Fichage génétique, la bataille judiciaire continue

La cour d’appel de Nîmes a condamné à 500 euros d’amende un faucheur d’OGM qui avait refusé que son ADN soit prélevé et fiché. Les lois permettent maintenant de ficher génétiquement les manifestants syndicaux et autres, et non plus les délinquants sexuels.

Collectif Refus ADN  - 27 janvier 2007
Benjamin Deceuninck a été condamné à 500 € d’amende par la cour d’appel de Nîmes le 26 janvier 2007. Celui-ci a annoncé qu’il irait en cassation.

 

Nous reprenons ci-après le texte publié par Benjamin Deceuninck à l'automne dernier

Collectif Refus ADN - 15 octobre 2006

En septembre 2001, à l’occasion des premiers essais OGM, nous avons fauché un champ dans le cadre d’un collectif informel (regroupant la CNT, la confédération paysanne…). Quatre ans après, formé en collectif appelé les « Onze d’Avelin », nous étions poursuivis pour dégradation de bien privé aggravé en réunion, soit 5 ans ferme et 75 000 € d’amende sur le papier. La société Advanta, propriétaire de l’essai, réclamait quant à elle 250 000 € de dommages et intérêts. En octobre 2005, les condamnations tombent : entre un et deux mois de sursis et 5000 € d’amende collective. Les sanctions sont bien en dessous de ce qu’espérait le procureur. Advanta ne souhaitant pas se faire de mauvaise pub ne fait pas appel.

Enfin après deux années d’instruction nous pensions être tranquille… Sauf que M Sarkozy, grâce à la loi Perben, se lance dans un grand délire de fichage de tous ceux qu’il considère « déviants », c’est-à-dire contre sa politique. Beaucoup de jeunes arrêtés au cours du mouvement du CPE se sont soumis à ce prélèvement ADN. La peur de l’uniforme, à chaque fois le même discours : « tu es obligé, sinon c’est 15 000 € d’amende et un an de prison ! » Beaucoup se sont laissés abuser. Mes camarades de procès d’hier se sont laissés fichés génétiquement, pour ma part, il n’en sera pas de même !

Accepter aujourd’hui le fichage génétique de tous les militants politiques et syndicaux (et même de la petite délinquance) nous ferait revenir à des heures sombres de l’histoire. Ce gouvernement qui perd pied, qui arrive seul à embraser un pays que l’on croyait éteint, n’a pas trouvé mieux pour se refaire une santé que de sortir les thèses eugénistes d’autre temps : le fichage des enfants de 3 ans et le fichage ADN étant proposés comme les mesures phares pour revenir à une société pacifiée et heureuse.
Se soumettre au fichage ADN reviendrait aujourd’hui à fermer les yeux sur un passé qui étudiait la forme du crâne, du cerveau… pour y trouver aujourd’hui les gènes de la déviance. Nous, syndicalistes, politiques, autonomes, refusons de nous plier à cette règle.

Cette fausse mesure de prévention n’est qu’un moyen d’accroître la pression contre tous ceux qui refusent les politiques autoritaires qui renforcent chaque jour la misère et la concurrence entre les individus. Ce fichage constitue une double peine puisque son refus revient à prendre une nouvelle condamnation, et comme un sursis + un sursis = prison, Nicolas S peut dormir tranquille.
Je refuse d’être mis au répertoire génétique pour avoir arraché quelques betteraves qui avaient été plantées contre l’avis de la population.

Je refuse, nous refusons, car nous sommes quelques uns dans ce cas et serons bientôt de plus en plus nombreux à nous soumettre à des pressions politiques dignes du fascisme, à accepter que notre société soit fondée sur la peur, la répression et l’élimination à termes des contestataires.

Une société qui enferme ses syndicalistes est une société au bord du gouffre, Le fascisme ne passera pas par nous, REFUSONS TOUTES ET TOUS LE FLICAGE GÉNETIQUE !

Source : refusadn.free.fr