Les vacances, enfin… Mais pas pour tout le monde
Eh oui, l’inégalité existe aussi sous le soleil, qui ne brille pas de la même façon pour tout le monde. Comme le rappelle l’Observatoire des inégalités, 21 millions de personnes ne prennent pas de vacances. Et si presque tous les cadres supérieurs partent en congé, c’est le cas de moins de la moitié des ouvriers. Le taux de départ en vacances stagne ou diminue dans les catégories populaires.
Observatoire des inégalités - 24 juillet 2007
Le taux de départ en vacances a légèrement augmenté entre 1994 et 2004, de 62 à 65%. Il n’en demeure pas moins que 21 millions de personnes n’ont pas bougé de leur domicile par choix ou par contrainte selon l’Insee (Insee première n°1093 - juillet 2006). Ainsi, 37% de ceux qui ne sont pas partis l’ont fait faute de moyens, contre 20% par choix, 15% pour des raisons de santé et 10% pour des raisons professionnelles. Ces inégalités se retrouvent aussi dans le type de congés : les plus modestes préfèrent les longues vacances estivales (17 à 18 nuitées), principalement dans la famille, alors que les plus aisés partent moins longtemps, mais plus souvent, de préférence en circuit, à l’étranger et en hôtel.
Presque tous les cadres supérieurs partent en congé contre moins de la moitié des ouvriers. Le taux de départ progresse chez les indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs, et de façon moins importante chez les cadres. Mais il stagne ou diminue légèrement pour les catégories moyennes ou populaires.
Le niveau des revenus détermine en grande partie le fait de partir en vacances ou non : 53,9% des personnes faisant partie du quart de la population aux revenus les plus bas n’ont pas eu la possibilité financière de quitter leur domicile pendant les périodes de congé. Un phénomène qui fait qu’il est beaucoup plus difficile aux chômeurs de partir qu’au reste des actifs.
Pour un peu plus d’un quart des enfants de 5 à 19 ans, les vacances ne sont pas synonyme de départ du domicile, selon les données du bulletin de juillet 2006 de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (OVLEJ). Le taux de départ est particulièrement faible chez les enfants d’agriculteurs (46%), de retraités (40%), d’inactifs (44%) et d’ouvriers (34%). Une fraction très minime des enfants des catégories les plus aisées, de l’ordre de 3%, ne part pas en congés contre plus de 40% des enfants des familles les plus démunies.
Un peu plus d’un quart des 5-19 ans dont le revenu annuel de la famille est compris entre 46 000 et 68 000 euros partent en vacances grâce à des aides de comités d’entreprise. A peine 6 % de ceux dont le revenu de la famille est compris entre 9 000 et 12 000 euros par an bénéficient d’aides de la Caisse d’allocations familiales (Caf) pour espérer quitter leur domicile pendant les vacances solaires, aucun de ceux-là ne reçoit d’aide de comités d’entreprise. La population aux revenus les plus bas ne dispose pas des aides au départ proposées le plus souvent par les comités des grandes entreprises et qui profitent plutôt aux enfants des cadres supérieurs. Quant aux aides des Caf, elles semblent mal réparties et ne ciblent pas en priorité les familles qui en auraient le plus besoin.
Source : www.inegalites.fr