Chronique de la bande de Gaza

31 juillet 2006

De Gaza à Beyrouth

De Gaza à Beyrouth


L'odeur de la mer de Gaza
M'emmène aux sables de Beyrouth
En aide du vent d'été
Un été de guerre
De souffrance
Et d"inquiétude
Dans deux villes de rêve.

Deux villes qui souffrent
Des attaques sanglantes
Des bombardements
Des destructions massives
Mais surtout du silence international.


De Gaza la résistante à Beyrouth le défi
Nous adressons un message
Un message de solidarité
Un message de fierté
Et un message d'amitié.

Entre Gaza et Beyrouth
Une mer qui refuse l'inconnu
Qui refuse l'humiliation
Et qui insiste pour accueillir des combattants
Des combattants pour une cause noble
La cause de tous les opprimés.


Entre Gaza et Beyrouth
Un pacte d'amitié
Une histoire commune
Une résistance contre un occupant
Qui déteste la vie et la lumière.


Entre Gaza et Beyrouth
Existe une volonté de continuer la vie
Une vie de liberté
Une vie normale
Et une vie de paix.

Ziad Medoukh

27 juillet 2006

Une journée de feu et de sang

Vingt et un Palestiniens dont de nombreux civils ont été tués mercredi 26 juillet 2006 dans la bande de Gaza, l'une des journées les plus sanglantes de l'offensive israélienne lancée il y a près d'un mois dans ce territoire pour retrouver un soldat capturé par des groupes armés.
Parmi les 21 tués figurent au moins huit membres de groupes armés, mais aussi plusieurs civils, dont trois petites filles. En outre, au moins 69 Palestiniens ont été blessés, dont 20 grièvement.
Deux soeurs de 7 mois et trois ans ont été tuées par un tir d'obus de char qui s'est abattu sur leur maison dans l'est du camp de réfugiés de Jabalia, dansle nord de la bande de Gaza, blessant leur mère et deux autres soeurs.
Un jeune homme âgé d'une vingtaine d'années, souffrant de troubles mentaux,a été tué à Soudania, au nord de Gaza par des tirs de chars.
L'armée israélienne a confirmé plusieurs raids aériens contre des «hommes armés» dans l'est de Gaza.
Elle a lancé une série de raids aériens et une incursion dans le nord de la bande de Gaza afin de mettre fin aux tirs de roquettes, selon un porte-parole militaire. Trois roquettes sont tombées dans le sud d'Israël sans faire ni victime ni dégât, a-t-il ajouté.
Les raids ont visé à Gaza une force spéciale du ministère de l'Intérieur mise en place par le mouvement Hamas, ainsi qu'une maison, déjà touchée la veille à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Au total, 137 Palestiniens et un soldat israélien ont péri dans les opérations israéliennes lancées depuis le 28 juin dans la bande de Gaza pour retrouver un militaire israélien enlevé par des groupes armés, et mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud d'Israël.
Dans un communiqué, le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné des «actes inacceptables». «Israël viole clairement les conventions de Genève» a-t-il ajouté, en référence aux attaques contre des cibles civiles.
Le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas a dénoncé «la guerre psychologique» menée par l'armée israélienne qui appelle depuis plusieurs jours des habitants de Gaza pour les prévenir du bombardement imminent de leur maison.
L'armée israélienne a indiqué avoir lors de ses raids contre des maisons ces derniers jours sommé les habitants de quitter les lieux avant de frapper. Des propriétaires de maisons ont confirmé à l'AFP avoir reçu des avertissements téléphoniques de l'armée israélienne.

Source : Agence France Presse

26 juillet 2006

Le témoignage des ONG

La vie dans la bande de Gaza devient terriblement difficile. Voici le résumé des observations faites par deux ONG françaises, Médecins sans frontières (MSF) et Médecins du monde (MDM).

MSF, le 21 juillet : « Entre le 28 juin, début de l'opération « pluie d'été », et le 18 juillet 2006, à Gaza, 101 Palestiniens (dont 18 enfants, 9 femmes et 3 personnes handicapées) ont été tués : près de la moitié étaient des civils et on compte plus de 300 blessés au cours des incursions et attaques.
Des infrastructures civiles (ponts, ministères...), ainsi que la centrale électrique qui alimentait toute la bande de Gaza ont été détruits. L'ouverture du point de transit des marchandises de Karni reste aléatoire et tous les carrefours sont partiellement ou complètement fermés, ce qui signifie que Gaza est sous embargo quasi-total.
Gaza compte 22 hôpitaux et 58 centres de Santé primaires. 22 de ces centres disposent de générateurs électriques et 21 ont été assignés aux urgences. Les personnels de Santé n'ont pas été payés depuis cinq mois et leur quotidien personnel et familial est très difficile. Malgré cela, et malgré les pénuries de matériel médical, d'électricité et de fuel, médecins et infirmières continuent de travailler : 75% des services hospitaliers sont assurés, 12 centres de Santé fonctionnent 24 heures sur 24 ; quatre 12 heures par jour. Cependant, il est difficile d'assurer tous les niveaux de soins, notamment les moins urgents.
L'électricité est rétablie, en moyenne, 6 à 8 heures par jour. Les générateurs sont très difficiles à trouver localement. Il n'y a pas eu du tout de courant à Rafah entre le 7 et le 13 juillet.
L'eau est quant à elle fournie 2 à 3 heures par jour, mais - faute d'électricité et de fuel - elle ne peut être ni pompée ni stockée. L'approvisionnement du Nord-Ouest de la bande de Gaza a été longuement interrompu après que les tuyaux aient été détruits lors d'une incursion : à chaque incursion, ce sont de nouveaux réservoirs d'eau qui sont détruits et l'accès aux puits qui est rendu impossible.
Le réservoir contenant les eaux usées (situé au Nord de la bande de Gaza) est plein depuis que sa vidange n'est plus possible (toujours par manque de fuel et d'électricité). De plus, il n'y a plus eu de ramassage d'ordures depuis plusieurs semaines dans quelques zones de la bande. »

Source : www.msf.fr/site/actu.nsf/actus/palestine210706?OpenDocument&loc=au


MDM, le 11 juillet : « Une enquête menée par Médecins du Monde dans les centres de santé de Gaza depuis le début de l'incursion israélienne révèle des résultats préoccupants en matière d'accès à l'eau potable, à la nourriture et aux soins.
Les équipes de MdM ont réalisé cette enquête en deux temps, avant et pendant l'incursion, auprès de deux échantillons d'environ 500 patients dans 15 structures de santé (10 centres de santé et 5 hôpitaux) représentatives et réparties sur l'ensemble de la bande de Gaza.
Elle montre que :

- L'accès à l'eau et à l'alimentation s'est dégradé significativement depuis l'incursion israélienne : 70% avaient accès à l'eau courante avant l'incursion contre 43% aujourd'hui. Le nombre de repas par jour est en baisse (13 % des personnes interrogées déclarent ne prendre qu'un repas par jour, soit 10 fois plus qu'auparavant).
- Le délai moyen pour arriver aux structures de santé est multiplié par 4 : 2 heures en moyenne contre moins d'une demi-heure avant le bouclage, et jusqu'à 36 heures dans certains cas.
- Les motifs de consultation liés à la traumatologie sont en augmentation, de même que ceux liés aux grossesses avec des risques accrus d'accouchements prématurés ou compliqués.
- Interruptions de traitements : on assiste à une diminution notable des patients porteurs d'une pathologie chronique, faisant redouter des interruptions de traitement aux conséquences lourdes (diabète, hypertension, asthme).
- En matière de santé mentale, 91% des personnes ont été confrontées à un événement violent dans les jours précédents (« sonic booms », bombardements, etc.) et la majorité d'entre elles (70 à 80%) présente des signes de traumatisme psychologique. »

Source : www.medecinsdumonde.org

25 juillet 2006

Une petite fille tuée à Beit Lahya

Une petite fille palestinienne de 5 ans a été tuée et trois civils palestiniens blessés lundi 24 juillet par l'explosion d'un obus d'artillerie israélien près de Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, a-t-on annoncé de sources hospitalières. Ce décès porte à six le nombre de Palestiniens tués lundi par des tirs d'obus israéliens dans ce secteur. La petite fille, Hitam Taya, a été grièvement blessée lorsque sa maison a été touchée par un obus israélien. Elle est ensuite décédée à l'hôpital, a-t-on ajouté de mêmes sources.
En début d'après-midi, trois Palestiniens ont été tués par un obus de char tombé sur un immeuble à Beit Lahya. Selon la porte-parole de l'armée israélienne, ce tir est intervenu «en réponse à des tirs répétés de roquettes depuis depuis cette zone».
Selon un bilan de l'AFP, 113 Palestiniens et un soldat israélien sont morts depuis le 28 juin 2006, date du début des opérations israéliennes lancées dans la bande de Gaza pour retrouver un militaire israélien enlevé par des groupes armés palestiniens et mettre fin aux tirs de roquettes artisanales vers le nord de la bande de Gaza.
Par ailleurs, l'aviation israélienne a lancé un raid lundi sur la ville de Gaza contre une maison où se trouvait un stock d'armes du groupe armé Jihad islamique, a annoncé une porte-parole de l'armée israélienne. Des responsables des services de sécurité palestiniens ont confirmé ce raid en précisant qu'il avait été suivi par une série d'explosions, laissant penser que le bâtiment abritait des explosifs. La porte-parole de l'armée a également indiqué que ce raid traduisait un «changement de politique». «Désormais, tous les bâtiments et maisons où se trouvent des stocks d'armes constituent des cibles pour l'aviation israélienne», a-t-elle dit. Elle a précisé que la population avait été mise en garde par l'intermédiaire des médias, de tracts, ou «même par des coups de téléphone personnels à ceux dont la maison pourrait être visée».
Source : Agence France Presse, 24 juillet 2006.

20 juillet 2006

Passe à Gaza, et viens à notre secours

Un prêtre à Gaza

A l'attention de notre Saint Père Benoît XVI, A l'attention des fidèles nos frères en Christ, et de tous les hommes de bonne volonté dans le monde entier,
Grâce et paix à vous.
Nous, Arabes Chrétiens de Gaza - Palestine, nous avons suivi le voyage de Sa Sainteté Benoît XVI en Allemagne et écouté avec attention son discours dans le camp de concentration de Auschwitz-Birkenau. Le pape disait :" A l'heure actuelle, nous pourrions voir d'autres "camps de concentration", peut-être avec un nom différent, dans d'autres endroits de terreur et d'intolérance, où l'homme s'en prend à l'homme pour l'anéantir". Et il ajouta :" Pourquoi Seigneur, es-tu resté silencieux ? Comment pouvais-tu tolérer tout cela ?" Le ciel resta silencieux même envers Sa Sainteté.
Gaza, Jérusalem, Bethléem et toute la Cisjordanie sont, de nos jours, les nouveaux camps de concentration que le monde craignait de voir au 21ème siècle. Quand la tragédie de la Shoah fut terminée en Europe, elle recommença immédiatement en Palestine : plusieurs millions de Palestiniens vivent maintenant dans des camps de réfugiés ou dans la Diaspora, et quatre millions sont sous occupation, et connaissent l'humiliation, la faim, la soif et la prison depuis des années et des années. Et le monde est resté et continue de rester silencieux :" Pourquoi, frères, restez-vous silencieux ? Comment pouvez-vous tolérer tout cela ?"
Très Saint Père,
Aujourd'hui, les tanks israéliens sont dans Gaza. Les avions de guerre bombardent partout et détruisent les routes, les ponts, les maisons, les approvisionnements en eau, en électricité. Des enfants, des innocents, des hommes, des femmes, des malades sont devenus des cibles. Gaza vit dans la haine, l'humiliation et la mort. Nous sommes comme dans un bateau en mer. Une tempête s'est levée et les vagues sont en train de briser notre navire, à tel point que nous sommes prêts de couler. Vous avez le pouvoir de calmer cette tempête. Maître, nous savons que vous vous préoccupez de savoir si nous nous noyons. S'il vous plaît, menacez le vent et dites aux vagues :" Silence ! Tais-toi !" (Marc 4:35-39).
Très Saint Père,
La Paroisse Catholique de Gaza avec ses 200 croyants vos enfants, et la communauté orthodoxe avec ses 3000 amis, ainsi que les 1 300000 Musulmans vos frères, entendent que l'année prochaine 2007, vous envisagez de commencer un pèlerinage à Jérusalem. Nous vous invitons cordialement à nous aider à réparer et ouvrir notre aéroport de Gaza, afin que vous puissiez atterrir chez nous, et expérimenter l'exode, depuis le pays de la captivité jusqu'au libre Saint Sépulcre.
Très Saint Père, "Passe à Gaza et viens à notre secours." (Act 16 : 9)
Chez nous, avec nous et parmi nous, vous pourrez trouver le Seigneur Ressuscité.
"Rejouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent." (Rom 12 : 15)
Musallam Manuel
Prêtre catholique
Gaza - Palestine