « les parties à un conflit ont l'obligation de faire preuve de précaution et de respecter le principe de proportionnalité dans toutes les opérations militaires ». La Commissaire, Louise Arbour, a rappelé le 20 juillet, que « le bombardement de sites présumés militaires mais causant invariablement des morts parmi la population civile est injustifiable ».
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) informe que des locaux de l'ONU ainsi que d'importantes étendues de terres arables ont été endommagées par les incursions terrestres de l'armée israélienne. D'autre part, « le bureau de l'ONU à Gaza a été pillé par des manifestants palestiniens le 30 juillet dernier ».
Par ailleurs, en raison de la destruction de la centrale électrique de Gaza par l'armée israélienne, les Palestiniens ne reçoivent plus que 6 à 8 heures de courant par jour à Gaza. Cette destruction a « causé une réaction en chaîne de manque de courant, d'absence de carburant pour les générateurs et de pénuries d'eau, qui représente une menace sérieuse pour la santé et une entrave pour tout le système de santé ».
Source : Centre de nouvelles ONU (www.un.org/french/newscentre/)