L’aide au développement a diminué en 2006
Alors que l’Union européenne s’était engagée à augmenter son aide au développement après des années de baisse, le réseau Concord montre que cette promesse n’a pas été tenue. Les pays de l’Union n’ont consacré que 0,30 % de leur PIB à cet aide. La France ne fait pas mieux que ses voisins.
Coordination Sud - 9 mai 2007
A quelques jours de la réunion des Ministres du Développement de l'Union européenne qui portera sur la tenue de leurs engagements en matière d'aide au développement, les ONG européennes pointent du doigt les principaux Etats membres, parmi lesquels la France, qui ne tiennent toujours pas leur promesse d'augmenter l'aide aux pays les plus pauvres.
Pour la deuxième année consécutive, plus de 1 600 ONG européennes réunies au sein de CONCORD, la Confédération européenne des réseaux et platesformes d’ONG, dont Coordination SUD est membre, produisent leur rapport sur l’évolution des montants d’aide publique au développement octroyés par les pays membres de l’Union européenne. D’après leurs analyses, plusieurs gouvernements européens ne respecteront pas leurs engagements en faveur des pays pauvres d'ici 2010, à moins d'augmenter considérablement les ressources nouvelles pour le développement.
Les gouvernements européens continuent en effet de gonfler les chiffres de leur Aide publique au développement (APD), en recourant à une comptabilisation des allègements de dettes qui surévalue leur contribution au développement et à des artifices comptables, tels que la comptabilisation du coût des étudiants étrangers dans les universités européennes ou de certaines dépenses engagées pour l’accueil des réfugiés en Europe.
Pour 2006, les ONG européennes évaluent cette aide artificielle à 13,5 milliards d'euros, soit près d'un tiers de l’APD européenne. Les pays membres de l’Union européenne n’ont finalement consacré que 0.30% de leur revenu national but (RNB) à une aide réelle, loin de leur objectif de 0,39% pour 2006. De plus, le rapport rappelle que bien que les Etats européens se soient engagés à accroître considérablement l'aide à l'Afrique, son niveau n’a pas augmenté depuis 2004. Il a même diminué en 2006.
Concernant la France qui fait partie des plus mauvais élèves, avec l’Autriche, 40% de son aide au développement est « artificielle », selon les évaluations de Coordination SUD (2). L’augmentation annoncée depuis 2001 s’explique essentiellement par l’accroissement des annulations de dettes, de l’écolage ou de la comptabilisation de la gestion des demandeurs d’asile. En 2006, les allègements de dettes représenteraient 34% de l’APD française, soit 2,8 milliards d’euros, dont 1,6 milliard d‘euros d’annulation de créances de crédit à l’exportation vers le Nigéria.
L’écolage s’élèverait à 896 millions d’euros, en hausse de 16% par rapport à 2005 et les dépenses liées à la comptabilisation de la gestion des demandeurs d’asile en France atteindraient 458 millions d’euros, soit un accroissement de 8% par rapport à 2005. De plus, la France comptabilise une partie des dépenses allouées aux Territoires d’Outre mer de Mayotte et Wallis & Futuna, à hauteur de 229 millions d’euros en 2006.
Source : Coordination Sud - Lire le rapport au format pdf
* Pour aller plus loin dans l’analyse de l’APD française, lire le Rapport de Coordination SUD : www.coordinationsud.org/spip.php?article2380