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Ecologie

Quand un syndicat agricole conseillait aux Etats-Unis de boycotter l’agriculture française

Greenpeace / Wikileaks

mardi 21 décembre 2010

Les Etats-Unis suivent avec attention la lutte anti-OGM en Europe. On apprend que certains au sein du syndicat agricole - « within the farm union » - leur recommandaient en 2007 de boycotter les produits français pour faire accepter les OGM, et que l’Espagne leur recommandait en 2009 de faire pression sur Bruxelles.


Le télégramme 07PARIS4723 date du 14 décembre 2007, mais il n’a rien perdu de sa fraîcheur et de son intérêt. Dans cet opus, Craig Stapleton, ambassadeur américain à Paris, aborde le savoureux sujet de la France, de l’OMC et des « biotech », déplorant de voir l’Europe « reculer » sur le dossier des OGM et la France jouer un rôle majeur dans ce mouvement…

Des agriculteurs français prêts à jouer contre leur camp pour ouvrir la porte aux OGM ?

L’ambassadeur américain à Paris conclut ainsi le résumé de ce télégramme : selon les « pro-biotechs » français, et notamment dans le syndicat agricole, des mesures de « rétorsion » envers la France seraient le seul moyen de faire bouger le pays.

Un syndicat agricole français conseillant aux États-Unis de prendre des sanctions à l’égard de la France pour l’obliger à accepter les OGM ? Un comble ! Voilà qui reviendrait à jouer contre son camp, alors que certains produits français sont régulièrement la cible de boycotts aux États-Unis. Par exemple, début 2009, le Roquefort, quasi emblème national, a vu ses droits de douane tripler en réponse à l’interdiction du bœuf américain aux hormones sur le marché européen. Autre coup dur encaissé par des producteurs français : dès 2003, suite à la position française contre la guerre en Irak, ce sont les vins qui ont été victimes d’une intense campagne médiatique anti-française…

Qui pourrait ainsi suggérer aux États-Unis de ressortir l’arme du boycott pour forcer l’UE et la France à accepter les OGM ? Quel syndicat agricole français serait assez pro-OGM pour aller jusque-là ? La question est à poser à Xavier Beulin, fraîchement élu président de la FNSEA et qui ne fait pas mystère de ses positions extrêmement favorables aux cultures transgéniques. Il le clamait déjà en 2007, année d’écriture du télégramme mis en ligne par Wikileaks, « la FNSEA a une position d’ouverture sur la question des OGM. (…) S’il y avait des risques avérés, l’État aurait déjà pris certaines mesures. »

L’industrie pro-OGM verse dans la paranoïa

Dans un autre télégramme 09MADRID482, envoyé depuis l’ambassade américaine de Madrid, datant de mai 2009 cette fois, on apprend que les représentants de Monsanto sont persuadés que l’adoption par la France d’une clause de sauvegarde interdisant dans l’Hexagone la culture du maïs MON 810, est le fruit d’un marchandage entre écologistes et Nicolas Sarkozy, sur le thème : « je vous donne gain de cause sur les OGM et vous fermez les yeux sur ma politique nucléaire ».

Hilarant d’imaginer un tel deal ! Les pro-OGM, aveuglés par leur idéologie et paranoïaques, sont apparemment incapables de croire que les dirigeants d’un pays comme la France, dont l’opinion publique est opposée aux OGM de façon durable et massive, n’agissent pas en fonction des graves incertitudes des scientifiques sur les impacts des OGM et de la volonté des citoyens, mais pactisent avec quelques écolos…

Et comment imaginer que Greenpeace puisse consentir à un tel marché ! Pour mémoire, à la veille du Grenelle de l‘environnement, des militants Greenpeace pénétraient sur la centrale nucléaire de Dampierre pour réclamer l’arrêt du programme EPR et dénoncer le nucléaire comme une option dangereuse, inutile et beaucoup trop onéreuse.

Depuis, la campagne anti-nucléaire de Greenpeace n’a pas faibli, au contraire. Rien que cette année, Greenpeace a contraint Areva, le géant français du nucléaire, à interrompre ses scandaleuses exportations de déchets nucléaires français en Russie et dénoncé les financements radioactifs de la BNP au Brésil et en Inde.

L’Espagne appelle les États-Unis à la rescousse

Retour aux OGM… La stratégie conjointe pro OGM des gouvernements espagnol et américain a été mise à jour dimanche 19 décembre par le quotidien espagnol El Pais.

L’Espagne apparaît comme le principal allié des États-Unis dans leur lutte en faveur des OGM en Europe. Selon l’un des câbles publiés par Wikileaks, le secrétaire d’État espagnol à l’Environnement, Josep Puxeu, a demandé à l’ambassade américaine de « maintenir la pression » sur Bruxelles pour que les OGM soient favorisés, illustration pour le moins étonnante de la solidarité censée régner au sein de l’Union européenne ! L’affaire fait actuellement un véritable scandale en Espagne.

Il faut dire que même en Espagne, l’opinion publique bascule : selon l’eurobarometre, étude menée par la Commission en février 2010, 53% des Espagnols sont opposés aux aliments OGM, 70% d’entre aux les considérant comme « anti naturels » et 59% comme un risque pour la santé. Or, comme le soulignent apparemment les industriels supporters des biotechnologies agricoles eux mêmes : « si l’Espagne tombe, le reste de l’Europe suivra ! ».

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Source : http://ogm.greenpeace.fr/wikileaks-...

Complément d’information : Le télégramme sur la France et les OGM

Le télégramme sur l’Espagne et les OGM

Présentation en anglais de l’information sur le site Truthout

Lire aussi : Wikileaks : A Copenhague, Borloo avait un double discours

Info

  • Décès inattendus à la ferme-usine des 998 vaches

    Barnabé Binctin (Reporterre)

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Tribune

  • Repères pour mener des luttes non violentes - et victorieuses

    Geneviève Coiffard-Grosdoy

    La stratégie de la non-violence choisit et assume de modifier les rapports de force par la conviction et la mobilisation du plus grand nombre. Réflexions d’une militante non-violente de Notre-Dame-des-Landes, autour de cette notion et sur la question des limites à se poser dans un combat non violent.

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    En Charente-Maritime, Vinci mène un projet d’incinérateur de déchets ménagers. Problème : il est inutile. Une politique volontaire de réduction des déchets permettrait aux incinérateurs actuels d’absorber les besoins. Mme Royal a exprimé son opposition, mais de volte-face politique en renoncement des maires, le projet suit son cours...

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    Il faut questionner la notion de travail pour sortir d’une vision productiviste de la vie, qui sert surtout les tenants d’un système profondément inégalitaire. S’échapper de la « sacro-sainte croissance », « décoloniser nos imaginaires travaillistes afin de remettre l’économie et une vision comptable de la vie à leur place et sortir de la centralité de la valeur travail ! »