Le débat des lecteurs

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Lionel Labit

22 janvier 2008


Nous sommes dans une société individualiste actuellement; or l'écologie n'est possible que par intérêt collectif. Il faut redonner le goût du collectif. Mais est-ce que ce changement de mentalité ne prendra pas trop de temps au regard de l'urgence environnementale ? Autrement dit, l'écologie politique est-elle compatible avec la démocratie ? Je crois que oui, mais l'urgence m'inquiète...

D'autre part, actuellement, le libéralisme a une telle main mise sur le pouvoir politique que la seule opposition possible à la droite, c'est le social-libéralisme. Et encore, aujourd'hui, même le social libéralisme n'arrive pas à s'imposer contre le libéralisme. En grande partie certainement, à cause d'un noyau de gauche très fort...

Comment peut-on arriver à redonner le goût du collectif avec un principal parti d'opposition social libéral, qui se moque de l'écologie ?

Je suis optimiste quand je vois des initiatives locales alternatives qui fonctionnent, mais malheureusement, ces initiatives restent marginales au regard des dégâts causés par le modèle économique dominant. J'ai travaillé pendant deux ans au sein de la Fédération Nature & Progrès, dans l'agriculture biologique.

J'ai rencontré plein de paysans super avec des projets originaux, écologiques et économiquement viables... mais ces projets représentent moins de 1% de l'agriculture française. Les dégâts causés ne serait que par les 10% d'agriculteurs les plus polluants sont catastrophiques par rapport au gain environnemental assuré par les 1% d'agriculteurs Bio. Où est la solution ????

 

 

Christiane et Siegfried Karg

18 mars 2007


Nous, un couple franco-allemand plus très jeune, avons été choqués, quand nous avons quitté le cortège des manifestants après l'arrêt place de la République (lors de la manifestation contre l`EPR, samedi 16 mars à Strasbourg), que les forces de l'ordre nous somment, aimablement mais fermement, d'enlever immédiatement les badges, par ailleurs plutôt discrets, de nos vestes, avant de passer ce qu'on pourrait appeler le périmètre de sécurité - et d'être autorisés à nous mouvoir librement au centre-ville.

Alors à quand l'interdiction de parler à haute voix dans le tram ou autre lieu public d'une telle manifestation ? A quand l'interdiction d'apposer des affiches sur les vitrines de nos magasins ou des autocollants sur nos voitures personnelles ? De lire sur un banc public Les Silences de Tcchernobyl au risque qu'un passant quelconque nous dénonce comme portant atteinte à l'ordre établi?

 

 

Françoise Schrouben

9 mars 2007


Je vous écris, suite à l'émission "Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet diffusée le 6 mars sur France Inter où Hervé Kempf présentait son livre "Comment les riches détruisent la planète", pour vous faire part d'une opération scandaleuse de promoteurs aidés d'un maire peu scrupuleux qui, pour mener à bien leur gigantesque projet, n'hésitent pas à recouvrir une rivière (colonne vertébrale de la ville) d'une rive à l'autre sur 220 mètres de long en plein cœur de la cité. Outrés par cette agression, les habitants cherchent à se mobiliser, mais la presse locale ne collabore guère dans la lutte qu'ils organisent contre ce projet écologiquement indéfendable. Cela se passe à Verviers en Belgique. Bien qu'habitant Paris depuis de nombreuses années, je suis d'origine verviétoise et je connais bien la ville et sa région. Je m'élève contre cet abus en tant que citoyenne du Monde et en tant qu'Architecte. Je cherche à les aider en informant toute personne susceptible de faire une action quelconque en leur faveur.

Je vous renvoie au site de l'association qui défend la sauvegarde de la rivière (la Vesdre) : www.vesdre-avenir.be contact : Jean-Noël Crickboom

 

Bernard Robbe

8 mars 2007


Je suis restaurateur dans le Haut-Jura, mon épouse institutrice à Bois d'Amont (Haut-Jura). En hiver avec les restrictions de budget, ma route communale d'accès à notre maison n'est pas déneigée. La route départementale qui mène à Bois d'Amont est de plus en plus mal entretenue en hiver. Nous habitons dans le Parc naturel du Haut Jura, en bordure d'une zone Natura 2000. Nous ne pouvons donc pas faire de construction supplémentaire (garage) sans avoir à engager un vrai dossier pour lequel je ne me sens pas le courage (beaucoup trop d'administrations à convaincre). Pour pouvoir survivre dans ce pays que j'aime tant, comme beaucoup d'autres familles qui vivent ici, nous possédons des 4X4 que vous stigmatisez lors de toutes vos interventions. Attention, nous ne sommes pas riches, nous essayons de vivre dans notre montagne (le programme du week-end : faire le bord des routes, des parkings et les pistes de ski de fond pour ramasser tous les détritus que les gens ont laissé durant cet hiver). Laissez-nous vivre avec nos voitures qui nous permettent d'emmener les gosses à l'école quelle que soit l'heure, d'aller au travail à l'heure, de rouler en toute sécurité pour pouvoir retrouver, le soir, toute la famille au coin du feu. Et pensez Ferrari, Porsche, Range Rover, grosse BMW, grosse Mercedes ou autre grosse AUDI, en fait voitures grosses consommatrices d'énergie qui ne sont pas seulement des 4X4.

Salutations et continuez de mener le combat pour vivre mieux demain.

 

 

Geneviève Lebouteux

22 février 2007


J’ai lu avec grand intérêt « Comment les riches détruisent la planète ». Je partage vos constats de l’extrême gravité des enjeux écologiques, de l’accroissement très important des inégalités et du lien entre ces deux phénomènes.

Par contre l’explication de ce lien entre les deux phénomènes est à mon avis plus large et plus mécanique que ce que vous apportez dans ce livre. D’après ce que j’ai compris de votre livre, ce lien entre destruction de la planète et classe ultra dirigeante est fondé sur :
1) le mécanisme de mimétisme de la classe sociale supérieure mis en avant par Veblen,
2) le mode de vie des plus riches, gaspilleur de ressources et producteur de gaz à effet de serre,
3) l’inconscience ou le cynisme de cette classe dirigeante,
4) l’endormissement voire l’asservissement des autres par la classe au pouvoir qui cumule les pouvoirs économique, politique et médiatique.

Je suis d’accord avec vous sur tous ces mécanismes mais il me semble qu’ils ne sont pas seuls en cause. Même si je partage tout à fait votre description sévère de la classe dirigeante, je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’un rapport entre des « méchants » riches et des « benêts » moins riches, voire pauvres (pour dire les choses de façon caricaturale). Cela fait quelques années que je réfléchis à ce sujet, depuis que je considère que la décroissance est une voie pertinente pour nos sociétés occidentales. L’explication du lien entre l’aggravation des risques écologiques et l’aggravation de la fracture sociale que j’ajoute aux vôtres est d’ordre plus mécanique : je pense que c’est d’une part le système capitaliste lui-même (avec ses obligations intrinsèques de compétition et de croissance) et d’autre part, plus en amont, notre système de création monétaire qui engendrent les deux phénomènes que nous dénonçons et qui nous mènent à notre perte. En d’autres termes, même avec des hyper-riches « gentils » et relativement conscients, s’ils font « gentiment » leur boulot de capitalistes, les effets dévastateurs sur l’écologie et les inégalités seront toujours là.

Voilà comment je vois les mécanismes en œuvre :
Nous sommes en économie d’abondance de biens matériels (au moins dans les pays développés) et même en surproduction de biens matériels. Il n’y a qu’une seule rareté : l’argent.
L’argent est devenu rare car il circule peu (plus de 95 % des mouvements d’argent se font dans la bulle spéculative !) et il est de moins en moins bien partagé.
Deux raisons à cela :

la création monétaire est devenue l’apanage des banques privées, elle se fait uniquement par les prêts ; mais comme ces prêts sont octroyés avec intérêts, c’est en fait une énorme pompe à argent qui va de la société réelle aux banques privées car l’argent des intérêts n’a pas été créé et il faut donc soit de la croissance économique soit le prendre à un autre agent économique pour l’obtenir et pouvoir le verser à la banque. Ce sujet est très bien expliqué par exemple sur le site de l’association pour les droits économiques et démocratiques (Aded) ou par le livre de Philippe Derudder : « Rendre la création monétaire à la société civile » (éditions Yves Michel)

En outre, les banques ayant envie de récupérer l’argent prêté (en fait un simple jeu d’écritures) et l’intérêt, elles prêtent à des agents économiques solvables, donc aux riches de préférence, et elles peuvent accélérer la faillite de celui qui ne peut payer.

Le partage des revenus du travail entre salariés et actionnaires privilégie de plus en plus les actionnaires. L’argent est donc de moins en moins bien partagé : ceux qui en ont peu n’en ont guère plus, voire moins s’ils perdent leur emploi, tandis que ceux qui en ont beaucoup et le placent, en ont encore plus.

Il y a eu pour compléter ce point une étude intéressante d’une économiste allemande qui montrait que cette inégalité se renforce  aussi par le biais de nos achats : les prix des biens intègrent le remboursement des dettes des entreprises aux banques. Le revenu des ménages pauvres, entièrement dépensé, sert donc en partie à enrichir les banques par le biais de leur consommation ; celui des ménages riches, en grande partie placé, permet à ces ménages de percevoir des revenus supplémentaires.

Ce mécanisme de création monétaire a les conséquences suivantes :
- Un agent économique qui doit rembourser son prêt à la banque doit se démener pour trouver l’argent. Quand il s’agit d’une entreprise, la façon la plus évidente de trouver cet argent c’est de faire de la croissance : produire plus, vendre plus (et donc nous pousser à consommer plus via la publicité et autres incitations), éventuellement grossir et bouffer le concurrent. Si l’entreprise ne cherche pas à grossir, elle risque de se faire bouffer par ses concurrents… C’est donc un mécanisme qui pousse à la croissance économique (avec ses conséquences dévastatrices sur l’écologie).

- Dans ce système de concurrence, intrinsèque au capitalisme, il est logique de chercher à réduire au maximum les « charges » salariales et à maximiser les profits : nous avons là le mécanisme qui aggrave les inégalités de richesse. Et ce mécanisme n’étant plus équilibré (ou presque plus) par divers contre-pouvoirs, il œuvre plein pot désormais. Rien d’étonnant donc que notre système fabrique de plue en plus d’exclus. C’est sa logique.

J’aimerais par ailleurs comprendre auprès de qui les Etats sont endettés : auprès des banques ? des organismes financiers ? auprès d’autres Etats ? auprès de différents acteurs économiques d’autres Etats ? Si vous avez de l’information sur le sujet, cela m’intéresse. On n’arrête pas de nous répéter qu’un grave problème du pays est la dette de l’Etat et c’est pour cela que l’Etat n’a plus d’argent pour un tas de choses pourtant nécessaires… Mais si cette dette est une dette auprès des banques, c’est un scandale absolu : la totalité de la somme récoltée par l’impôt sur le revenu sert à rembourser l’intérêt de cette dette… Notre impôt sert-il à enrichir encore davantage le système bancaire ???
Avec tous ces éléments, je me demande si les hyper-riches que vous citez dans votre livre, cette oligarchie, ne seraient pas qu’un miroir aux alouettes et que d’autres « hyper-hyper-riches » existent, bien cachés : les propriétaires des banques. Il me semble en effet curieux de ne pas voir apparaître leurs noms dans le palmarès alors que le système est tel que cela devrait être eux les plus riches.

 

 

Yann Louvel

21 février 2007


Mon nom est Yann Louvel et je suis un jeune étudiant français à Montréal, au Québec.Je vous écrit pour vous féliciter pour votre ouvrage "Comment les riches détruisent la planète" que je viens de dévorer en une soirée! Ça fait vraiment plaisir de voir que l'on est pas seul à faire la même analyse de la situation sociétale actuelle.

Merci donc de faire le lien entre la crise environnementale et la crise sociale qui sont trop bien séparées dans les journaux télévisés et dans la tête des gens, deux crises qui sont effectivement concomitantes et dont il n'est donc pas nécessaire de choisir laquelle résoudre, il faut les résoudre toutes les deux, ensemble!

Merci également de faire le lien avec l'effritement des libertés publiques depuis le 11 septembre, dont il est encore plus rare de faire le lien avec les deux crises précédentes et qui y est pourtant directement liée!

Merci enfin pour la première page du chapitre 1 qui retranscrit bien l'atmosphère qui régnait ici au Palais des Congrès de Montréal lors de cette folle nuit où la Russie a failli tout gâcher. J'étais en effet dans cette salle avec vous et j'y ai effectivement bien ressenti ainsi que pendant toute la COP-MOP le "sentiment commun de la nécessité d'un accord universel". Nous avons effectivement applaudi et ri à la bonne nouvelle, avant de pleurer quelques semaines plus tard à l'élection des Conservateurs ici au Canada... ainsi va la vie!

Comme vous avez dû le lire, votre ouvrage a été très bien accueilli de ce côté-ci de l'Atlantique avec l'article de Louis-Gilles Francoeur dans Le Devoir au début du mois de janvier, article qui a rendu très longue l'attente de la réception de votre ouvrage dans les librairies québécoises qui s'est produite la semaine dernière seulement.

Pour finir, deux commentaires.

Mes deux commentaires :

1 - je n'ai qu'un oubli à vous reprocher ou du moins un sujet qui aurait pu faire l'objet d'un petit développement : l'influence de la publicité et son rôle central et majeur dans la société de consommation et les représentations sociales dont vous parler avec le processus de l'économiste Veblen.

2 - je trouve que vous sous-estimez le potentiel d'internet et des nouvelles technologies pour changer les choses. mon commentaire provient de ma pratique quotidienne des sites internet, blogs et wikis et autres réseaux sociaux que nous utilisons pour mobiliser les jeunes de ma génération à la problématique des changements climatiques, et des résultats que nous obtenons. nous venons ainsi d'organiser une première semaine d'action à travers toute l'Amérique du Nord dans le cadre de la coalition Défi climatique des Campus et la mobilisation a été massive : plus de 600 campus participant à l'opération, principalement grâce à I nternet et Facebook (par exemple sur Sustainables Campusesb). Je comprends que même si l'expansion de l'utilisation d'internet se réalisait, elle ne sera probablement pas assez puissante dans les dix prochaines années pour contrer les mass media, mais je constate simplement que les choses évoluent extrêmement rapidement dans ce domaine et quand je me souviens de la situation en 1997, il est bien difficile de dire à quoi celle-ci ressemblera dans 10 ans! Mais quoi qu'il en soit cette mobilisation virtuelle et réelle de ma génération est porteuse d'espoir selon moi!

 


Denis Pommier

21 février 2007               


J'ai beaucoup apprécié ton livre, qui rejoint largement mes propres préoccupations et arguments. Il y a quatre ans lors d'une réunion avec des fonctionnaires de la Commission Européenne à Managua, j'avais dit de manière provocatrice qu'il fallait "castrer" les riches pour les empêcher de se reproduire et de transmettre leurs patrimoines exponentiels.

Reste que les changements ne viendront pas tout seuls, mais seront forcément le produit des catastrophes a l'échelle de la planète... la guerre en premier lieu dont l'ombre plane chaque jour un peu plus au dessus de nous.

Je me souviens d'ailleurs d'un remarquable débat avec Marcel Mazoyer lors du second FSM à Porto Alegre, où il insistait sur l'envergure des défis posés a l'humanité et la noirceur des issues - notamment la guerre comme moyen d'accélérer la destruction de l'environnement. Cette analyse me semble bien rejoindre les préoccupations exprimées dans ton livre.

Je pense cependant que tu n'as pas assez parlé de la question de la transmission des patrimoines qui me semble être l'un des axes du système de gaspillage planétaire. Regardons par exemple comment les peuples indiens de l'Amazonie refusent l'accumulation des richesses matérielles et procèdent systématiquement à sa redistribution afin de préserver, de pérenniser l'équilibre social au sein de leurs groupes... (la logique du don et du contre don). En effet, non seulement il y a la question de l'accumulation démesurée de certains (Bill Gates en est un exemple) mais il y a aussi celle de sa descendance - qu'ont fait ses enfants pour mériter un tel pactole ? comment vont-ils s'en servir alors qu'il n'ont aucun mérite ?

Je pense aussi que tu n'insistes pas assez sur la question paysanne et agricole en général, le lien avec l'alimentation de la planète (et ses énormes disparités) et celui du désastre environnemental qu'il produit. Moins de paysans = plus de misère ! alors que seule l'agriculture familiale est à même de relever le défi de la survie de l'humanité.

 


Leslie Thatcher

27 janvier 2007


I read "Comment les riches detruisent la planete" this afternoon. I'm not sure "like" is the operative term. I devoured it in one go, which means I will need to go back and reread many passages - my copy is now as prickly as a porcupine with all the little bits of waste paper I stuck in to mark the passages I'd want to review.

 The book seems to me an incredible tour de force. I could not imagine it possible to lay out systematically, with sentences of classical limpidity and concision, such a complete, as well as completely persuasive argument for what ails the world and what needs to be addressed. The dense connections between all the disturbing phenomena of recent years - ecological degradation to the point of habitat destruction for our own species, increasing social inequality and unemployment, the new totalitarianism (government snooping, torture, the percentage increase in prison populations), the disappearance of a seriously contentious press - are simply and powerfully delineated.

One thing I sort of missed was hearing directly from the oligarchs- not just the presumably enlightened ones like George Soros, Warren Buffet, Al Gore, Howard Dean, but from the Cheneys, Bushes, other Carlyle Group shareholders. I want to know what their vision of the future is, what planet they think they can live on after they've wasted the only one  we've got- or whether they think a "Soylent Green" future is perfectly acceptable. It was particularly poignant to read your book after reading this week in The Independent that everyone in Davos - wintercamp for the Oligarchy - is happy and upbeat about economic growth, record profits, etc,. a disconnection from our terrestrial reality like the Ancien Régime. And I confess that even though I work in the alternative press and used to work in the oligarchy, I cannot believe the irresponsibility of this class can actually be conscious.In spite of myself, I remain "beante" before the idea of such comprehensive wickedness.

 

 

Eric Raynaud

30 janvier 2007


Je viens de finir votre ouvrage que j'ai dévoré en deux jours. Je vous suis gré d'avoir synthétisé, précisé, et mis clairement par écrit les mécanismes qui conditionnent le fonctionnement de notre humanité. Je les sens, les vois, les observe les comprends, mais jamais je n'avais pu établir avec autant de lucidité leur structuration. Encore bravo pour cet ouvrage. Il y a tout et et beaucoup plus dans ce livre, en tout cas peut-être trop pour certains de nos concitoyens. Il manque un mot que je crois ne pas avoir lu dans ce livre et qui à mon sens participe également à la synthèse du phénomène que vous décrivez : esclavage.

Certes déguisé, et pas de même nature que celui des siècles précédents. Mais, si nos libertés sont confisquées, si nous n'oeuvrons aveuglement que pour une seule tâche, dont l'intérêt supérieur nous échappe en plus, et qu'il nous a été imposé un rôle par d'autres dans la société sans que nous puissions avoir la clairvoyance de le remettre en cause, il me semble que ce terme est bien approprié.  A mon sens l'humanité passe un test incroyable.

Sommes nous une espèce qui méritera sa survie?  Seule une civilisation qui utilisera son intelligence collective sera à même de survivre  à ce test. Elle reste conditionnée par des mécanismes naturels (qu'ils prennent ou non l'apparence de paramètres sociaux, économiques, etc.). J'ai fait des études d'environnement, et en écologie ( science qui étudie le fonctionnement des écosystèmes), on apprend qu'une des menaces pour une espèce dominante est l'"effet de masse". A partir d'une baisse trop importante de la diversité  de l'écosystème dans lequel elle évolue, provoquée par sa propre domination, alors elle met de façon définitive sa propre survie en question. Cela en dit long sur le travail de pédagogie qui  reste à faire auprès de nos concitoyens. 

 

Benjamin Dessus

23 janvier 2007


J’ai trouvé une originalité majeure à ce livre, non pas tant dans la description des périls écologiques qui guettent notre planète, que dans l'analyse politique et sociale que construit l'auteur.Il y pointe parfaitement la responsabilité majeure de la classe planétaire la plus riche dans l'épuisement des ressources et la mise en cause des grands équilibres de la planète. L'analyse est d'autant plus convaincante que l'auteur, ne nous a pas habitués, en tant que journaliste au Monde, à des commentaires et des analyses de parti pris des grandes questions écologiques de l'actualité, mais bien plutôt à des analyses sérieuses et équlibrées, trop parfois, diront certains. La radicalité de son constat et de sa démonstration en est d'autant plus intéressante. Elle met en évidence l'urgence majeure d'un rapprochement du mouvement sociale et du mouvement écologique. Il faut lire ce livre!

 

Tarek Bouzidi

22 janvier 2007


Je viens de finir ce livre, et je crois qu'il est vraiment indispensable. Il apporte beaucoup sur un plan théorique, notamment avec l'économiste Thorstein Veblen qui disait qu'on consommait plus uniquement pour frimer et faire comme ceux qui sont plus riches que nous, ce qui aggrave la crise environnementale en raison de l'augmentation globale de la consommation.
En plus, sur la crise écologique, ce livre est parfait. On comprend tout d'un coup, et surtout les liens entre les diverses crises écologiques.

 

M. Gourneuf

21 janvier 2007


Je trouve ce livre remarquable. Il me paraît triste de constater que mon anti-consumérisme risque de trouver sa résolution dans un ensauvagement généralisé. Je voudrais insister sur deux points :
- les intellectuels médiatiques qui n'ont d'autres visions que la continuation du libéralisme, mou ou dur, devront être tenus pour responsables des graves événements qui ébranleront les démocraties, en particulier en France, où on est peut-être prêt à accepter la mise en question des moeurs des élites, par tradition. Plus le temps passera, plus ils mériteront le nom de "collaborateurs", dans le mauvais sens du terme.
- Par ailleurs, il me semble que les classes moyennes consommatrices seront les grandes perdantes d'un éventuel marasme, car elles ont, ces dernières années, effleuré l'espoir de vivre dans un monde stable. On peut rêver que, conscientes du danger, elles adoptent une position "morale" à l'égard des élites prédatrices. Cela me paraît être un biais, utopique ?
En attendant, chacun de nous peut et doit passer pour un "rabat-joie" à l'égard de tous ces plaisirs accumulés, voyages, achats et autres attitudes, sans avoir l'air trop sinistre. Donc moquons-nous des riches et de leurs travers (criminels) !

 

Claude Barone

16 janvier 2007


Votre ouvrage vient enrichir ma réflexion  sur les mythes de la croissance et des solutions technologiques à tous les problèmes. Je ne suis malheureusement pas aussi optimiste sur la prise de conscience des dangers écologiques, sociaux, démocratiques et sur les risques de reculs des droits humains. Notamment, je suis en souvent en désaccord avec des personnes anti-libérales sur le caractère du "non" à la constitution européenne qui me semble bien trop mythifié et mal analysé.

Deux autres remarques :

1 - En lisant votre ouvrage, je me suis souvenu d'un fait qui doit remonter à une dizaine d'années.

La gauche venait de perdre les élections (législatives, je crois). Comme d'habitude, un débat était organisé le dimanche soir au moment de l'annonce des résultats. Il y a eu une sévère prise de bec entre Ségolène Royal et Frédéric Mitterand. SR défendait l'idée d'un salaire maximum autorisé (elle ne parlait pas je crois de revenu) et FM était outré par cette proposition. Cela me rappelle l'idée du RMA (revenu maximal admissible). J'avais trouvé Ségolène royal très gonflée et tranchant sur les discours mièvres et convenus des autres intervenants. Il est vrai qu'elle n'était pas candidate à la présidence de la République ! Je ne sais pas si certains s'en souviennent. Serait-il possible de retrouver le "film" de l'émission ? J'en doute.

 2 - La fin du livre comporte une bibliographie de références impressionnante. Il s'agit d'ouvrages assez récents sauf celui d'Alfred Sauvy (1973). A titre indicatif, je me permet d'en ajouter deux plus anciennes et qui n'encouragent pas à l'optimisme :

- 1965 : Jean Dorst écrit Avant que nature meure , sorte de synthèse traitant de tous les problèmes écologiques. J'en extrait juste quelques lignes sur le réchauffement climatique (1965 !!!). « Il serait sans doute faux de voir dans la combustion des charbons et des pétroles la cause du réchauffement climatique actuel, mais il n'est pas impossible que l'homme ait accéléré le phénomène du fait de ses industries, un des impacts humains les plus profonds sur les systèmes fondamentaux de notre planète. (…) Ce phénomène d'enrichissement  de l'atmosphère en CO2, de proportions géologiques, a des effets très profonds sur l'équilibre chimique du globe ... Comme nous l'apprennent les géophysiciens, il conclut notamment à un réchauffement de l'atmosphère et des mers selon un processus complexe.  » (Avant que Nature meure - 1965 - Page 254).

- 1970 : autre ouvrage, La nature n'en pleut plus , édité par le Comité français de l'année européenne de la nature - 1970 !!!! Un extrait concernant le réchauffement : « Cette teneur (dans l'atmosphère, en CO2) n'est pas nuisible directement mais elle aurait pour conséquence une élévation de la température générale du globe. Une telle modification climatique pourrait entraîner une fonte des glaciers polaires amenant une montée catastrophique des océans (70 m dans le cas d'une fonte totale). » Brrr ...cela fait réfléchir ... Ben non !!!

Autre extrait : « Dramatiquement, tout converge ... au point où des autorités scientifiques américaines s'interrogent s'il ne faudra pas obligatoirement procéder à une révision déchirante des notions de développement technique moderne. Une limitation de la consommation d'énergie sera peut-être  nécessaire. » Nous sommes en 1970 !!

Et la conclusion de l'ouvrage : « Il faut en conclure que la période d'exploitation "sauvage" de la planète est terminée. A une politique désordonnée de gaspillage, à une véritable rapine, doit se substituer une organisation globale basée sur une connaissance parfaite des conditions de l'environnement. (…) Ces perspectives peuvent sembler monstrueuses à ceux qui ont la nostalgie du passé, mais elle sont en passe de devenir une réalité. » ( La nature n'en peut plus - 1970 - Pages 33, 63, 85.)

 

Claude Guillemin - Auteur indépendant

13 janvier 2007`


Je viens de lire votre livre que je trouve remarquable car il dénonce bien des tabous en se prenant aux riches. Vous écrivez ce que d'autres osent à peine formuler. Je ne veux pas la tête des riches mais il faut réduire leur pouvoir et leur fortune.

J'ai travaillé dans l'industrie pendant 33 ans et je sais ce qu'est l'exploitation dirigée par des actionnaires. J'ai été délégué du personnel pendant 7 ans et ai dû renoncer. Je suis en retraite et maintenant j'écris. On m' a taxé de surréaliste, anarchiste, écologiste...je suis simplement altruiste.

Bonne continuation.


A consulter : www.pounon.com et troisdim.pounon.com

 

 

Michel Sourrouille, Angoulême

10 janvier 2007


Quelques commentaires de ton dernier livre « Comment les riches détruisent la planète ».

Tu rends responsables la classe opulente (p.65), la classe dirigeante (p.73), les hyper riches ou nomenklatura capitaliste (p.81), l'oligarchie comme la classe moyenne mondiale (p.90-91). La fluctuation de ton vocabulaire montre la difficulté de cerner le phénomène d'inégalité dans nos sociétés, d'autant plus qu'il y a de moins en moins de reproduction directe des puissants et qu'il existe une déstabilisation des stables avec la mondialisation libérale.

J'avais trouvé pour cette catégorie prédatrice (à laquelle, comme tu l'indiques justement, nous appartenons !) une autre expression, le concept de classe globale. Ce concept devrait à mon avis remplacer la notion de « classe sociale » issue de l'analyse marxiste. Il ne s'agit plus de considérer le point de vue du producteur, qu'il soit capitaliste ou prolétaire, mais le point de vue de l'écologie (scientifique et politique) qui souligne l'opposition actuelle entre les activités humaines et les cycles de la Nature. Cette classe globale regroupe tous les possesseurs d'une automobile particulière, qu'ils habitent dans un pays riche ou dans un pays pauvre. Elle compte 500 millions de ménages dans le monde, soit environ 1,5 milliards de personnes (plus que les 500 millions de gens dont tu parles dans ton livre). Ce quart de la population mondiale, qui se permet de consommer plus de 80 % des ressources de la planète, rentre obligatoirement en conflit avec la Nature : la société thermo-industrielle entraîne inéluctablement l'épuisement des ressources fossiles et le réchauffement climatique. L'avidité de cette classe globale constitue la principale entrave à la décroissance soutenable.

Le problème reste entier : « Mais les hyper-riches, la nomenklatura, se laisseront-ils faire ? » D'autant plus qu'ils mettent, comme tu le soulignes, la démocratie en danger.  L'intérêt de l'analyse marxiste, c'est qu'il y avait deux classes en lutte, donc un adversaire bien délimité. Ici les peuples vernaculaires sont écrasés, ou ne veulent qu'une chose, accéder à leur tour à la classe globale ! Ainsi la classe globale n'a pas d'adversaire qui puisse lui imposer le changement. Souhaiter un revenu maximum autorisé paraît une utopie, les puissants n'en veulent pas. Il faudrait  que cette classe globale prenne conscience par elle-même des conséquences de son propre comportement !! Alors il nous reste deux choses.

D'abord, comme tu l'indiques,  l'usage de la pédagogie de la catastrophe, sachant que c'est plutôt la catastrophe qui nous sert de pédagogie. Dans ce contexte, nous avons le soutien des scientifiques, que ce soit le GIEC ou ceux qui mesurent la perte de biodiversité, ou ceux qui évaluent les ressources en pétrole…

Ensuite le quatrième pouvoir, celui des médias. Il est symptomatique que chaque journal télévisé ou presque ait sa rubrique environnement. Il est symptomatique que le journal Le Monde ait intitulé une de ces pages environnement et science. Tes articles dans ce journal me sont toujours précieux. La conscience peut donc progresser par delà de l'influence des lobbies.Je pense que dans ce contexte, le  débat va quitter le café de la planète pour entrer enfin dans les instances politiques, internationales, nationales ou locales. De plus en plus de citoyens se rendent compte qu'il va falloir changer de mode de vie.

Merci d'avoir par ton livre préparé cette prise de conscience collective.


A consulter : www.biosphere.ouvaton.org

 

 

Luc Ferry a peur de devoir rouler à moins de 120 km/h

Le « Grenelle de l’environnement » n’a pas produit la révolution écologique, mais ses avancées sont encore trop grandes pour Luc Ferry, philosophe officiel et chéri des médias conservateurs. Ce qui suscite une réaction ironique de Patrice Lanoy, journaliste et auteur du « Complot des papillons ».
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Le Grenelle ? L’adaptation du « système technicien » pour éviter de changer vraiment

Simon Charbonneau doute que le Grenelle de l’environnement permette de changer vraiment des politiques qui vont toujours dans le même sens. Il ne s’agit pas tant de changer de direction que d’adapter le système pour lui permettre de perdurer. Que gagnera-t-on sur le nucléaire, les OGM, ou les grandes infrastructures de transport, la réduction des déchets à la source, la baisse de la consommation énergétique ?
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Les vrais chiffres de l’énergie

Les notes de Global Chance 

« 17 % de l’énergie – Non, 50 % de l’électricité ! – Vous n’y connaissez rien ! » Tout le monde s’y perd, la candidate, le président, et la plupart des Français. Pour remettre les chiffres de l’énergie à leur place, voici une mise au point pédagogique de nos amis de Global Chance. Un chiffre à retenir : le nucléaire fournit à la France 17 % de son énergie totale. Pas plus, pas moins.

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La croissance n’améliore pas l’environnement

Les responsables au pouvoir affirment que plus de croissance permet, à partir d’un certain niveau, d’améliorer l’environnement. Notamment promue par Nathalie Kosciusko-Morizet, cette théorie est fausse, comme le démontre Nicolas Ridoux. Lire

Hervé Kempf - Comment les riches détruisent la planète

Editions du Seuil, 14 €.

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Ecoutez Hervé Kempf

- Là-bas si j'y suis sur France-Inter - 06.03.07

- Terre à Terre sur France-Culture - 02.03.07
(format RealAudio)

 

Présentation
Cet essai radical et bien informé décrit les risques de catastrophe écologique mais aussi – et surtout – la responsabilité des plus riches dans notre course à l ’abîme. L ’analyse est à la fois neuve et dérangeante : à la différence de la plupart des observateurs, l ’auteur aborde le problème planétaire en liant les deux questions, sociale et écologique, que l ’on a coutume de disjoindre.
suite de la présentation

 

Dans les médias

« Stupéfiante enquête… Du grand journalisme. »
Anne Crignon, Le Nouvel Observateur

« Percutant ! »
Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchainé.

« Un document étayé et pressé par l'urgence (...) Kempf dit qu'il faut maintenant se partager sobrement la ressource terrestre. Que les opulents acceptent de se serrer un peu. D'en rabattre sur leurs envies. C'est le bon sens même. Le bon sens contre la morgue, l'opulence et l'égoïsme intégral des oligarchies : c'est le match du siècle. »
Bruno Frappat, La Croix.

« Il ne se contente pas de lister les mauvaises nouvelles, il nous invite à résoudre la crise par le social. »
Laure Noualhat, Libération.

« Un véritable essai d'explication globale de la crise environnementale. »
Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir (Montréal).

« Un brulôt salvateur, un texte dont on sort quelque peu groggy. »
Alexandre Fache, L’Humanité.

« Un essai intellectuellement original et indéniablement pugnace »
Patrick Piro, Politis.

« Un livre roboratif à lire d'urgence »
L'Ecologiste.

« J'ai dévoré votre livre d'un trait et partage tout à fait votre point de vue quant à l'imbrication de la crise écologique et de la crise sociale »
Jean-Marie Pelt.

« A lire d'urgence »
Christophe Descroix, RTL.

« Un vigoureux réquisitoire contre “l’idéologie néolibérale”, coupable de conduire la planète à sa propre destruction. Excessif ? L’auteur aligne les comparaisons troublantes comme les liens entre les excès de la société de consommation, la naissance d’une oligarchie mondiale et les changements climatiques en cours. »

Olivier Nouaillas, La Vie.