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Ecologie

American Tchernobyl

Hervé Kempf

mercredi 16 juin 2010


Une catastrophe industrielle incontrôlable, un système vermoulu contrôlé par une nomenklatura figée, un leader dynamique qui veut changer les choses : ça ne vous dit rien ? Si, bien sûr : Tchernobyl, le PC soviétique, Gorbatchev.

Rappelons-nous les années 1980 : les gens de l’époque savaient que l’URSS allait mal, mais qui aurait parié 1 franc ou 1 dollar sur son effondrement rapide ? Et d’autant moins qu’elle avait trouvé un dirigeant sympathique et moderne. Il engagea d’entrée de jeu des réformes vigoureuses (glasnost et perestroïka) tout en modifiant sa politique étrangère par la détente avec Ronald Reagan.

Et puis Tchernobyl explosa. La catastrophe révélait la fragilité du système. En 1989, le mur de Berlin s’écroulait, en 1991, l’URSS était dissoute. La Russie entrait dans une décennie de dure récession économique.

Les gens d’aujourd’hui savent que les Etats-Unis vont mal, mais qui parierait 1 euro ou 1 yuan sur leur effondrement rapide ? Et d’autant moins qu’ils ont élu un dirigeant sympathique et moderne. Il a engagé d’entrée de jeu des réformes vigoureuses (plan de relance et loi sur la santé), tout en reconnaissant que les Etats-Unis ne pourraient pas tout diriger dans le monde.

Et puis Deepwater Horizon a explosé... L’inextinguible fuite de pétrole provoquée se révèle une catastrophe écologique historique. Elle démontre à la fois l’impéritie des grandes compagnies privées et l’incapacité de l’Etat (après un premier échec lors de l’ouragan Katrina, en 2005) à maîtriser la situation.

Comme Tchernobyl, Deepwater Horizon tire son sens du contexte. Celui d’une société dominée par une oligarchie capitaliste qui refuse toute évolution profonde malgré le désastre financier dont elle est responsable : Wall Street reste aussi solidement accroché à ses privilèges que l’étaient les dignitaires soviétiques.

Par ailleurs, politiques, publicité et médias maintiennent la fiction que le rêve américain peut perdurer sans bouleversement. Mais un pilier de la puissance américaine est ébranlé : celui d’une énergie peu chère. M. Obama essaye de le faire comprendre à ses concitoyens : « Nous pouvons prédire que la disponibilité des combustibles fossiles va diminuer, qu’ils vont être plus chers à extraire, et qu’ils comportent un coût environnemental que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants vont devoir supporter », a-t-il dit dans son interview sur Politico.com, le 13 juin (1).

La fin du pétrole bon marché, c’est la fin de l’« american way of life ». Les Etats-Unis y résisteront-ils ? On peut penser que oui. Ou que non.

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Note

(1) http://www.politico.com/news/storie...



Source : Cet article a été publié dans Le Monde du 16 juin 2010.

Read it in English : https://www.truthout.org/american-c...

Info

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Tribune

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    Yann Fiévet

    Il reste « cinq-cents jours » pour sauver le climat ! Cinq-cents jours avant la conférence du Bourget. Mais l’on ne peut se focaliser sur une conférence dont la duplicité des participants est connue et dont les actes n’ont jamais reflété les paroles. Pour sauver le climat c’est bel et bien par une profonde et puissante mobilisation citoyenne qu’il faudra passer. Mobilisation qui devra durer après la conférence du Bourget...

  • Le Sauvage, pionnier de la presse écologiste

    Mathieu Albouy (Reporterre)

    L’écologie politique est le produit d’une histoire. Ses fondamentaux viennent de l’agitation politique et culturelle des années 1970. La presse écologiste a joué un rôle essentiel pour la faire émerger et l’installer dans le paysage français. Le Sauvage, de 1973 à 1980, fut le plus lu de ces périodiques.

  • Les magistrats dénoncent la pénalisation systématique du mouvement social

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    La répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux est de plus en plus forte. Le Syndicat de la magistrature prend position : « Recourir à la pénalisation de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. »