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<title mode="escaped" type="text/html">Chronique de la bande de Gaza</title>
<tagline mode="escaped" type="text/html">Au Liban, la situation s'est enfin apaisée. Mais à Gaza, hommes, femmes et enfants continuent à subir la violence, la peur, le manque. Voici ce que nous racontent les voix de là-bas.</tagline>
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<title mode="escaped" type="text/html">Les gens sont affamés et se radicalisent</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">John Ging, directeur des opérations de l'Unrwa, détaille la situation humanitaire à Gaza : <br/>«Les gens sont affamés et se radicalisent»<br/>
<br/>Propos recueillis par Didier FRANÇOIS<br/>Publié dans le journal Libération : Mercredi 13 septembre 2006 <br/>http://www.liberation.fr/actualite/monde/204087.FR.php<br/>
<br/>Le 12 septembre 2005, Israël évacuait ses troupes et les colonies juives de la bande de Gaza. Au premier anniversaire de ce retrait unilatéral, John Ging, le directeur des opérations de l'agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés de Palestine (Unrwa), dresse le bilan humanitaire de ces douze mois pour Libération.<br/> <br/>
<strong>Quelle est la situation humanitaire à Gaza ? </strong> <br/>Un an après le désengagement israélien, toutes les attentes alors suscitées par cette opportunité se sont évaporées, au point que l'on peine à se souvenir des espoirs de décollage économique et de relance du processus de paix. La réalité, c'est que 100 000 personnes supplémentaires dépendent aujourd'hui de notre programme de distribution de nourriture par rapport à l'an passé. Voilà un exemple du degré de pauvreté qui sévit à Gaza. L'Unrwa doit fournir les moyens élémentaires de subsistance à 830 000 réfugiés, quand le Programme alimentaire mondial soutient 280 000 résidents originaires de la bande de Gaza qui ne peuvent pas bénéficier de nos aides. Au total, les Nations unies nourrissent plus d'1,1 million de Palestiniens à Gaza, sur une population d'1,3 million.<br/>
<br/>
<strong>Comment expliquer une telle paupérisation en si peu de temps ? </strong> <br/>La situation a empiré de façon dramatique depuis que la communauté internationale a coupé ses aides financières aux territoires palestiniens, en février, à la suite de la formation d'un gouvernement du Hamas. L'argent en circulation à Gaza s'est alors tari. Le budget nécessaire au fonctionnement de l'Autorité palestinienne est de 160 millions de dollars par mois, qui se découpe en trois tranches, 60 millions en aide internationale, 60 millions en recettes douanières perçues par Israël à ses frontières et 40 millions d'impôts divers. Les aides financières sont suspendues et Israël refuse de reverser ses droits de douane à l'Autorité palestinienne, qui se trouve dans l'impossibilité de verser les salaires de ses fonctionnaires. Comme la fermeture des points de passage entre Israël et Gaza a asphyxié l'économie privée, les rentrées d'impôts se sont effondrées. L'Autorité palestinienne est en banqueroute et ne fonctionne que grâce au crédit, comme l'ensemble de la population qui a vidé ses maigres réserves depuis longtemps. En plus de cela, les opérations militaires israéliennes lancées depuis le 26 juin ont sérieusement endommagé les infrastructures de Gaza, le plus grave pour l'économie et la vie quotidienne étant la destruction de la centrale électrique. Enfin, en deux mois, nous sommes à plus de 220 morts, dont 44 enfants de moins de 15 ans, et plus de 800 blessés, dont de nombreux polyamputés.<br/>
<br/>
<strong>Israël plaide la nécessité de se protéger face aux attaques terroristes, après la capture d'un de leurs soldats lors d'une opération militaire palestinienne sur son sol ?  </strong>
<br/>Je ne discute en rien les impératifs sécuritaires d'Israël. Gaza est bien une source de violences pour les civils israéliens vivant à sa marge. Ce qui me préoccupe, c'est la proportionnalité de la riposte, et pas uniquement du point de vue du nombre de personnes tuées. Le terminal commercial de Karni est indispensable à l'économie palestinienne. Gaza dépend de l'importation d'un nombre très important de produits et matériaux qui ne sont pas produits ici. Il en va de la survie d'1,3 million de personnes. Mais ce point de passage est conçu comme le sas d'une prison de haute sécurité et la puissance occupante ne devrait pas avoir sa fermeture pour seule réponse à la menace. Durant cette année, le terminal de Karni a été fermé la moitié du temps et il ne fonctionnait qu'à 30 % de ses capacités quand il était ouvert. Nous avons manqué de farine en mars. Ce mois-ci, nous reportons nos distributions de nourriture depuis dix-huit jours car le passage a été bouclé du 15 août au 3 septembre. Les gens sont affamés, frustrés et se radicalisent. La situation économique tue l'avenir. Plus de 800 000 personnes à Gaza ont moins de 15 ans, qui n'ont que l'expérience de l'enfermement et de l'affrontement, à la différence de leurs parents qui connaissaient Israël et qui allaient à Tel-Aviv chercher du travail, pas pour se faire sauter dans un attentat.<br/>
<br/>
<strong> Quelle est la solution, de votre point de vue ?</strong>  <br/>La clé du développement de Gaza est la circulation des biens, des hommes et des marchandises. C'est ce qui avait été négocié par les Etats-Unis lors de la discussion de l'accord de décembre. Mais cela n'a jamais été appliqué. La situation n'a fait qu'empirer, alors que de tout petits changements dans les circonstances pourraient permettre une amélioration rapide de l'économie et de l'atmosphère politique. La vaste majorité de la population de Gaza reste très attachée à des valeurs civilisées et fait montre d'esprit d'entreprise. Si les marchandises peuvent entrer et sortir de Gaza sans blocage, les Palestiniens sauront rebondir. Il faut donc tracer deux chemins en parallèle. Une voie économique qui rend à la population un espoir dans l'avenir et l'impression d'avoir quelque chose à perdre. Une voie politique dans laquelle les directions des deux camps tournent résolument le dos à l'approche militaire ou militante armée. La solution de ce conflit ne se trouvera que dans l'arène politique.<strong/>
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<title mode="escaped" type="text/html">"Ils ont détruit la maison d'Abou Selmeia"</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">Malek Shubair est Palestinien et vit à Gaza, où il travaille comme traducteur dans une association. Il a écrit ce témoignage qu’a publié en anglais Electronic Intifada. (<a href="http://electronicintifada.net/v2/article5592.shtml">http://electronicintifada.net/v2/article5592.shtml</a>).<br/>Reporterre l’a traduit en français :<br/>
<br/>
<br/>Mon bébé de trois semaines était dans son lit, commençant à pleurer. Étendu sur le ventre, il levait son visage et le tournait à droite et à gauche. Ses poings étaient serrés sur la serviette placée sous sa tête. Il commençait à agiter les jambes. Son visage et ses lèvres se crispèrent, et il éclata en sanglots.<br/>Comme la vie avait changé depuis l’arrivée de Mohammed ! Les nuits de sommeil tranquille ont disparu. Je suis père après quelques années d’un mariage heureux avec une femme magnifique. Elle est une jeune mère, encore en train de surmonter le traumatisme du travail d’accouchement. Quoique réputée pour sa volonté de fer, que j’adore, elle est plus anxieuse maintenant. Dès que Mohammed crie, elle se précipite pour le nourrir.<br/>Elle devait être très fatiguée pour me réveiller et me faire prendre Mohammed. Je me plaignis pas.<br/>Je regardais l’heure à l’horloge. Il était 2 h 30 à Gaza. Un calme inhabituel régnait. Il n’y avait pas d’obus volant depuis les bateaux israéliens au-dessus de la maison. On entend alors le bang du tir de l’obus, puis le sifflement de sa trajectoire. Et parfois, l’explosion ; quand cela arrive, c’est que les Israéliens visent un endroit près de la maison.<br/>Je me levais et sortis Mohammed de son lit. Je posais sa tête contre mon épaule et commençais à tapoter doucement son dos. Puis je me rallongeais, essayant de me rendormir avec mon fils. Cela avait déjà marché.<br/>Mohammed s’arrêta de pleurer quand je l’allongeai sur ma poitrine. Je lui murmurai quelques versets du Coran et tapotai son dos. Il se calma et posa sa tête doucement. Son visage était apaisé. Ma femme se retourna et éteignit la lumière.<br/>Soudain, la pièce vibra violemment, et j’entendis le son assourdissant de ce que je crus être le bruit provoqué par le passage du mur du son par un avion. Les rideaux bougèrent sauvagement comme si un orage balayait la rue. Ma première pensée fut pour Mohammed : ses yeux étaient grand ouverts mais grâce à Dieu, il ne pleurait pas. Ma femme se redressa en tremblant, et ses mains couvrirent les oreilles de Mohammed.<br/>Puis un deuxième bruit assourdissant se produisit, et la chambre vibra à nouveau. Ma femme tremblait encore, mais ses mains ne quittaient pas les oreilles de Mohammed. Les yeux de mon fils étaient écarquillés. Il ne tremblait ni ne pleurait.<br/>« Que se passe-t-il ? », demanda ma femme.<br/>Je répondis : « Le bruit du mur du son sur la maison ».<br/>Les avions de chasse israéliens volent souvent à basse altitude au-dessus de Gaza, passant le mur du son et produisant des bangs extrêmement forts et violents. Le son en est pire que celui des obus.<br/>J’entendis une voix dans la rue : « Ils ont touché l’école ! ». Je réalisai alors que ce n’était pas le mur du son mais un bombardement.<br/>Je restai dans mon lit, berçant Mohammed, tandis que ma femme continuait à trembler. Après quelques minutes, je m’assis. Les voix dans la rue devenaient plus fortes. Je tendis Mohammed à mon épouse et allai à la fenêtre. Des gens de plus en plus nombreux marchaient dans la rue, se dirigeant vers des maisons à l’est de la mienne. Des voitures commençaient à arriver.<br/>J’attrapai mon téléphone portable et descendis voir ce qui se passait.<br/>Les gens disaient, « Ils ont détruit la maison de Abou Selmeia ». Je ne réalisai pas ce qu’ils signifiaient. C’était la première fois que je pouvais constater directement les conséquences immédiates d’un bombardement. L’air avait une odeur étrange, poussiéreuse.<br/>J’arrivai à l’endroit touché, à deux cents mètres de chez moi. Une maison d’un étage paraissait gravement endommagée, les murs déchirés, les piliers de béton courbés, les fenêtres et les portes disparues. Des débris de toutes sortes jonchaient la rue. J’appris que ce que je voyais était, avant le bombardement, un immeuble de trois étages. Les deux étages supérieurs avaient été soufflés, leurs plafonds s’écrasant sur l’étage inférieur.<br/>Il y avait beaucoup de monde, et encore davantage dans la structure détruite, travaillant à nettoyer les décombres. J’appris que ces gens avaient sauvé des vies en retirant des victimes des ruines.<br/>J’allais dans le terrain dégagé derrière la maison. Des gens disaient qu’une famille entière y vivait. Les larmes me vinrent aux yeux, je me disais, « Qui peut causer une telle destruction à une famille ? Qui peut bombarder une maison en sachant que des enfants et des femmes seraient tués ? » Je ne sais toujours pas répondre à ces questions.<br/>J’attrapais quelqu’un dans l’agitation, « A qui était cette maison ? ». Il me regarda rapidement, « C’était celle de Abou Selmeia, Nabil Abou Selmeia ». Abou Selmeia était un voisin, mais je ne me rappelais pas son visage.<br/>Soudain, quelqu’un dit, « Mon Dieu… il y a un corps sous cet arbre ». Je regardais. Je vis la moitié d’un corps, avec une seule jambe, habillé et couvert de poussière. C’était la première fois que je voyais une scène si horrible.  « Mon Dieu… il y a un pied sous cet arbre ». Je vis un jeune homme se pencher pour ramasser un pied coupé et sa chaussure. Une autre voix retentit derrière moi : « Mon Dieu, il y a un enfant sans tête sous cet arbre ». Je me retournai, un jeune homme ramassait un petit corps. Je n’attendis pas pour voir si la tête manquait vraiment. « Je ne veux pas rester ici », pensais-je. Fixant la terre, je revins dans la rue. Il y avait des centaines de personnes, maintenant. Des ambulances et des camions de pompiers commençaient à arriver. Il y avait largement assez de personnes pour aider.<br/>Je rentrai lentement chez moi, mes yeux remplis de larmes. « Qui peut causer de telles destructions ? Bombarder une maison en sachant qu’il y a des femmes et des enfants ? » Les questions me brûlaient encore plus après avoir vu les cadavres. Mais elles n’avaient pas plus de réponse.<br/>Le lendemain, j’appris que le père, la mère, cinq filles et deux garçons avaient été tués. Quelques-uns des enfants étaient encore des bébés.<br/>Dans la chambre, ma femme allaitait Mohammed. Elle me dit que ses jambes tremblaient encore. Elle était soucieuse parce que, à cause du choc, son lait ne venait pas. Je regardais Mohammed, et les larmes emplirent à nouveau mes yeux.</div>
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<title mode="escaped" type="text/html">De nouvelles armes mortelles utilisées par Israël à Rafah</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">Rami Almeghari est traducteur au service public d’information de Gaza (SIS – State Information Service), et ancien rédacteur en chef du site anglais International Press Center, affilié au SIS. Peu avant le 15 août, il s’est rendu à Rafah, au sud de la bande de Gaza. Selon son témoignage, de nouvelles armes seraient utilisées par les forces israéliennes contre les civils palestiniens.<br/>Cet article est repris de : <a href="http://nouvellesdegaza.over-blog.com/" target="new">nouvellesdegaza.over-blog.com</a>, qui l’a repris de : <a href="http://electronicintifada.net/new.shtml" target="new">electronicintifada.net/new.shtml</a>.<br/>Voici son récit :<br/> <br/>Nous avons rejoint l’hôpital local principal Abu Yousef Alnajjar, à Rafah. Le directeur, Docteur Ali Mousa, nous attendait pour parler des pertes humaines subies par le village de Shouka (à l’est de Rafah) lors de la dernière attaque israélienne.<br/>« Lors de la dernière invasion par l’armée israélienne, il y a eu 17 morts et 50 blessés. 25 des morts et blessés sont des enfants de moins de 15 ans. Nous avons constaté que lors de cette attaque, les forces israéliennes ont utilisé une nouvelle arme, car tous les morts reçus à l’hôpital avaient été touchés par des missiles ou des bombes. Les corps des victimes étaient déchirés, couverts de brûlures. 15 des blessés sont dans un état critique, ils ont tous dû subir une amputation d’un membre. »<br/>« Nous n’avions jamais vu ce type de blessure au cours des six dernières années de conflit ouvert. Nous ne sommes pas en mesure de diagnostiquer la nature de ces blessures par manque de centres médicaux spécialisés, mais nous sommes sûrs qu’il s’agit d’armes illégales. C’est pourquoi nous demandons aux institutions internationales et aux Nations Unies d’examiner ce type d’arme, utilisée pour la première fois en Palestine. »<br/>Le lendemain, à Gaza, Silvia Pevetti, du bureau de l’Organisation Mondiale de la Santé basé à Gaza, nous a dit que son organisme était en train de collecter des informations sur les armes interdites, après avoir reçu une demande officielle du gouvernement palestinien, mais que le rapport n’était pas encore terminé.<br/>Graciela Lopez, responsable de la sous-délégation de Gaza du Comité International de la Croix-Rouge, a déclaré : « En général, nous sommes présents pour rappeler aux parties en guerre leurs obligations selon les lois internationales humanitaires de respect des populations civiles et de faire toute la distinction possible entre les personnes directement impliquées dans les hostilités et la population civile. »<br/>Interrogée sur l’usage possible d’armes illégales par l’armée israélienne contre la population palestinienne de Gaza, Lopez a déclaré : « Nous sommes en contact avec des hôpitaux et les associations palestiniennes du Croissant Rouge qui travaillent dans le champ médical, et nous sommes préoccupés par ces allégations d’utilisation d’un nouveau type d’armes. Pour l’heure, nous ne pouvons pas le confirmer mais nous prenons ces allégations au sérieux. »</div>
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<title mode="escaped" type="text/html">"Nous vivons dans la peur"</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">Mona El-Farra, médecin, vit avec sa famille de trois enfants à Gaza où elle est née. Elle raconte dans un blog les événements de sa vie dans le territoire. Voici des extraits de son dernier message, traduit de l’anglais par Reporterre :<br/>
<br/>Mona El-Farra : Quand Israël a lancé sa dernière incursion, préparée à l’avance, à Gaza, sous le prétexte qu’un de ses soldats avait été capturé, les avions de chasse ont détruit la principale centrale électrique du territoire. Depuis, nous n’avons de l’électricité que six à huit heures par jour. L’eau manque la plupart du temps. Nous subissons des tirs d’artillerie, des tirs des navires ou des avions, nuit et jour. C’est pire la nuit, et particulièrement quand les avions passent le mur du son (à basse altitude). Cela me fait sursauter dans la journée et sauter hors de mon lit pendant la nuit. Mon rythme cardiaque s’accélère et je me serre contre ma fille : nous avons besoin de nous rassurer.<br/>Dans l’obscurité, les enfants ont peur de rester tout seuls. Beaucoup d’enfants à Gaza souffrent de cauchemars et sont devenus incontinents.<br/>Les hôpitaux sont durement affectés. Il y a vingt-deux hôpitaux à Gaza, sans électricité. Ils utilisent des générateurs électriques. Mais ceux-ci nécessitent de du carburant, celui-ci vient d’Israël, et la frontière est fermée depuis le début de l’attaque ; aussi, les services médicaux tournent dans la crainte permanente de voir le courant coupé et de manquer de médicaments. Beaucoup d’opérations doivent être reportées à plus tard. Beaucoup de médicaments sont corrompus, faute d’une bonne réfrigération.<br/>(…)<br/>Je vis près de la mer, et depuis le début de l’opération militaire contre Gaza, les plages sont vides. Les familles ont peur d’y amener leurs enfants, et les enfants eux-mêmes ont peur d’y aller, après ce qui est arrivé à la famille Gallia, qui a été décimée par les tirs d’un bateau israélien sur une plage au nord de Gaza (en juin).<br/>(…)<br/>Nous vivons en permanence dans la peur d’agressions militaires. Je vais à mon travail et embrasse ma fille le matin sans être assurée de la voir le soir. En conduisant, j’entends les hélicoptères et les drones. Je ne peux m’empêcher de penser au danger et de me dire qu’ils pourraient frapper ma voiture ou celle derrière moi. J’ai peur jusqu’à ce que j’arrive à mon travail. A Gaza, on n’est en sécurité nulle part.<br/>
<br/>
<br/>Source : <a href="http://fromgaza.blogspot.com/" target="new">fromgaza.blogspot.com</a>
</div>
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<title mode="escaped" type="text/html">Un désastre écologique</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">En juin, Claude-Marie Vadrot, reporter au "Journal du Dimanche", s'est rendu à Gaza, s'interrogeant sur un aspect oublié de la vie dans le territoire palestinien, son écologie. Voyez ci-dessous sa relation. Mais d'abord, notons que la frontière de Rafah, à peine entrouverte, vient de se refermer :<br/> <br/>Israël a ordonné la fermeture de la frontière entre la Bande de Gaza et l'Egypte quelques heures après sa réouverture partielle pour la première fois depuis plusieurs semaines, ont annoncé jeudi 10 août des responsables palestiniens et de l'Union européenne. L'état hébreu a averti les observateurs européens que la frontière devait fermer en raison d'une alerte à la sécurité, ont précisé ces responsables. Tsahal n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat. <br/>Source : Agence Associated Press.<br/>
<br/>..................................<br/>
<br/>
<br/>La descente aux enfers écologiques de Gaza <br/>
<br/>C'est vers le nord du territoire, non loin de la plage où une famille de pique-niqueurs Palestiniens a été massacrée par des obus israéliens le 9 juin dernier, qu'il est possible de découvrir, après l'avoir senti de très loin, le cloaque à ciel ouvert où se déversent une partie des eaux usées de la partie septentrionale de Gaza. Les rares stations d'épuration sont hors d'usage, faute de pièces de rechange ou après avoir subi des bombardements. Il en reste des lacs fétides, au pied des immeubles, et qui sont en communication avec les systèmes d'irrigation des maraîchers gazaouis et dont une partie de l'eau s'infiltre dans le sol et pollue les puits. Lesquels sont nombreux dans un territoire où l'eau du robinet coule rarement et où elle est de toute façon impropre à la consommation. Des bulldozers essaient en permanence de consolider les digues qui empêchent ces eaux usées de s'épandre plus loin, digues que les bombardements détruisent régulièrement. (…)<br/>Une partie de l'eau s'écoule souvent vers la mer et gagne les plages, celles du nord comme celles du sud. Les maladies se propagent par les légumes et se transmettent par les puits ou bien elles s'attrapent sur les plages que les habitants de Gaza viennent de retrouver après des années d'interdiction. Il faut savoir que depuis l'évacuation des colons, ces plages représentent la seule distraction d'un territoire où n'existe aucun théâtre, aucun cinéma. Les maladies se retrouvent enfin dans la chair des poissons puisque les pêcheurs de Gaza ne sont pas autorisés, par la marine israélienne, à s'écarter de plus de trois kilomètres du littoral, dans les eaux où stagnent les pollutions. <br/>Sur les plages se constate une autre des calamités du territoire : faute de moyens, parfois tout simplement de camions, les déchets et les sacs en plastique ne sont pas ramassés, alors que, au moins tous les vendredis, des dizaines de milliers de personnes se pressent autour des restaurants de plein air. Dans les rues, dans le centre de Gaza-ville comme dans les banlieues, les ordures s'accumulent également ou brûlent doucement, dégageant des vapeurs plus ou moins toxiques, puisqu'y voisinent des déchets organiques, du plastique, des piles et des batteries usagées ; sans compter tous les résidus chimiques possibles et imaginables. Les émanations de ces feux permanents s'ajoutent évidemment aux gaz d'échappement de voitures dont les carburateurs n'ont pas été réglés depuis des années. <br/>Le Wadi Gaza, la seule rivière qui traverse le territoire d'Est en Ouest, n'est plus qu'un égout à ciel ouvert que tous les poissons et les oiseaux migrateurs (autrefois très nombreux) ont déserté depuis longtemps. Pour cause d'empoisonnement ou parce que toute nourriture en a disparu. Les dernières algues, aperçues l'année dernière, ont également disparu tant la charge chimique y est devenue importante. Le Wadi Gaza s'écoule évidemment directement dans la mer. Quelques enfants s'y baignent…Cela et le reste expliquent l'augmentation permanente des maladies infantiles. <br/>Au nord, à l'est et au sud, le haut mur en béton que les Israéliens finissent de construire (tout comme en Cisjordanie) autour des territoires palestiniens, parachève le recul de la biodiversité, aussi bien dans les territoire occupés qu'en Israël. Cette enceinte en béton, outre qu'elle est insupportable pour les hommes et a entraîné l'arrachage de millions d'arbres, empêche désormais ce qui reste des espaces naturels de communiquer, d'échanger : tous les mammifères sont en voie de disparition. Et l'appauvrissement de la flore se constate déjà, le mur s'ajoutant au grignotage du territoire par des constructions anarchiques que le manque total d'autorité de « l'Autorité palestinienne » ne cherche même pas à endiguer. Cette urbanisation incontrôlée réduit de plus en plus la partie du territoire réservée à la culture et aux espaces. (…)<br/>Si un jour les Palestiniens finissent par retrouver la maîtrise totale de leur territoire, ils n'auront plus pour vivre que des espaces irrémédiablement pollués et détruits. <br/>Par Claude-Marie Vadrot <br/>Source : http://www.jne-asso.org/</div>
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<title mode="escaped" type="text/html">Retour à Gaza</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">Deux militants palestiniens ont été tués et trois autres blessés mercredi soir 9 août dans une frappe aérienne israélienne sur la ville de Gaza, ont rapporté des  médecins et des témoins. Ceux-ci ont affirmé qu'un hélicoptère israélien de combat  de type Apache avait tiré un missile air-sol sur un camp  d'entraînement appartenant aux Comités de la résistance populaire  (PRC) dans le quartier al-Zarqa, au nord de la ville de Gaza. Le PRC est l'un des trois groupes militants à avoir capturé un  soldat israélien le 25 juin dans le sud de la bande. <br/>Source : Agence Xinhua.<br/>
<br/>La frontière entre la Bande de Gaza et l'Égypte a partiellement rouvert jeudi 10 août après des semaines de fermeture, a annoncé une porte-parole des observateurs européens à cette frontière. Le passage est uniquement autorisé pour les gens quittant Gaza pour l'Égypte.<br/>Source : Agence Associated Press.<br/>
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<br/>Boire la mer à Gaza<br/>De Karim Lebhour, journaliste à Radio France Internationale<br/>Lundi 7 août<br/>
<br/>Je n’étais pas retourné à Gaza depuis novembre dernier, après le retrait israélien. Les Gazaïotes se félicitaient de la disparition des check-points et de la possibilité de circuler sans entraves. La frontière vers Égypte venait de s’ouvrir. Grâce aux serres laissées par les colons, Gaza se voyait exporter tomates, fraises, poivrons… On reparlait de la construction d’un port et même d’une liaison avec la Cisjordanie. Des Cassandre prédisaient que cette euphorie serait de courte durée. Quelques mois ont suffi à leur donner raison.<br/>La bande de Gaza vit désormais au rythme de l’opération « Pluie d’été ». A Gaza City, les coupures d’électricité en sont l’une des conséquences les plus visibles, plusieurs heures par jour et à partir de minuit. Dans les magasins, les commerçants ont renoncé aux denrées périssables. Les rayons ne sont de toute façon pas très fournis.<br/>L’hôpital Shifa de Gaza est saturé. Des malades dorment sur des matelas rajoutés à même le sol. Un chirurgien nous parle de blessures inhabituelles : brûlures très profondes, membres affreusement mutilés, qui, pense t-il, sont le fait d’armes d’un type nouveau tel que des bombes au phosphore ou à fragmentation. Ils nous montrent trois jeunes hommes qui ont perdu un jambe, un bras, voire les deux. Des combattants ? Le chirurgien assure que non. Impossible de vérifier.<br/>Comme souvent dans les zones de conflit, on passe d’un extrême à l’autre à Gaza. Le Light House est un nouveau restaurant ouvert depuis dix jours : jardins, jeux d’enfants, chute d’eau et même un phare d’une vingtaine de mètres ! Le propriétaire nous fait visiter avec enthousiasme. Est-ce vraiment le bon moment pour ouvrir un tel établissement ? Il hausse les épaules : « Ce sera toujours la guerre ici, il faut bien continuer à vivre ! ».<br/>J’y retrouve Rajaa, mon « fixeur ». Dans le jargon des journalistes, le terme désigne l’intermédiaire local, souvent lui-même journaliste, qui arrange contacts, transports et traduction pour les reporters étrangers. La plupart des envoyés spéciaux ont recours à eux. Les « fixeurs » connaissent tout un tas d’anecdotes sur les petits travers des journalistes étrangers : untel qui n’est presque jamais sorti de sa chambre d’hôtel, tel autre qui tentait d’arracher à ses interlocuteurs l’histoire qu’il avait décidé d’écrire avant de venir.<br/>Je ne crois pas qu’aucun des journalistes qui a travaillé avec Rajaa ait déjà raconté son histoire. Rajaa a commis l’immense erreur d’avoir cru au processus d’Oslo. Il a quitté une Algérie en guerre en 1999 pour vivre dans la Palestine de ses parents. Un an plus tard, l’Intifada éclatait et Rajaa entamait sa deuxième guerre. Parce qu’il est rentré hors des « quotas » autorisés par les accords, Israël et l’Autorité palestinienne ne lui reconnaissent aucune existence légale. La reprise des hostilités a bloqué toute négociation sur ce point. Clandestin dans son propre pays, il vit depuis huit ans, sans statut, ni papiers d’identité, avec pour seul horizon cette bande de terre surpeuplée de 40 km de long sur 8 km de large. Sa femme, Karima, Algérienne, n’est pas autorisée à sortir parce que son passeport a expiré. Pour le renouveler, il faudrait qu’elle aille… en Égypte !  C’est l’une des mille histoires que l’on entend à Gaza. De là, peut-être, l’expression qu’affectionnait Arafat quand il lançait à ses détracteurs : « Va donc boire la mer à Gaza ! ».<br/> Les risques d’enlèvement sont beaucoup moins élevés qu’à mon dernier séjour. J’en profite pour rentrer à l’hôtel à pied. Des groupes de jeunes hommes patrouillent, kalachnikov en bandoulière, dans les rues sans lumière. Hamas ? Fatah ? Ils ne sont pas menaçants, mais j’essaie quand même d’avoir l’air le plus « local » possible et je presse le pas.<br/>A mon retour au passage d’Erez, côté israélien, les taxis ont déserté l’endroit faute de clients. Je regagne Jérusalem en stop, avec pas moins de cinq voitures différentes : un Israélien russe, un soldat en permission qui doit rejoindre le sud du Liban dans quatre jours, un jeune fauché très rock’n’roll qui me demande quelques shekels pour l’essence… Un  véritable échantillon d’Israël. La première à s’arrêter est une jeune fille, Sybal. L’idée que j’arrive de Gaza lui fait dresser les cheveux sur la tête. Elle n’en demandera pas plus. Elle me parle de son travail avec les enfants, de son divorce, de l’homme « gentil » qu’elle voudrait rencontrer parce que « le prince charmant n’existe pas ». Gaza n’est qu’à quelques kilomètres derrière nous. Déjà un autre monde.<br/>
<br/>Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/079/article_44806.asp</div>
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<title mode="escaped" type="text/html">Les Européens participent au blocus de Gaza</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">Le poste frontière de Rafah, par lequel les habitants de la bande de Gaza pouvaient voyager vers l’extérieur, est fermé par Israël depuis le 25 juin. Selon le Palestinian Centre for Human Rights(PCHR), les agents de l’Union européenne (UE) valident ce blocus en refusant d’assumer leur rôle.<br/>
<br/>L’accord sur les frontières signé entre l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP) et Israël le 15 novembre 2005 avec une médiation américaine stipule qu’à partir du 25 novembre 2005 les Palestiniens et les agents européens [douaniers] sont responsables de l’ouverture et de la gestion du poste frontière de Rafah. Des images prises par caméra sont envoyées en temps réel à partir de toutes les pièces du poste frontière de Rafah vers le poste frontière de Karm Abu Salem. Un officier palestinien et un officier israélien regardent les images transmises.<br/>
<br/>Le 25 novembre 2005, les agents de l’UE commencèrent à remplir leur mission au poste frontière de Rafah en coordination avec les agents palestiniens. La gestion du point de passage se passait sans problème significatif.<br/>
<br/>Mais les informations dont dispose le PCHR indiquent que le poste frontière de Rafah est bouclé depuis le 25 juin 2006, date de l’opération militaire conduite par le Résistance Palestinienne [contre un poste militaire israélien] à la frontière israélo-égyptienne au sud-est de Rafah. Les douaniers européens n’y assurent plus leur rôle.<br/>
<br/>Le bouclage du poste frontière de Rafah a créé une situation catastrophique sur le plan humanitaire pour des milliers de Palestiniens bloqués du côté égyptien et pour des centaines de voyageurs bloqués du côté palestinien. Cinq patients, 2 femmes et 3 enfants, sont décédés suite à la détérioration de leur état de santé, dans l’impossibilité qu’ils étaient de rentrer dans la Bande de Gaza ou d’accéder à un traitement adéquat à l’extérieur.<br/>
<br/>Cinq cents Palestiniens ont pu revenir à Gaza dans lorsqu’une section du mur frontalier a été renversée le 14 juillet dernier. Près de 6000 voyageurs ont aussi pu rentrer le 18 juillet lorsque les Israéliens ont réouvert temporairement le poste mais uniquement à ceux qui voulaient rentrer. <br/>
<br/>Près de 7000 voyageurs palestiniens sont obligés d’attendre en Égypte, dont 400 au terminal de sortie du côté égyptien. Dans le territoire, des milliers d’autres attendent la réouverture du poste frontière, dont des centaines de familles vivant à l’extérieur de la Bande de Gaza et venues visiter leurs proches. Ils risquent de perdre leurs visas de résidence dans les pays où ils vivent et travaillent. De plus, des centaines de patients attendent la réouverture du poste de Rafah pour accéder à des traitements médicaux dans les hôpitaux égyptiens. Des centaines d’étudiants récemment diplômés du secondaire et qui veulent poursuivre leurs études à l’étranger attendent également la réouverture de la frontière. Le travail des organismes gouvernementaux et des organisations de la société civile est affecté par la fermeture.<br/>
<br/>Le PCHR appelle ces agents de l’Union européenne à revenir immédiatement assurer leur mission au poste frontière de façon à aider à résoudre les problèmes humanitaires dus au bouclage. Les douaniers de l’UE ne doivent plus contribuer à la punition collective appliquée aux civils, qui transforme la Bande de Gaza en une gigantesque prison pour 1,5 million de Palestiniens. Le PCHR appelle ces agents européens à faire pression sur Israël pour autoriser une réouverture immédiate de la frontière de Rafah.<br/>
<br/>Source : Palestinian Centre for Human Rights – Gaza (PCHR).<br/>http://www.pchrgaza.org</div>
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