Un « Ministère de crise du logement » s’ouvre à côté de la Bourse
La crise de logement est liée à la spéculation immobilière. Dans les grandes villes, de nombreux immeubles sont préemptés par les banques et les compagnies financières. Pour dénoncer cette situation, qui empêche en particulier les jeunes salariés de se loger, deux associations occupent un bâtiment en face du Palais Brongniart, à Paris.
MACAQ et Jeudi Noir - 1 janvier 2007
MACAQ et Jeudi Noir sont heureux de vous annoner l’ouverture et la mise à disposition d’un bâtiment abandonné par une banque, place de la Bourse, à Paris 2 ème. Ce bâtiment de 1000m² donnant sur le palais Brongniart était abandonné depuis 3 ans. La Compagnie lyonnaise de Banque, propriétaire des lieux, a préféré le laisser en jachère, plutôt que de le remettre sur le marché, alimentant ainsi une pénurie de logement déjà sévère... Un calcul plus rationnel qu'il n'y paraît : en effet, le bâtiment s'est apprécié d'au moins 10% chaque année depuis son abandon.
Enrichies par 10 années de flambée immobilière, les banques, les compagnies d’assurances et les caisses de retraite se contentent désormais de laisser dormir un parc immobilier qui rapporte plus par le simple effet de la spéculation qu’en cherchant à le louer. Partout, dans les quartiers prestigieux comme populaires, des immeubles vides et silencieux se dégradent, faute d’entretien, pour avoir été considérés comme des actifs purement financiers. Evidemment la vie de quartier s'en ressent !
Face à l'inaction des pouvoirs publics, les jeunes activistes de MACAQ et Jeudi-Noir ont libéré l'immeuble pour y installer des logements et des espaces associatifs et de création. Nos associations et collectifs poursuivent en effet un double objectif :
- Loger et reloger des familles expulsées, chassées par la pression de la spéculation immobilière, mais aussi des étudiants, des artistes, et, c'est plus nouveau, des jeunes salariés, eux aussi frappés par la hausse incontrôlée des loyers.
- Organiser des actions et des initiatives pour contrer le mal logement et la pénurie et faire de ce lieu un véritable "QG associatif contre la crise du logement", rassembleur, ouvert, pragmatique et militant.
A l'heure où le logement s'installe dans le débat public, alors que l'opinion se penche enfin sur le sort des plus démunis grâce aux campements des Enfants de Don Quichotte, nos associations et collectifs souhaitent pointer du doigt l'attentisme des pouvoirs publics en matière de lutte contre le mal-logement sous toutes ses formes : SDF, logements étudiants, loyers exorbitants et kyrielle de situations précaires (sous-location, logements vétustes, prêts sur 30 ans et surendettement...).
Avec une moyenne de 37m² disponibles par personne (enfants inclus), la France ne devrait connaître aucune pénurie de logement. Et pourtant, l'urgence est là, et ces 2 millions de logements vacants constituent un important - voire décisif - réservoir de logements qu'il importe de remettre sur le marché.Ces réquisitions ne sont pas une fin en soi, mais tant que les pouvoirs publics ne prendront pas les mesures qui s'imposent, nos associations s'en chargeront !
Sources : Jeudi Noir : www.jeudi-noir.org ; MACAQ : www.macaq.org.