Loyers : une victoire ! A prolonger…
Une fois n’est pas coutume, un groupe de militants célèbre un succès. Jeudi Noir sabre le mousseux pour fêter l’annonce par M. Sarkozy que les loyers seront indexés sur l’inflation, et non plus sur le coût de la construction. Mais il faut poursuivre sur la lancée, car les coûts du logement restent trop élevés.
Jeudi Noir - 29 novembre 2007
Alors que Valérie Pécresse et Christine Boutin avaient jusqu'à présent refusé cette solution, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer ce soir que l’évolution des loyers serait désormais indexée sur l'indice des prix à la consommation. De plus, le Président de la République annonce son souhait que le dépôt de garantie - aujourd'hui équivalent à 2 mois de loyer - soit ramené à un mois. Le collectif Jeudi Noir se félicite de cette avancée, qui rééquilibre légèrement le rapport de force inégal entre les locataires et leurs propriétaires.
Les galériens du logement remportent ce soir une de leurs premières victoires et sabrent le mousseux. Sans triomphalisme: "on ne sabrera pas le champagne tant que nos revendications ne seront pas satisfaites", explique Fanny Castel de Jeudi-Noir.
Afin de lutter contre la forte inflation des loyers constatée depuis le début de la décennie, la loi du 26 juillet 2005 avait institué un indice de référence des loyers en remplacement de l'ancien indice du coût de la construction comme référence pour la révision des loyers en cours. Malheureusement, ce nouvel indice n'a jamais joué son rôle de modérateur, puisqu'il est actuellement établi à 2,76% par an, soit près de 2 fois l'inflation.
Toutefois, puisque les loyers sont à leur plus haut niveau historique, Jeudi Noir demande un blocage des loyers au niveau de 0%, pour que les locataires étranglés par la bulle immobilière puissent respirer un peu et retrouver un peu de pouvoir d’achat.
De plus, la limitation du dépôt de garantie à 1 mois de loyer devrait s'appliquer à tous les loyers en cours et donner lieu au remboursement d'un mois de loyer aux locataires par tous les propriétaires ayant prélevé 2 mois lors de l'entrée dans les lieux.
Mais surtout, Jeudi Noir rappelle que les baux à la relocation, lors du renouvellement du bail ou lors d’un changement de locataire, ne sont toujours pas encadrés, et donnent lieu à des augmentations surréalistes, de près de 7% par an ! Or, ce sont les jeunes, plus mobiles, qui sont les premières victimes de cette dérive.
Après la rallonge budgétaire de 16 millions d’euros consacrée au logement étudiant annoncée par Valérie Pécresse, Jeudi Noir constate que la mobilisation permet de faire bouger leslignes.
C’est donc en poursuivant nos actions festives et pédagogiques que nous obtiendrons de nouvelles avancées :
- Blocage des loyers et encadrement des baux à la relocation ;
-Réforme des aides à la personne (APL etc..) pour éviter leur effet inflationniste ;
-Surloyers de solidarité dissuasifs dans les logements sociaux pour les attribuer à ceux qui en ont le plus besoin ;
-Construction et réhabilitation massives de cités U ;
-Réquisition et taxation des logements et bureaux vacants ;
-Abrogation du crédit d’impôt sur les intérêts des emprunts
immobiliers pour financer la construction de logements aux loyers
accessibles.
Source : www.jeudi-noir.org
Contact : infos(at)jeudi-noir.org
Contexte : Quelque chiffres pour cerner le malaise générationnel du logement
Merci à l'Observatoire des Inégalités ! www.inegalites.fr
Synthèse en 3 points...
I - La dépense du logement selon l'âge...
Le taux d’effort net (part du loyer sur le revenu), après allocations logement s’élève à 22% du revenu des moins de 25 ans : il grève d’autant leur niveau de vie. Il n’est que de 4,5% pour les 60 ans et plus.
www.inegalites.fr/spip.php?article559
II - Coût annuel brut du logement selon l'âge :
Le montant annuel moyen des frais de loyer hors charges s’élevait à 3.356 euros pour les ménages dont la personne de référence était âgée de moins de 25 ans, 3.059 euros pour les 25-34 ans, alors qu’il descendait à 1.957 euros pour les 35-44 ans et ne cessait ensuite de décliner pour les tranches d’âges supérieures, atteignant 838 euros pour les 65-74 ans :
www.jeudi-noir.org/spip.php?article22
III - Des générations moins bien payées :
En 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15% de plus que les salariés de 30 ans, les classes d’âge adultes vivant alors sur un pied d’égalité. Aujourd’hui, l’écart est de 40%. En 1977, les salariés de 30 à 34 ans gagnaient 1,5% de moins que la moyenne des salariés... 10% de moins en 2000.
www.inegalites.fr/spip.php?article57