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FUKUSHIMA : le fil des événements depuis le 11 mars 2011

Reporterre

vendredi 29 avril 2011

« Je ne peux m’empêcher de penser que le gouvernement ne prend que des mesures provisoires et retarde ainsi la résolution de cette crise nucléaire », a déclaré Toshiso Kosako.

LE FIL DES PRINCIPALES INFORMATIONS DEPUIS LE DEBUT DE L’ACCIDENT DE FUKUSHIMA


Démission d’un conseiller scientifique du Premier ministre

Romandie News, vendredi 29 avril à 13 h 57.

Un conseiller scientifique du Premier ministre japonais Naoto Kan a annoncé sa démission vendredi en raison de désaccords sur la gestion de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est).

Toshiso Kosako, professeur à l’université de Tokyo, expert en sécurité nucléaire, a expliqué que le gouvernement n’avait pas été rigoureux dans l’application des lois et réglementations et avait ignoré ses conseils depuis sa nomination en tant que conseiller spécial du Premier ministre le 16 mars.

"Cela n’a aucun sens que je reste à mon poste", a-t-il déclaré, en larmes, au cours d’une conférence de presse, indiquant avoir remis sa lettre de démission.

"Je ne peux m’empêcher de penser que (le gouvernement) ne prend que des mesures provisoires (...) et retarde ainsi la résolution de cette crise nucléaire", a-t-il ajouté.

Le nord-est du Japon a été frappé le 11 mars par un tremblement de terre de magnitude 9 suivi d’un tsunami qui ont fait près de 26.000 morts et disparus.

Le tsunami a provoqué une panne des circuits de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (N°1), située à environ 250 km au nord-est de Tokyo, entraînant des explosions d’hydrogène et d’importantes fuites radioactives.

Depuis, les équipes de l’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), tentent de mettre en marche des systèmes fiables de refroidissement.

Tepco estime qu’il faudra trois mois pour que le niveau de radiations commence à baisser et encore trois à six mois supplémentaires pour réduire les fuites radioactives à un niveau très bas.


DESACTEURS MOINS ABIMÉS QUESTIMÉ ?

Sylvestre Huet, mercredi 27 avril.

Les cœurs des réacteurs accidentés de Fukushima seraient moins endommagés qu’estimé jusqu’à présent. C’est une des analyses tirées des observations plus précises réalisées par les robots qui sont intervenus dans les bâtiments des réacteurs 1, 2 et 3 ces derniers jours.

Jusqu’à présent, l’estimation de l’opérateur - la TEPCO - était d’un taux d’endommagement des combustibles des réacteurs de 70% pour le premier, 40% et 35% pour les second et troisième. Les mesures récentes ont conduit les physiciens à réviser ces chiffres, en les abaisssant à 55% pour le réacteur N°1, 35% pour le N°2 et 30% pour le N°3.

Paradoxalement, le réacteur N°1 est également celui dont la cuve semble avoir le moins souffert, puisqu’elle affiche toujours une pression nettement supérieure à la pression atmosphérique, signe qu’elle est encore étanche. C’est d’ailleurs probablement pour cette raison que les ingénieurs de la TEPCO ont décidé d’y commencer une injection d’eau plus forte, afin d’essayer d’élever le niveau d’eau dans la cuve et ainsi de noyer une partie plus importante du combustible nucléaire. Aujourd’hui, l’injection d’eau a donc été accélérée, à 10 tonnes par heure contre 6 tonnes.

L’intention des ingénieurs était d’aller jusqu’à 14 tonnes, mais de "instabilités" - la Tepco ne précise pas lesquelles - les ont convaincus de s’en tenir à 10. Puis, une inspection par robot du batiment où se trouve le bas du réacteur et la chambre de supression (voir schéma à droite) sera réalisée afin de vérifier si l’augmentation de l’injection d’eau ne se traduit pas par une quelconque fuite.

Les inspections par robot ont permis de vérifier que le combustible fondu - le corium - était toujours confiné dans les cuves, même pour celles qui ne sont plus étanches des réacteurs N°2 et N°3. En outre, les températures enregistrées à la base des cuves ne sont pas vraiment compatibles - elle sont trop basses : 111°C par exemple pour le réacteur N°1- avec un dépot important de corium au fond des cuves. Le combustible fondu a donc dû, pour l’essentiel, rester au niveau du cœur lui même. Les scénarios d’agravation de l’accident imaginés dès le début, avec percement des cuves et chute du corium, ne se sont donc pas réalisés. Ces inspections ont également montré que, contrairement à ce qui pouvait être imaginé, il n’y a pas d’eau accumulée dans les bâtiments réacteurs.

En parallèle, le pompage de l’eau très contaminée - environ 70.000 tonnes - qui s’est accumulée dans les parties basses des salles des machines se poursuit. Elle doit être stockée dans des conteneurs acheminés sur le site, dans un dispositif de stockage d’eau contaminée qui a été vidé et, peut-être, dans une vaste barge métallique ancrée devant la centrale. Ensuite, cette eau sera traitée par un système proposé par Areva et utilisé en France (à Marcoule et La Hague) qui permet d’extraire par des procédés chimiques les atomes radioactifs de l’eau afin de la décontaminer. Elle pourra alors être réutilisée pour refroidir les réacteurs ou les piscines à combustibles usés.

Par ailleurs, le succès de l’aspersion de résine sur le sol pour y fixer les radio-éléments a conduit la Tepco a en prévoir l’extension sur l’ensemble du site. Des opérations de récupération de gros débris très radioactifs sont en cours. Enfin, l’alimentation électrique de la centrale a été renforcée afin de la rendre résistante à de nouveaux chocs sismiques.

La surveillance de la radioactivité en dehors de la zone des 30 kilomètres autour de la centrale montre une diminution régulière. Les valeurs enregistrées en débit de dose par heure sont désormais de 1,7 microsievert par heure dans la ville de Fukushima (au 23 avril). Plus près de la centrale, mais à plus de 30 kilomètres la valeur la plus élevée enregistrée le 20 avril était de 24 microsieverts par heure. A droite une carte des mesures du 24 avril (le chiffre du dessus est le numéro du poste de surveillance, le chiffre du dessous la valeur en microsievert par heure). De nombreuses mesures de restriction de consommation de légumes et de lait ont été levées, en revanche la culture du riz sera interdite en 2011 dans les zones actuellement évacuées. Ces évolutions sont attendues, mais les zones qui ont été le plus contaminées le restent et donc justifient les décisions d’évacuations supplémentaires, localisées de manière précise à l’aide de la carte dressée par l’IRSN et visible sur cette note.

Pour la surveillance de la radioactivité due à Fukushima en France, l’IRSN a décidé de ne plus éditer de bulletin d’information régulier après le dernier, qui date du 22 avril. Explication : « Compte-tenu des très faibles niveaux observés et d’une tendance à la baisse, et en l’absence d’aggravation nouvelle des rejets des réacteurs de Fukushima, l’IRSN poursuit cette surveillance mais en réduisant le nombre et la fréquence des prélèvements, et en augmentant les durées de mesure pour atteindre des limites de détection plus basses. Dans ces conditions, et sous réserve d’évolution particulière, le présent bulletin est le dernier dans la série de ceux établis depuis le 24 mars. Un bilan global de la surveillance initiée depuis cette date sera présenté dans le courant du mois de mai 2011. »


Le gouvernement japonais a publié la carte des radiations

Radio Chine Internationale, mercredi 27 avril à 10 h 38.

Le gouvernement japonais et Tokyo Electric Power ont publié mardi 26 avril pour la première fois une carte des niveaux de radiation dressée par la centrale Fukushima Daiichi.

Selon la carte, la quantité de radiations autour de la centrale nucléaire de Fukushima varie largement selon la direction. Par exemple, dans la zone nord-ouest de la centrale nucléaire, la quantité de radiation est en train d’augmenter, alors que celle de la zone sud-ouest est relativement basse.

Touchée par le terrible séisme du 11 mars survenu au Japon, la centrale nucléaire de Fukushima a perdu 4 groupes électrogènes. Le gouvernement japonais a actuellement évacué au delà de la zone des 20 km. Les autorités japonaises interdisent désormais formellement aux habitants qui vivaient dans un rayon de 20 à 30 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima de rentrer chez eux, étant donné le risque de radioactivité.


Tepco met les salaires de ses cadres et employés à contribution

Les Echos, mardi 26 avril à 07 h 00.

Après les excuses publiques, Tepco a décidé de mettre à contribution tous ses employés pour couvrir - une partie -des dommages liés à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Les salaires annuels du président honoraire, du PDG - très critiqué pour sa passivité au début du drame -et d’autres hauts responsables vont être réduits de 50 %. Pour les cadres intermédiaires, la ponction sera de 25 %. Tous les autres salariés devront faire une croix sur 20 % de leurs fiches de paye.

« Nous appliquerons ces retenues de rémunération en raison de l’impact sur nos comptes des montants à payer en vertu de la loi sur l’indemnisation pour dommages nucléaires aux personnes qui en ont été victimes et du fait de l’augmentation des frais pour reconstruire les installations électriques », a expliqué l’électricien japonais, qui attend de ces décisions une économie annuelle de 54 milliards de yens, soit 455 millions d’euros. Un plan de recrutement, qui portait sur 1.100 embauches pour s’étendre en dehors de l’Archipel, a par ailleurs été annulé.

Les six réacteurs de la centrale de Fukushima sont arrêtés depuis le 11 mars. La catastrophe a poussé les autorités à décréter une zone interdite d’un rayon de 20 kilomètres obligeant 80.000 Japonais à trouver refuge ailleurs. Pour aider le groupe qui fait face à de très lourdes réparations financières, Tokyo envisage la création d’un fonds spécial (« Les Echos » du 22 avril).

Sur le terrain, Tepco projette de construire des murs souterrains pour éviter que l’eau contaminée ne se répande dans la nature, selon la télévision TV Asahi. En attendant, l’opérateur pourrait remettre en service un réacteur d’une autre centrale, à l’arrêt depuis 2007, pour pouvoir approvisionner Tokyo et les régions alentours en énergie.


Augmentation du niveau de l’eau radioactive dans les réacteurs 3 et 4 de la centrale de Fukushima

Au fait Maroc, mardi 26 avril à 04 h 54.

L’opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon) a annoncé, mardi 26 avril, que le niveau de l’eau radioactive a augmenté dans les réacteurs 3 et 4.

Le niveau d’eau radioactive entassée dans les tunnels des réacteurs 3 et 4 a augmenté de 99 centimètres et de 10 centimètres respectivement, a précisé la société exploitant la centrale, Tokyo Electric Power Company (Tepco).

Tepco, qui ?uvre pour transférer de l’eau hautement radioactive du réacteur 2 vers une installation temporaire de stockage, a souligné que les niveaux d’eau radioactive dans la centrale nucléaire entravent les efforts visant à restaurer les systèmes de refroidissement.

La société a également indiqué que le taux de césium-134 et 137 a augmenté d’environ 250 fois, alors que le taux de l’iode-131 a augmenté d’environ 12 fois par rapport au mois dernier.

La centrale de Fukushima, située au bord de l’océan Pacifique, a été secoué le 11 mars dernier par un violent séisme et un tsunami dévastateur, déclenchant une série d’explosions et d’incendies dans la centrale.


Fukushima et Tchernobyl sont "de nature différente", insiste Tokyo

AFP, mardi 26 avril à 09 h 30.

TOKYO — Les accidents nucléaires de Tchernobyl et Fukushima sont "de nature différente", a souligné une nouvelle fois le gouvernement japonais, mardi à l’occasion du 25e anniversaire de la catastrophe en Ukraine.

"Il est clair que les deux cas sont de nature différente", a déclaré Yukio Edano, porte-parole du gouvernement, au cours d’un point de presse.
"La quantité de radioactivité relâchée (à Fukushima) a été d’environ un dixième" de celle relâchée à Tchernobyl, a-t-il insisté.

A plusieurs reprises, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a souligné que l’accident de Fukushima était "très différent" de celui de Tchernobyl, en particulier au regard du niveau des émissions radioactives.

Le monde commémore mardi les 25 ans de Tchernobyl. Les présidents ukrainien Viktor Ianoukovitch et russe Dmitri Medvedev doivent se retrouver symboliquement sur les lieux du drame.

Le bilan de Tchernobyl suscite toujours la controverse. Le comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements ne reconnaît que 31 morts d’opérateurs et de pompiers directement imputables aux effets de la radiation, alors que Greenpeace parle d’au moins 100.000 morts des suites de la contamination radioactive.

Aucun décès lié à l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1) n’a été recensé à ce jour au Japon.


Nucléaire : des manifestations organisées à Tokyo

Maxisciences, lundi 25 avril à 15 h 00.

A Tokyo, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche 24 avril pour demander au gouvernement japonais d’entamer une sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

Depuis le séisme et tsunami du 11 mars dernier, et l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi, les Japonais souhaitent qu’un processus de "changement d’énergie" soit mis en place par le gouvernement, indique l’AFP.

Des milliers de manifestants ont défilé dans le centre de Tokyo hier, en brandissant des pancartes "Adieu le nucléaire". Pour certains, il s’agit du deuxième défilé dans la capitale nippone. Beaucoup de participants expliquent qu’avant l’accident de la centrale, ils ne se sentaient pas concernés. Maintenant, ils estiment nécessaire de se mobiliser. "Il faut le faire pour nos enfants", explique à l’agence de presse Hiroshi Iino, venu participer au rassemblement avec sa famille.

La manifestation a été organisée par Greenpeace Japon qui estime que si aujourd’hui la mobilisation reste faible, cela n’est imputable qu’à la catastrophe du séisme et au tsunami qui s’en est ensuivi. En effet, le bilan est colossal et totalise 28.000 personnes mortes ou disparues. Junichi Sato, directeur exécutif de l’organisation écologique sur place explique que "jusqu’ici, la priorité a été de se concentrer sur les victimes. A l’étranger, la problématique était différente, ils se sont emparés directement de la question énergétique". Il reste convaincu que très prochainement la question de l’énergie au Japon va prendre de l’ampleur.

Pour le moment, le gouvernement japonais a fait savoir par Katsuya Okada, le numéro deux du parti au pouvoir, que si le Japon ne pouvait "pas se passer de l’énergie nucléaire, [il devait] réfléchir aux plans et au calendrier de construction de [ses] centrales".

Jusqu’à l’arrêt d’une douzaine de réacteurs le 11 mars, l’énergie nucléaire fournissait 30% de l’électricité consommée sur l’archipel nippon, rappelle Sciences et Avenir.


Le Japon envisage de construire des murs souterrains pour contenir les eaux radioactives

Radio Chine Internationale, samedi 23 avril à 18 h 34.

Pour empêcher la fuite des eaux radioactives dans la nappe phréatique, le gouvernement japonais et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) envisagent de construire des murs souterrains pour contenir les eaux autour de la centrale Fukushima Daiichi (n°1). C’est ce qu’a annoncé le 22 avril Mabuchi Sumio, conseiller spécial du Premier ministre japonais. C’est la première fois que le Japon met au point une mesure concrète pour prévenir la fuite des matières radioactives.

Selon Sumio, ces murs souterrains seront construits de la surface du sol jusqu’aux couches impénétrables à l’eau. Ces murs vont « envelopper » l’ensemble de la centrale, interdisant ainsi aux eaux radioactives de fuir. Pour ce faire,Tepco commence par mettre en oeuvre les travaux pour envelopper la construction abritant les réacteurs et creuser ensuite les murs souterrains.

Le même jour, le Ministère japonais de l’Education, de la Culture, du Sport, de la Science et des Technologies et la commission de la sécurité nucléaire ont conjointement publié un "Programme sur le renforcement de la surveillance de l’environnement", décidant de dresser un tableau indiquant le volume radioactif et la prolifération des matières radioactives aux alentours de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi.


Les techniciens de la centrale nucléaire de Fukushima sont à bout de forces

Associated Press, vendredi 22 avril à 18 h 30.

FUKUSHIMA-SHI, Japan — Les techniciens qui se battent sans relâche depuis le tsunami du 11 mars pour tenter de reprendre le contrôle de la centrale nucléaire de Fukushima ne sont pas seulement confrontés aux dangers liés à la forte radioactivité. Ils souffrent également d’insomnie, montrent des signes de déshydratation, d’hypertension, et risquent à terme des problèmes cardiaques ou la dépression, selon un médecin japonais qui les a rencontrés.

Depuis la catastrophe, 245 techniciens et sous-traitants, selon les chiffres de l’exploitant de la centrale Tokyo Electric Power (TEPCO), se relaient sur le site de Fukushima Dai-ichi, dans le nord-est du Japon. Des soldats, pompiers et policiers ont également été mobilisés.

Un médecin épidémiologiste, Takeshi Tanigawa, s’est entretenu avec 80 des techniciens intervenant à Fukushima. Le médecin, directeur du département de santé publique de l’Université d’Ehime (sud-ouest), a expliqué dans une interview par téléphone à l’Associated Press qu’il s’était particulièrement attardé aux conséquences des conditions de travail dans la centrale qu’aux effets de la radioactivité.

En premier lieu, a noté le médecin, les techniciens ne peuvent pas se reposer correctement. Durant leur temps de repos, ils dorment souvent à même le sol d’un gymnase, « sans intimité » ni possibilité de s’isoler.

Avec cette promiscuité, « les ronflements constituent un gros problème. En temps normal, cela peut sembler amusant mais dans le cas présent, cela prive les gens de sommeil et peut amener à une mauvaise performance dans le travail », dit-il.

En conséquence, ces techniciens âgés d’une quarantaine à une cinquantaine d’années souffrent d’insomnie. Ils ne bénéficient pas d’une alimentation variée et riche en produits frais. Juste « de la nourriture pour le four à micro-ondes ». Les conditions d’hygiène sont par ailleurs adéquates. Les travailleurs présentent des signes de déshydratation et d’hypertension, une conséquence possible du stress intense auquel ils sont soumis.

« Faire en sorte qu’ils puissent prendre une douche ou un bain, dormir dans un endroit approprié » ne constituerait pas un luxe, mais plus pragmatiquement un moyen d’obtenir un travail performant, souligne le médecin. La peur de la radioactivité, l’inquiétude des proches et parfois la perte d’être chers ou de biens lors de la catastrophe ajoutent à leur angoisse, dit-il.

TEPCO, dont la gestion de la crise et la communication ont fait l’objet de nombreuses critiques au Japon, affirme faire son possible.

« Nous pensons avoir travaillé à améliorer la nourriture, les heures de sommeil et les jours de repos, de sorte que les conditions de travail s’améliorent. Nous souhaitons oeuvrer à des progrès supplémentaires, tenant compte des avis du Dr Tanigawa », dit l’exploitant dans un communiqué.

La situation urgente à la centrale, où les systèmes de refroidissement sont tombés en panne à la suite du tsunami, justifiait le surcroît de travail, convient Takeshi Tanigawa. Mais cette surcharge devient « chronique » et les techniciens atteignent la limite de leur résistance physique et mentale, prévient-il.

« Ils se battent depuis plus d’un mois. Mais ils n’ont pas eu de répit. TEPCO et le gouvernement ne pensent pas à eux. Les techniciens doivent faire du bon travail, mais ils ne sont pas soutenus », selon le médecin.

Pourtant, aucun ne songe à abandonner, constate-t-il. « Ils éprouvent un profond sens de leur responsabilité. J’ai demandé à beaucoup d’entre eux s’ils voulaient arrêter, mais ils ont répondu : "Si je ne le faisais pas, qui le ferait ?". »


À Fukushima, la zone d’évacuation devient zone interdite

Reuters, jeudi 21 avril à 07h 17

La zone d’évacuation de 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi devient une zone interdite, dont l’accès va être strictement surveillé par les autorités, a annoncé jeudi le gouvernement japonais.

Des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter ce périmètre en raison des rejets radioactifs de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars.

Depuis, certains habitants sont revenus chez eux pour récupérer leurs effets personnels.

À partir de jeudi minuit (heure locale), ils ne pourront le faire qu’avec l’aval du gouvernement, a annoncé le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano.

"La mise en place d’une zone interdite et les ordres d’évacuation (du mois dernier) visent à assurer la sécurité de la population", a dit Edano.

"Nous adopterons de strictes mesures juridiques contre ceux qui tenteront d’entrer dans la zone", a-t-il menacé sans préciser davantage.

"En ce qui concerne les habitants, je ne peux que leur demander d’être compréhensifs afin qu’aucune poursuite judiciaire ne soit engagée contre eux", a ajouté Edano lors d’une conférence de presse.

Le Premier ministre Naoto Kan, à qui l’opposition et certains dans son propre parti reprochent sa gestion de la crise, s’est rendu jeudi à Fukushima.

Plus de 13.000 personnes sont mortes dans la catastrophe du 11 mars et des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur maison. En début de semaine, ils étaient encore 130.000 à vivre dans des abris de fortune selon les chiffres officiels.

L’opérateur de Fukushima-Daiichi, Tokyo Electric Power (Tepco), estime que la reprise en main de la centrale ne se fera pas avant la fin de l’année, au mieux.

Tepco espère que les six réacteurs seront mis à l’"arrêt à froid" dans six à neuf mois, un calendrier jugé ambitieux par les spécialistes du nucléaire.

Cette semaine, ses ingénieurs ont commencé à pomper de l’eau partiellement radioactive pour l’évacuer d’un des réacteurs. Cette étape est indispensable pour ensuite réparer le système de refroidissement qui régule la température des barres de combustible nucléaire.

Mais la quantité d’eau contaminée dans les réacteurs ne semble pas baisser pour le moment.

Areva va aider les Japonais à décontaminer la centrale en installant une station d’épuration qui permettra de réduire significativement le niveau de radioactivité des eaux traitées.

La présidente du directoire du groupe nucléaire français, Anne Lauvergeon, a dit cette semaine que Tepco espérait entamer ces opérations avant la fin du mois de mai.


Pompage de l’eau radioactive à Fukushima

Radio Canada, mardi 19 avril à 09 h 33.

L’opérateur de la centrale nucléaire Fukushima au Japon a commencé à pomper l’eau radioactive qui se trouve dans ses installations endommagées par le tsunami du 11 mars.

Il s’agit d’une étape cruciale avant que les employés puissent remettre en service les systèmes de refroidissement des réacteurs.

Plus de 60 000 tonnes d’eau radioactive sont présentes sur le site de la centrale en raison des masses d’eau injectées pour contrôler la température du combustible dans les réacteurs.

L’opérateur Tepco espère pomper 20 000 tonnes d’eau au cours des 20 prochains jours et transférer le liquide radioactif dans une installation de traitement des déchets. L’ensemble du processus pourrait prendre plusieurs mois.

Le groupe français Areva fournira un système pour décontaminer l’eau radioactive sur le site.

« Il s’agit d’un procédé pour traiter la contamination : nous allons injecter des produits chimiques dans l’eau contaminée et cette technologie doit permettre aux substances radioactives de se déposer au fond », a expliqué la présidente du groupe Anne Lauvergeon.

La présidente d’Areva a laissé entendre que ces opérations allaient débuter incessamment.

Le pompage de l’eau contaminée est la première étape du plan dévoilé dimanche par Tepco, qui prévoit un refroidissement des réacteurs d’ici neuf mois.


L’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima sera possible d’ici neuf mois

RadioCanada, dimanche 17 avril à 08 h 11.

La mise à l’arrêt des réacteurs nucléaires endommagés de Fukushima-Daiichi devrait pouvoir se faire d’ici neuf mois, a annoncé dimanche 17 avril en conférence de presse le président de TEPCO, l’opérateur de la centrale.

Il estime qu’il faudra trois mois avant d’assister à une baisse sensible de la radioactivité autour du site et entre six à neuf mois pour réduire les fuites radioactives à un niveau très bas, en vue de « l’arrêt à froid » des réacteurs.

Dans l’immédiat, a expliqué Tsunehisa Katsumata, il s’agira d’empêcher de nouvelles explosions d’hydrogène dans les réacteurs 1,2 et 3.

Le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant du 11 mars dernier ont causé l’arrêt des circuits de refroidissement des réacteurs et des générateurs de secours.

Cette situation, en plus de causer des fuites radioactives, a entraîné une accumulation d’hydrogène dans les installations. L’injection d’azote permettra de maintenir au plus bas le rapport entre l’hydrogène et l’oxygène et d’éviter de nouvelles explosions.

L’autre priorité est de mettre fin aux fuites d’eau radioactive. L’injection et le déversement massif d’eau dans la centrale pour contrôler la température du combustible dans les réacteurs et les bassins de stockage, pour pallier la panne des systèmes de refroidissement, ont entraîné des fuites d’eau très radioactives aux abords de la centrale, dont une partie s’est écoulée dans le Pacifique.

TEPCO veut cesser ces injections d’eau en relançant les circuits de refroidissements existants ou en installant un circuit parallèle à l’extérieur des réacteurs.

Les autorités japonaises ont porté cette semaine la gravité de l’accident nucléaire à 7, soit le niveau maximal et le même que l’accident de Tchernobyl en 1986. Elles pressaient TEPCO depuis des jours pour qu’il rende public un calendrier précis des opérations.

Au terme de ces opérations, une partie des milliers d’habitants de la région évacuée dans la foulée de la catastrophe nucléaire pourrait rentrer chez elle, mais l’incertitude plane encore.


Nouvelle augmentation du niveau de l’eau radioactive dans le réacteur 2

Au fait Maroc, samedi 16 avril à 10 h 41.

Pékin, 16 avr. (MAP) - L’opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon) a annoncé, samedi, que le niveau de l’eau radioactive dans un tunnel du réacteur 2 a de nouveau augmenté.

L’eau radioactive s’est entassée dans les tunnels du réacteur 2, ce qui empêche toute activité humaine et gêne les efforts visant à restaurer les systèmes de refroidissement, a expliqué Tokyo Electric Power Company (Tepco).

Au début de la semaine, Tepco avait réussi à baisser de 8 cm le niveau d’eau contaminée dans le tunnel après le transfert de quelque 660 tonnes de l’eau radioactive vers le condenseur d’une turbine.

Cependant, les techniciens ont découvert samedi matin que le niveau a de nouveau augmenté, dépassant de 2,5 cm celui précédemment enregistré.

Selon Tepco, les travaux opérés par la société afin de colmater les fuites d’eau hautement radioactive dans l’océan pourraient être à l’origine de cette nouvelle augmentation du niveau de l’eau radioactive dans le tunnel du réacteur.

La centrale de Fukushima, située au bord de l’océan Pacifique, a été secoué le 11 mars par un violent séisme et un tsunami dévastateur, déclenchant une série d’explosions et d’incendies.


Stocker le sang des ouvriers à Fukushima

Par Martine Perez

Le Figaro, vendredi 15 avril à 21 h 06.

Cinq cancérologues japonais plaident pour que leurs cellules souches soient conservées, en prévision d’un traitement.

Des centaines d’ouvriers ont travaillé et restent à pied d’œuvre depuis le 11 mars dernier sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, pour fermer les réacteurs, canaliser les fuites de radioactivité et gérer les tonnes d’eau contaminées qui ont servi à refroidir les réacteurs. Ces équipes travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses pour la santé. Malgré des tenues de protection, ils peuvent être exposés à des doses élevées d’irradiation, en cas d’accident, à un risque accru d’aplasie médullaire (chute de la production par la moelle osseuse des cellules de la lignée sanguine, globules rouges, blancs…). Certains cancers à long terme peuvent aussi être observés en cas d’exposition à des doses élevées de radioactivité.

Un groupe de cancérologues japonais a lancé vendredi un appel, dans la revue médicale britannique The Lancet, pour que soient stockées les cellules souches du sang des ouvriers travaillant dans la centrale, par mesure de précaution, en cas d’exposition à des niveaux élevés de radiation. Les spécialistes du cancer de quatre hôpitaux japonais estiment dans cette lettre que si une greffe de cellules souches de la lignée sanguine est nécessaire, il vaut mieux utiliser des cellules du malade lui-même, pour éviter les risques de rejet.

Une guérison bien plus rapide

Cela permet de ne pas avoir recours aux médicaments immunosuppresseurs. Ils estiment que ces cellules permettent une guérison bien plus rapide, en cas d’aplasie, que les facteurs de croissance utilisés habituellement en l’absence d’autoprélèvement. Enfin, ces cellules sont faciles à stoker par cryoconservation. La technique utilisée consiste, à partir d’une prise de sang, à isoler et stocker les cellules souches de la lignée sanguine. Celles-ci peuvent ensuite être transplantées en cas d’aplasie, ou après certains traitements agressifs de cancers qui détruisent parfois les cellules de la moelle osseuse, qu’il faut alors remplacer. « La fermeture complète de ces réacteurs va prendre des années. Le risque d’une exposition accidentelle aux radiations s’accroît ainsi pour les ouvriers et le stockage des cellules de leur sang sera d’autant plus important », expliquent les médecins Japonais.

La lettre est signée par une équipe de cinq médecins dirigée par Tetsuya Tanimoto, de l’Institut du cancer à la Fondation japonaise pour la recherche sur le cancer, et Shuichi Taniguchi, de l’hôpital Toranomon, tous deux à Tokyo. Les médecins se sont plaints de la résistance opposée par les responsables du secteur nucléaire au Japon au prélèvement des cellules des ouvriers qui craindraient pour leur « réputation ».


Tepco devrait verser 600 millions de dollars aux victimes

Reuters, jeudi 15 avril à 10 h 59

Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, a annoncé ce vendredi que les premiers dédommagements versés aux familles évacuées de la zone d’exclusion décrétée autour du site représenteraient une somme de 50 milliards de yens (600 millions de dollars). Mais il ne s’agit que d’une estimation provisoire, a précisé le président de l’entreprise, Masataka Shimizu, ajoutant qu’il était dans l’incapacité de dire quelle somme au final Tokyo Electric Power devrait verser.

L’opérateur va parallèlement engager une réduction de ses coûts, qui passera par une réduction de ses effectifs. Cette première estimation des dédommagements concerne 50.000 ménages qui vivaient dans la zone interdite, dans un rayon de 20 km autour des réacteurs de Fukushima-Daiichi, ou dans le périmètre de sécurité établi entre 20 et 30 km de la centrale, où les habitants ont pour consigne de rester calfeutrés chez eux.


Poursuite du pompage des eaux radioactives infiltrées dans les installations

Xinhua, jeudi 14 avril à 19 h 40.

La compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), l’exploitant de la centrale de Fukushima Daiichi (n°1), a continué jeudi à pomper l’eau hautement radioactive infiltrée dans les installations, tandis que le niveau des eaux contaminées dans la fosse souterraine a de nouveau tendance à grimper.
Ces deux derniers jours, Tepco a évacué 660 tonnes d’eau hautement radioactive de l’une des fosses vers un "condenseur" situé à l’intérieur du bâtiment abritant les turbines du réacteur n°2. Ce condenseur est capable de contenir 3 000 tonnes de liquide.

Cependant, l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle du Japon a déclaré que le niveau d’eau dans la partie verticale de la fosse était 3,5 centimètres plus élevé jeudi à 07h00 (heure locale) que le niveau enregistré mercredi à 06h00 (heure locale), selon l’agence de presse Kyodo.

La poursuite des opérations d’injection d’eau dans le réacteur n°2 est vraisemblablement à l’origine de cette élévation du niveau des eaux, a-t-il précisé.

De l’eau radioactive a été découverte dans les parties basses des bâtiments abritant les turbines des réacteurs n°1 et n°3 et dans les fosses reliées à ces réacteurs. La quantité totale d’eau serait de l’ordre de 60 000 tonnes.

L’évacuation des eaux vers des réservoirs proches et vers d’autres endroits de stockage est considérée comme vitale pour rétablir les fonctions des systèmes de refroidissement dans les réacteurs.


Les "liquidateurs" ont un sérieux problème

TF1 avec agences, jeudi 14 avril à 07 h 11.

Après avoir longtemps classé l’accident de Fukushima Daiichi au niveau 5 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES), soit deux crans en-dessous de la catastrophe de Tchernobyl, les autorités japonaises ont accepté mardi 12 avril de le relever au niveau maximum, c’est-à-dire au niveau 7, reconnaissant implicitement que le cas de la centrale japonaise figure parmi les plus graves jamais enregistrés. Cela signifie surtout qu’un "rejet majeur de matières radioactives" s’est produit avec "des effets considérables sur la santé et l’environnement".

Parmi ces rejets, il faut compter l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs en surchauffe, qui s’est en partie accumulée dans le sol, et qui a en partie ruisselé jusqu’au Pacifique tout proche. Dans les premiers jours suivant le séisme et le tsunami, lorsque les techniciens ont été confrontés au problème d’un circuit de refroidissement devenu inutilisable et de barres de combustible en surchauffe, avec même un début de fusion, faisant craindre des fuites massives de matériaux fortement irradiés hors de l’enceinte de confinement du réacteur, la stratégie initiale a consisté à déverser de l’eau sur les réacteurs endommagés. Résultat : quelque 60.000 tonnes d’eau radioactive saturent aujourd’hui le site, compliquant l’accès aux réacteurs et posant la question de leur vidange.

Secousses à répétition

Cette eau devenue radioactive lors de ces tentatives de refroidissement est depuis devenue un problème à part entière. Les autorités japonaises ont ainsi reconnu jeudi 14 avril qu’il pourrait être nécessaire de trouver d’autres moyens de refroidir le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. "Il pourrait être difficile de vidanger entièrement l’eau contaminée et par conséquent d’autoriser la poursuite du travail. Nous pourrions avoir à réfléchir à d’autres options", a déclaré Hidehiko Nishiyama, directeur général adjoint de l’Agence nationale de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa). Mais rien n’a été dit jusqu’à présent sur ces "autres options".

Compliquant un peu plus le travail des techniciens, les secousses n’ont pas cessé depuis le séisme du 11 mars. Aucune jusqu’à présent n’a sérieusement aggravé la situation de la centrale de Fukushima Daiichi. Mais plus de 400 répliques de magnitude 5 et plus ont été enregistrées depuis le 11 mars. La dernière en date s’est produite tôt jeudi matin 14 avril au large des côtes du nord-est du Japon, et elle a atteint la magnitude de 6,1, selon l’institut de géophysique américain. Ce nouveau séisme a été enregistré à 5h57, heure locale, à une profondeur de seulement 11,2 kilomètres, à 190 kilomètres à l’est de Morioka, sur l’île de Honshu. Or selon les experts, les bâtiments de la centrale, déjà fragilisés, pourraient subir de nouveaux dégâts en cas de fortes secousses répétées.

Suicide d’un centenaire près de Fukushima

Un Japonais de 102 ans, qui craignait de devoir abandonner sa maison située dans un village à 40 km de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi, s’est suicidé, a annoncé jeudi sa famille à l’agence de presse Jiji. L’homme, qui a mis fin à ses jours mardi, était le doyen du village d’Iitate. En raison des risques liés aux radiations, la population a été évacuée dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale sinistrée à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars. Lundi dernier, le gouvernement japonais a annoncé qu’il serait peut-être nécessaire d’étendre cette zone dans les semaines qui viennent et a demandé aux 5000 habitants d’Iitate de se préparer à partir.


Nouvelle réplique sismique dans le nord-est du Japon

lemonde.fr avec Reuters, mercredi 13 avril à 07 h 42.

Un nouveau tremblement de terre, de magnitude 5,8, a secoué, mercredi 13 avril, le nord-est du Japon et fait trembler des bâtiments à Tokyo. Selon l’Agence japonaise de météorologie, son épicentre était situé dans la préfecture de Fukushima, durement touchée par le catastrophique tremblement de terre du 11 mars.

Des centaines de secousses ont été enregistrées au Japon depuis ce séisme de magnitude 9, suivi d’un tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon, faisant vingt-huit mille morts et disparus et provoquant un accident nucléaire à la centrale de Fukushima Dai-Ichi. Tepco, l’opérateur de la centrale, a indiqué que cette nouvelle réplique n’avait pas entraîné l’évacuation de ses équipes ni interrompu leur travail pour tenter de reprendre la maîtrise de la situation.

UN COÛT ÉCONOMIQUE DE PLUS EN PLUS LOURD

La direction de Tepco n’a pas encore déterminé la facture de l’accident en cours à la centrale de Fukushima. Mais selon une estimation diffusée fin mars par Bank of America-Merrill Lynch, Tepco pourrait faire face à plus de 130 milliards de dollars de demandes d’indemnisation. La responsabilité financière de l’opérateur de la centrale pourrait être plafonnée et les autres acteurs du secteur nucléaire mis à contribution, rapportait mercredi le quotidien Yomiuri, citant un plan actuellement à l’étude, dans lequel la responsabilité de Tepco serait plafonnée entre 2 000 et 3 800 milliards de yens (entre 24 et 45 milliards de dollars).

Le plan en appellerait parallèlement à la solidarité des autres entreprises du secteur de l’électricité atomique, qui participeraient à un fonds d’aide mutuelle. Ce fonds serait doté de 2 700 milliards de yens (32 milliards de dollars) et abondé par les entreprises du secteur en proportion de leur nombre de réacteurs nucléaires.


Japon : l’accident de Fukushima classé au niveau 7

Maxiscience, mardi 12 avril à 09 h 00.

Ce matin 12 avril, l’Agence japonaise de sûreté nucléaire a annoncé qu’elle classait désormais au niveau maximum l’accident nucléaire survenu à la centrale de Fukushima suite au séisme du 11 mars dernier.

Près d’un mois après que le désastreux séisme ait frappé l’archipel du Japon, les autorités japonaises ont décidé de relever le niveau de l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima. Aujourd’hui, la situation a donc atteint le niveau 7 soit le niveau maximum sur l’échelle des évènements nucléaires et radiologiques (INES), élevant ainsi la catastrophe japonaise au même degré de gravité que celle de Tchernobyl en 1986.

Les mesures sur la radioactivité échappée de la centrale de Fukushima "montrent des niveaux équivalents au niveau 7" a indiqué un responsable de l’Agence. Et c’est en particulier "sur la base des mesures d’iode et de césium relevés dans l’environnement" que les autorités ont décidé de rehausser le niveau de l’accident. Sur l’échelle, le niveau 7 correspond à des "rejets majeurs de matières radioactives" avec "des effets considérables sur la santé et l’environnement".

Pourtant, les experts ont tenu à préciser que le niveau des émissions radioactives n’équivalait pas celui produit lors de l’accident de la centrale ukrainienne. En effet, les émissions radioactives enregistrées depuis environ un mois ne représenteraient que 10% de celles émises en 1986. De plus, lors de la catastrophe de Tchernobyl, s’était produite une explosion qui avait éjecté à des kilomètres de hauteur de grandes quantités de particules radioactives ensuite dispersées par le vent sur un grand périmètre autour du site de la centrale. "Nous n’avons pas déploré les mêmes irradiations de personnes. Il y a eu des rejets à Fukushima de vapeurs et de fumées, mais pas de même ampleur ni de même nature qu’à Tchernobyl ", a précisé un porte-parole de l’Agence. Si les autorités continuent de surveiller la situation, elles ont néanmoins indiqué que le niveau 7 était pour l’instant provisoire et que la décision définitive reviendrait à un comité d’experts internationaux.

Deux nouvelles secousses

Cette nuit [de lundi 11 à mardi 12, heure européenne], deux nouvelles répliques de magnitude 6,4 et 6,3 ont secoué le Japon, a annoncé l’Agence de météorologie japonaise. La première survenue à 8H08 heure locale s’est déclenchée au large de Chiba, à l’est de Tokyo mais n’a conduit à aucune alerte au tsunami. La deuxième s’est produite à 14h07 heure locale dans la préfecture de Fukushima déjà frappée hier par une secousse. Si les autorités n’ont fait état d’aucun dégât supplémentaire dans la centrale, les employés ont été évacués ce matin par précaution.


Le gouvernement japonais demande l’évacuation de cinq nouvelles villes

Associated Press, lundi 11 avril à 17 h 00.

TOKYO — Un mois après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays, le gouvernement japonais a demandé aux habitants de cinq nouvelles villes d’évacuer la région de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. Le long de la côte, des hommages ont été rendus aux victimes de la double catastrophe, alors qu’une nouvelle réplique de magnitude 7 était enregistrée.

Une alerte au tsunami pouvant atteindre un mètre a été émise. Elle a été levée environ une heure plus tard. La dernière réplique a fait trembler les bâtiments et a contraint l’aéroport international de Tokyo à brièvement fermer ses pistes. Son épicentre a été enregistré à environ 160 kilomètres au nord de Tokyo, selon l’agence météorologique japonaise. L’US Geological Survey a fait état d’une magnitude 6,6.

Une zone d’évacuation a déjà été établie dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale. Les autorités avaient également recommandé aux habitants dans un rayon de 30 kilomètres de partir ou de rester confinés.

Le secrétaire général du gouvernement Yukio Edano a précisé lundi que les habitants de cinq autres villes, dont certaines sont à plus de 30 kilomètres de la centrale, avaient été exhortés à quitter leur habitation d’ici un mois.

Il a expliqué que ce n’était pas une urgence, mais que d’importants niveaux de radioactivité avaient été enregistrés à certains endroits. Le gouvernement s’inquiète des risques à long terme pour la santé de cette exposition.

Le séisme et le tsunami ont probablement tué jusqu’à 25 000 personnes, mais de nombreux corps ont été emportés par les eaux, tandis que d’autres sont encore ensevelis sous les décombres, un mois tout juste après le drame.

Des sirènes ont retenti lors des cérémonies organisées à 14h46, à l’heure où le séisme, de magnitude 9, avait été enregistré le 11 mars dernier. Dans la ville côtière de Natori, dévastée par le tsunami, une trentaine de pompiers et soldats ont joint leurs mains au sommet d’une colline transformée en mémorial pour les victimes. Plus tôt, quatre moines avaient fait sonner une cloche en priant pour les défunts.

Le séisme et le tsunami ont rayé de la carte de nombreuses localités le long des côtes du nord-est du Japon, entraînant 310 milliards $ US de dégâts, selon les estimations du gouvernement. Plus de 158 000 personnes sont toujours privées de courant, et 210 000 n’ont pas l’eau courante. Dans certains cas, depuis la réplique de magnitude 7,1 de la semaine dernière.

« Nous présentons nos plus profondes condoléances à ceux qui ont perdu leurs proches », a déclaré lundi Yukio Edano lors d’un bref point-presse, affirmant que le gouvernement ferait tout son possible pour aider les survivants et mettre fin à la crise nucléaire.

La centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi a en effet été fortement endommagée par le tsunami. Entre 70 000 et 80 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer la zone.

« Nous n’avons aucun projet pour l’avenir. Nous ne pouvons même pas commencer à y réfléchir parce que nous ne savons pas combien de temps cela va durer, ni combien de temps nous devrons rester dans ces refuges », confie Atsushi Yanai, un ouvrier du bâtiment âgé de 55 ans. Le tsunami a épargné sa maison, mais il doit vivre dans un refuge à cause de la zone d’exclusion autour de la centrale.

Un responsable de la sûreté nucléaire, Hidehiko Nishiyama, a présenté ses excuses pour les problèmes causés par les fuites de radioactivité à la centrale, où les systèmes de refroidissement n’ont toujours pas été rétablis. Des éléments radioactifs fuient dans l’océan et les terres, suscitant des inquiétudes sur la comestibilité des aliments, notamment les poissons, les légumes et le lait.

« Il est difficile de donner un calendrier concernant la résolution du problème », a reconnu M. Nishiyama lundi. « Nous sommes vraiment désolés pour les évacués » qui attendent que ce soit réglé.

Alors que les employés de Fukushima Dai-ichi tentent de retirer l’eau contaminée qui les empêche de rétablir les systèmes de refroidissement, les recherches se poursuivent le long des côtes pour tenter de retrouver des corps. Plus de 14 000 personnes sont toujours portées disparues. Dimanche, les troupes japonaises et américaines sont parvenues à retrouver 103 corps. Treize mille décès ont pour l’heure été confirmés.

Le gouvernement japonais a marqué ce premier mois lundi en publiant dans les journaux étrangers une lettre du premier ministre Naoto Kan remerciant les populations du monde entier pour leur soutien après le tsunami. Il a qualifié ce soutien de « kizuna », le lien de l’amitié.


Le Japon envisage d’élargir la zone d’exclusion à Fukushima

(Reuters) via lexpress.fr, lundi 11 avril à 07 h43.

Les autorités japonaises envisagent d’élargir la zone d’exclusion autour de la centrale nucléaire de Fukushima en raison de niveaux élevés de radioactivité, écrivent lundi des journaux nippons, un mois jour pour jour après le séisme et le tsunami ayant endommagé le site.

Les ingénieurs qui s’emploient à éviter une catastrophe de grande ampleur ont déclaré dimanche 10 avril qu’ils n’avaient pas progressé dans leurs tentatives de remise en état de marche des systèmes de refroidissement de la centrale, une étape indispensable pour la maîtrise des six réacteurs.
Ils espèrent cesser lundi, avec plusieurs jours de retard, de reverser dans l’océan Pacifique l’eau de mer utilisée pour refroidir les réacteurs et désormais contaminée.

Critiqué aussi bien par sa propre population que par des pays étrangers, notamment la Chine et la Corée du Sud, le gouvernement japonais se prépare à élargir la zone d’exclusion autour de la centrale, actuellement d’un rayon de 20 km, écrit le journal Asahi. Le gouvernement a jusqu’à présent résisté aux appels en ce sens de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), alors que des pays comme les Etats-Unis et l’Australie ont invité leurs ressortissants à ne pas s’approcher à moins de 80 km du site.

D’après le journal Asahi, le rayon de la zone d’exclusion va être porté à 30 km en certains endroits, en fonction de la direction des vents, et les habitants vont avoir une semaine pour se préparer à partir.

Le Japan Times affirme que les autorités vont bientôt complètement boucler la zone d’exclusion pour empêcher les habitants de venir rechercher des éléments personnels à leur domicile.

Le gouverneur de Fukushima, Yuhei Sato, a critiqué cette politique d’évacuation. Il a rappelé que les riverains habitant à une distance comprise entre 20 et 30 km avaient initialement reçu pour consigne de rester cloîtrés chez eux avant d’être incités à partir sur une base volontaire. "Les habitants de la zone située entre 20 et 30 km ont été complètement perdus sur ce qu’il fallait faire", a-t-il dit dimanche à la télévision NHK. D’après les médias japonais, Yuhei Sato refusera de rencontrer le président de Tokyo Electric Power (Tepco), l’exploitant de la centrale, lorsque ce dernier se rendra dans la région lundi.

Tepco peine à reprendre le contrôle du site de Fukushima. Elle injecte de l’azote dans les réacteurs, dont certains ont subi une fusion partielle, pour éviter une trop forte concentration d’hydrogène susceptible de provoquer des explosions qui libéreraient des particules radioactives.

Le déversement d’eau dans les réacteurs a en outre entravé les efforts visant à remettre en état de fonctionnement le système de refroidissement de la centrale, pourtant indispensable. "Nous ne pouvons pas dire quelle sera la prochaine étape", a admis dimanche Hidehiko Nishiyama, directeur général adjoint de l’agence japonaise de sûreté nucléaire (Nisa).


Japon : les zones contaminées à Fukushima cartographiées

Par Yves Miserey

lefigaro.fr, vendredi 8 avril à 21 h 18

Aux abords immédiats de la centrale, une personne reçoit en 10 heures la limite annuelle de radiations autorisée en France

Aux abords immédiats de la centrale, une personne reçoit en 10 heures la limite annuelle de radiations autorisée en France. Cette carte ne permet pas encore de définir les zones qui seront interdites à l’avenir.

La première cartographie des zones contaminées par l’accident de la centrale de Fukushima donne une image des dépôts radioactifs au sol pour la période comprise entre le 30 mars et le 3 avril. « Pour la première fois, on a une vision globale. C’est un document exceptionnel », assure Bruno Cessac, responsable du groupe chargé d’analyser les conséquences radiologiques de Fukushima au sein de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).

Sans surprise, la zone la plus contaminée est celle qui se trouve autour de la centrale. La radioactivité y est supérieure à 12,5 millirems par heure (12,5 mR/h), le rem étant l’unité de dose radioactive utilisée aux États-Unis. Cela équivaut à 125 microsieverts par heure (125 µSv/h). « Les personnes stationnant dix heures dans cette zone reçoivent la dose limite à laquelle le public peut être exposé en une année en France », poursuit Bruno Cessac.

Dans la zone en vert, le niveau de radioactivité est moins élevé (2,5 µSv/h) mais pas négligeable. « Les personnes vivant dans cette zone reçoivent la dose limite annuelle de radioactivité en seulement 16,5 jours », souligne Jean-Christophe Gariel, de l’IRSN. Seule la zone en bleu peut être considérée comme faiblement contaminée. Le panache orangé et vert est orienté au nord-ouest. Ce marquage très prononcé est dû aux pluies et à la neige qui sont tombées sur cette région au moment où les rejets radioactifs provenant des réacteurs accidentés étaient les plus importants.

Des premiers éléments pour gérer l’après-catastrophe

La carte donne les premiers éléments qui permettront de gérer la phase post-accidentelle. Mais elle ne permet pas d’affirmer déjà quelle zone sera interdite à la population. « Il faut calculer la décroissance radioactive des dépôts mais, pour cela, il faut connaître précisément les radionucléides concernés (iode, césium…) », explique Jean-Christophe Gariel. Le zonage s’effectue en prenant en compte plusieurs autres paramètres, comme les habitudes de vie des populations.

Ce sont le département américain de l’Énergie (DOE) et l’Administration américaine de la sécurité nucléaire (NNSA) qui ont dressé cette carte. Ils s’appuient sur des mesures de radioactivité effectuées sur le terrain et par des hélicoptères équipés d’appareils de spectrogammamétrie comme ceux du système Helinuc, dont est dotée la France. « Le DOE doit avoir un contrat avec l’Agence japonaise de sûreté nucléaire (Nisa) », suppute Bruno Cessac. L’armée américaine coopère avec les Japonais et des experts américains ont été missionnés sur place.

Le séisme de magnitude 7,1 qui s’est produit jeudi soir dans le nord-est du Japon n’a heureusement causé aucun dégât sur les centrales de Fukushima et d’Onagawa.


Inquiétude à la centrale nucléaire d’Oganawa

france2.fr, vendredi 8 avril à 08 h 51.

Le nord-est du Japon a été de nouveau été frappé jeudi soir 7 avril par un séisme de magnitude 7,1, qui a tué 4 personnes. La réplique, la plus forte depuis le dramatique séisme et le tsunami qui ont fait plus de 27.000 morts le 11 mars, a été ressentie jusqu’à Tokyo.

A la centrale nucléaire d’Onagawa, de l’eau s’échappe notamment des piscines de refroidissement des barres de combustible usagé dans les réacteurs 1 et 2 de la centrale. La baisse du niveau d’eau dans ces piscines de refroidissement inquiètent dans la mesure où si elles ne sont pas suffisamment immergées, les barres de combustible usagé provoquent des rejets radioactifs dans l’atmosphère.

De l’eau a aussi été découverte sur le sol à plusieurs étages des bâtiments des autres unités, mais à chaque fois en très petite quantité. La radioactivité de cette eau est dans tous les cas très basse comparée à la limite légale, affirme l’opérateur Tohoku Electric Power. La centrale d’Onagawa est arrêtée depuis le 11 mars. Toutefois, le combustible qu’elle contient doit être en permanence refroidi.

Située une bonne centaine de kilomètres au sud d’Onagawa , la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, fortement endommagée le 11 mars, n’a pas subi de nouveaux dégâts du fait de la réplique de jeudi, selon l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco). L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) a confirmé que les niveaux de radioactivité n’avaient pas changé sur le site de Fukushima après cette nouvelle réplique.

En revanche, plus de trois millions de foyers du nord étaient encore privés d’électricité vendredi matin, notamment en raison de l’arrêt de centrales thermiques qui devraient être remises en exploitation dans la journée de vendredi. Les autorités nippones ont mis en place une zone d’exclusion dans un rayon de 20 km autour de cette centrale et plus de 70.000 personnes ont dû être évacuées.


Césium radioactif détecté dans 17 régions de la partie continentale de Chine

Le Quotidien du peuple, jeudi 7 avril à 07 h 52.

Des traces d’isotope césium radioactif 137 et 134 ont été détectées mardi dans l’air de 17 des 31 régions de niveau provincial de la partie continentale de Chine. De faibles niveaux de césium avaient été relevés lundi dans seulement 13 régions.

Le césium 137 et 134 a été détecté mardi 5 avril à Beijing, Shanghai, Tianjin, Chongqing, au Hebei, Shanxi, en Mongolie intérieure, au Jilin, Jiangsu, Zhejiang, dans l’Anhui, au Jiangxi, Shandong, Henan, Hubei, Hunan et au Ningxia.

Un "extrêmement faible niveau" d’iode 131 radioactif a été détecté dans l’air de toutes les régions de niveau provincial, excepté le Guangxi et le Guizhou.

Le niveau de césium 137 et 134 est inférieur à celui d’iode 131.

Ces faibles niveaux ne menacent pas la santé publique ni l’environnement, a fait savoir un communiqué officiel, basé sur un relevé quotidien publié mardi par le Comité national de la coordination d’urgence nucléaire de Chine.

Les aliments et l’eau potable ont été testés pour la contamination et ont été déclarés sans danger, a-t-on appris du communiqué.

Les particules se sont probablement propagées dans l’air depuis la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon, endommagée par le séisme.

Selon le communiqué, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures de protection.

Ces conclusions sont basées sur les résultats de surveillance et les analyses du Centre météorologique régional affilié à l’Organisation météorologique mondiale, à l’Agence internationale de l’énergie atomique, à l’Administration d’Etat de l’Océan, au ministère de la Protection de l’environnement et au ministère de la Santé.

De faibles niveaux d’iode 131 ont été détectés pour la première fois le 26 mars dans la province du Heilongjiang (nord-est).


Fukushima : de l’azote pour éviter une explosion

france2.fr, jeudi 7 avril à 08 h 41.

Les techniciens japonais ont commencé à injecter de l’azote dans le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima. Ils tentent d’éviter une explosion d’hydrogène et prévenir une aggravation de la catastrophe nucléaire en cours. L’opération a été lancée mercredi soir plusieurs heures après le colmatage d’une fuite d’eau radioactive qui s’échappait du réacteur 2 voisin.

"Les travailleurs ont commencé à injecter de l’azote gazeux à 01h31 (16h31 GMT mercredi). Depuis, le niveau de la pression a augmenté et ils ont confirmé que le gaz avait bien pénétré dans le réacteur", a indiqué un porte-parole de Tepco, le propriétaire et exploitant de la centrale japonaise.

Les deux premières explosions survenues les 12 et 14 mars dans les réacteurs 1 et 3 avaient été provoquées par le contact de l’oxygène avec de l’hydrogène accumulé en grande quantité.

Selon Tepco, l’enveloppe extérieure de la cuve du réacteur 1 pourrait avoir été endommagée. "Si nous continuons à refroidir les réacteurs avec de l’eau, la fuite d’hydrogène en provenance de la cuve du réacteur pourrait s’accumuler et atteindre un niveau proche de l’explosion", a-t-il ajouté.

La fuite d’eau radioactive colmatée

La fuite radioactive du réacteur 2 a été colmatée mais Tepco est obligé de déverser dans l’océan Pacifique une partie de l’eau radioactive qui sert à refroidir le coeur des réacteurs, aggravant le risque d’une pollution de la chaîne alimentaire marine.

L’Autorité française de sureté nucléaire affirme ne pas avoir d’informations sur l’eau contaminée de la centrale. "Comment récupérer cette eau contaminée, nous n’avons pas de visibilité là-dessus", a indiqué un responsable de l’ASN.

Un volume important d’eau très contaminée, provenant du réacteur 2, s’échappait jour et nuit de cette fosse, à un rythme estimé à sept tonnes par heure. Cette fuite était à l’origine d’une élévation importante du taux d’iode radioactif 131 dans les prélèvements d’eau de mer, à proximité de la centrale.

Le risque de contamination de l’environnement marin n’est pas pour autant écarté, soulignent les experts. Ils craignent que la chaîne alimentaire marine ne soit contaminée en amont, à travers le plancton qui est consommé par les poissons.

Les opérations de rejet en mer de 11.500 tonnes d’eau faiblement radioactive, selon Tepco, se sont poursuivies mercredi, pour la troisième journée consécutive, en face de la centrale et à 250 kilomètres seulement de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d’habitants. L’évacuation de cette eau dans l’océan, où les radioéléments sont censés se diluer, est nécessaire afin de libérer des cuves de stockage destinées à être remplies d’eau hautement radioactive qui s’est accumulée dans les installations et les galeries techniques des réacteurs 2 et 3.


Un bon Dossier sur la catastrophe de Fukushima sur la Radio suisse romande, consulté jeudi 7 avril à 11 h 00.

Et beaucoup de cartes et d’images intéressantes sur Cartoradiations, consulté jeudi 7 avril à 10 h 30.


Une vidéo étonnante

Reçu mercredi 6 avril à 17 h 00.

Cette vidéo diffusée sur les télés japonaises explique aux enfants de l’archipel que l’accident nucléaire est comparable à un problème de "caca". Durée : 4’34"


Plus de fuite radioactive à la centrale de Fukushima, dit Tepco

Reuters, mercredi 6 avril à 07 h 35.

L’eau contaminée qui s’échappait du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fukushima, endommagée par le séisme du 11 mars, ne s’écoule plus, a annoncé mercredi Tokyo Electric Power Co (Tepco).

"Les fuites ont diminué hier lorsque nous avons injecté un mélange de verre liquide et de durcissant et elles ont désormais cessé", a déclaré un porte-parole de la compagnie qui exploite centrale, interrogé par Reuters.
Faute de place, Tepco reste toutefois dans l’obligation de déverser dans l’océan Pacifique une partie de l’eau radioactive utilisée pour refroidir le coeur des réacteurs et empêcher une aggravation de la situation.

Un premier "délestage" de 11.500 tonnes sur les 60.000 stockées sur le site est en cours et l’opération devrait se poursuivre jusqu’à vendredi. Elle n’aura pas de conséquences sanitaires pour les populations, a assuré Hidehiko Nishiyama, directeur adjoint de l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle.

Le gouvernement envisage néanmoins de contrôler plus étroitement la vente des produits de la pêche après la découverte de poissons contaminés.

L’Inde est par ailleurs devenue le premier pays à interdire totalement l’importation de produits alimentaires en provenance du Japon.
Tepco a par ailleurs commencé à verser des dédommagements à des municipalités pour venir en aide aux personnes évacuées ou qui ont été touchées par des émissions radioactives.

L’opérateur doit faire face à une immense facture pour réparer les dégâts créés par ses réacteurs endommagés par le tremblement de terre et le tsunami qui ont ravagé le nord-est du Japon le 11 mars dernier.
"Nous continuons à négocier les montants que nous assumerons et dans quelle proportion nous aurons l’assistance du gouvernement", a déclaré le vice-président de Tepco Takashi Fujimotohe lors d’une conférence de presse.
Selon lui, la société nippone a offert 20 millions de yen (167.000 euros) de dédommagement à chaque ville située dans les environs de la centrale.

Un autre dirigeant de Tepco a indiqué que l’opérateur avait offert cette somme à dix villes mais que l’une d’entre elles l’avait refusée.
L’action de l’entreprise a perdu plus de 80% de sa valeur depuis le début de la crise.

La catastrophe, qui a plongé le Japon dans une crise sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, a fait 28.000 morts et disparus.


Fukushima : aide demandée à la Russie

Reuters, mardi 5 avril à 06 h 45.

Le Japon a demandé à la Russie l’envoi d’une usine flottante utilisée pour le démantèlement des sous-marins nucléaires qui permettrait de solidifier l’eau contaminée provenant de la centrale de Fukushima-Daiichi, endommagé par le séisme du 11 mars, rapporte mardi l’agence de presse Interfax.

Tepco, l’exploitant de la centrale, a été contraint de rejeter une partie de cette eau dans l’océan Pacifique et s’emploie toujours à colmater une fuite radioactive par tous les moyens, même les plus dérisoires.

Selon un conseiller du premier ministre Naoto Kan, plusieurs mois pourraient être nécessaires pour y parvenir et peut-être encore davantage pour reprendre le contrôle du site.

Après avoir sollicité l’aide de la France et des Etats-Unis, Tokyo s’est donc résolu à demander à Moscou de dépêcher la plate-forme "Sourouzane", l’une des usines de retraitement de déchets radioactifs liquides les plus importantes au monde.

Actuellement en service près de Vladivostok, elle permet de solidifier 35 m3 de liquide contaminé par jour.

L’exploitant de Fukushima a par ailleurs l’intention de déployer un vaste filet dans l’océan pour empêcher la vase contaminée de dériver vers le large, mais cette manoeuvre pourrait prendre plusieurs jours.


Fukushima : les tentatives de colmatage se poursuivent

Le Télégramme, lundi 4 avril à 10 h 00.

9H30.
L’opérateur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, Tepco, va rejeter dans la mer 11.500 tonnes d’eau radioactive qui s’est accumulée dans les installations accidentées, a annoncé lundi l’agence de presse Jiji.
Lire à ce propos : L’eau radioactive rejetée en mer, quels effets écologiques ?

7H00. Des partis allemands et autrichiens réclament un référendum européen
Les sociaux-démocrates allemands (SPD), dans l’opposition, et autrichiens (SPÖ), au pouvoir, se sont mis d’accord soir à Vienne pour promouvoir un référendum dans l’Union européenne sur l’abandon du nucléaire.
Lire les précisions : Un référendum européen sur le nucléaire !

DIMANCHEAVRIL

Près de trois semaines après le tsunami géant qui a ravagé le nord-est du Japon, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima, Tepco, tentait, hier, de colmater une brèche de 20 cm découverte dans une fosse reliée au réacteur n°2, pour mettre fin à l’écoulement, dans l’océan Pacifique, d’eau radioactive. Après l’échec d’une première tentative de colmatage à l’aide de ciment, des ouvriers ont utilisé, hier, un mélange de polymères, de papier journal et de sciure pour boucher une canalisation par laquelle s’infiltre l’eau contaminée venant du réacteur. « Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’indication claire que le volume d’eau s’échappant dans l’océan ait diminué », a toutefois déclaré, hier soir, le porte-parole de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire, Hidehiko Nishiyama.

Deux barges américaines attendues

Une plateforme flottante en acier de 136 mètres de long et 46mètres de large devrait arriver dans les prochains jours en face du site de Fukushima. Ses réservoirs d’une capacité de 10.000 tonnes pourraient servir à évacuer l’eau contaminée de la centrale. Deux barges de la marine américaine ont également acheminé de l’eau douce, qui est en cours de transvasement dans des cuves utilisées pour le refroidissement des réacteurs et des piscines de combustible usé.

Par ailleurs, les employés de Tepco doivent à tout prix rétablir l’alimentation électrique afin de faire fonctionner les circuits de refroidissement des quatre réacteurs endommagés sur les six que comporte le site. Mais les progrès sont lents, car d’énormes quantités d’eau utilisées pour le « lessivage » des barres de combustible les jours suivant la catastrophe ont inondé les salles des turbines et les galeries souterraines, empêchant toute intervention humaine.


Fuite à Fukushima : nouvelle tentative de colmatage

lefigaro.fr, dimanche 3 avril à 18 h 42.

Les ouvriers à la centrale nucléaire accidentée de Fukushima tentaient toujours dimanche de colmater une fuite d’eau contaminée dans l’océan Pacifique. En cause : une brèche de 20 cm découverte dans une fosse reliée au réacteur 2. Il faudra sans doute encore « plusieurs mois » pour parvenir à stabiliser la situation, a avoué dimanche Tokyo Electric Power (Tepco), l’opérateur de la centrale. « Nous serons confrontés à un tournant crucial dans les prochains mois, mais ce ne sera pas fini », a ajouté un porte-parole de l’entreprise. Cet accident, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, « va être une longue bataille », a confirmé Goshi Hosono, un conseiller spécial du premier ministre Naoto Kan, lors d’une interview à la télévision Fuji TV.

Parallèlement, les ingénieurs ont essayé une nouvelle technique de colmatage de la cuve de maintenance, après avoir échoué samedi à boucher avec du béton la fuite d’eau fortement radioactive de la centrale en train de s’écouler dans le Pacifique.

Ils ont donc injecté dimanche un mélange de sciure, de papier journal et d’un polymère spécial dans une tuyauterie reliant la cuve au reste du système, espérant colmater la fuite grâce à ce matériau susceptible d’une expansion importante et capable d’absorber d’importantes quantités d’eau. On ne savait pas encore dimanche si la manoeuvre avait réussi.

Une plateforme flottante en acier de 136 mètres de long et 46 mètres de large devrait également arriver dans les prochains jours en face de Fukushima Daiichi. Ses réservoirs d’une capacité de 10.000 tonnes pourraient servir à évacuer l’eau contaminée de la centrale. Deux barges de la marine américaine ont aussi acheminé de l’eau douce, qui est en cours de transvasement dans des cuves utilisées pour le refroidissement des réacteurs et des piscines de combustible usé. Selon le journal Yomiuri Shimbun, 550 tonnes d’eau sont injectées chaque jour dans les réacteurs.

Deux employés de Tepco décédés

L’opérateur a par ailleurs confirmé dimanche la mort de deux jeunes employés de la centrale le jour de la catastrophe. Ces deux salariés, âgés de 21 et 24 ans, étaient portés disparus depuis le séisme. Ils avaient été vus pour la dernière fois dans une des salles de contrôle et seraient partis mener une inspection dans le complexe. Depuis, les radiations, débris et explosions successives dans la centrale avaient ralenti les recherches. Les cadavres n’ont été découverts que mercredi, après le drainage d’une importante quantité d’eau radioactive dans le secteur où l’on pensait qu’ils se trouvaient, et on dû être décontaminés, a précisé un autre porte-parole de TEPCO. L’annonce n’a été faite que dimanche, le temps d’avertir les familles.

Les opérations de recherches, en cours depuis la catastrophe du 11 mars, s’arrêtent officiellement ce dimanche, même si des opérations limitées pourraient se poursuivre. 50 cadavres ont pu être récupérés ces deux derniers jours. En tout 12.000 décès sont confirmés, alors que 15.400 personnes sont toujours portées disparues. Dans le nord-est du pays, des dizaines de milliers de personnes sont sans abri, 200.000 foyers n’ont plus d’eau potable et 170.000 plus de courant.


Fissure sur le réacteur n°2 de Fukushima

FTV, samedi 2 avril à 10 h 45.

La fissure signalée par l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (Tokyo Electric Power (Tepco) pourrait être à l’origine des récentes radioactivités mesurées au large de la côte nord-est du Japon où se trouve la centrale accidentée.

On ignore en revanche si l’eau contaminée provient du réacteur lui-même. De même, l’importance de la fuite - et donc la quantité d’eau radioactive rejetée en mer - reste à déterminer. L’Agence de sûreté nucléaire et industrielle du Japon (Nisa) a indiqué de son côté que l’opérateur de la centrale s’apprêtait à injecter du béton pour colmater la fuite.

La situation dans la centrale de Fukuhima "reste très grave", a estimé vendredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les autorités japonaise peinent à écarter le risque d’une catastrophe nucléaire, alors que se poursuivent des rejets radioactifs. Lesquels font craindre une pollution durable et étendue de l’environnement.

La visite du premier ministre japonais

Naoto Kan s’est rendu samedi pour la première fois samedi dans la région du nord-est du Japon, successivement ravagée depuis le 11 mars par un très violence séisme, un tsunami puis une catastrophe nucléaire. Le bilan officiel provisoire de la catastrophe du 11 mars est de plus de 27.000 morts et disparus, dont 2.300 pour le seul petit port de pêche de Rikuzentakata (préfecture d’Iwate), où M. Kan s’est déplacé samedi par hélicoptère depuis Tokyo.

Cette ville de quelque 24.500 habitants, avant le désastre, et connue pour sa forêt pittoresque et ses belles plages a été quasiment rayée de la carte. Seuls quelques immeubles de béton sont restés debout. A Rikuzentakata, le chef du gouvernement a rencontré des pompiers volontaires et des sinistrés qu’il a promis d’"aider jusqu’au bout". Il est aussi passé par une école maternelle accueillant des rescapés.

M. Kan a annoncé que le gouvernement envisageait de soutenir l’industrie aquacole touchée de plein fouet par le tsunami géant, comme les éleveurs de coquilles Saint-Jacques ou les fermes ostréicoles.

Il s’est ensuite rendu sur un vaste complexe footballistique, situé à une vingtaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi (Fukushima 1) et réquisitionné par les autorités pour servir de base arrière pour les opérations sur la centrale nucléaire. Il y a rencontré des employés de Tepco, des pompiers et des soldats qui luttent pour refroidir quatre des six réacteurs et empêcher une catastrophe nucléaire.
"Je vous remercie pour votre travail formidable. Nous devons à tout prix contenir (toute propagation) et tenir bon jusqu’à ce que nous puissions montrer que notre pays a surmonté le séisme et le tsunami", leur a déclaré le chef du gouvernement, cité par l’agence de presse Jiji.

Le 12 mars, Naoto Kan, déjà très bas dans les sondages avant la catastrophe, avait survolé en hélicoptère la centrale accidentée pour se rendre compte des dommages. Il avait été critiqué par des parlementaires : selon eux, ce survol aurait retardé des opérations d’urgence cruciales. Mardi, Naoto Kan avait défendu l’importance de son voyage en affirmant qu’il n’avait fait prendre aucun retard aux secours.

Après son survol en hélicoptère, le Premier ministre avait annulé une première visite sur place à cause du mauvais temps.


La radioactivité s’étend

Futura Sciences, vendredi 1 avril à 08 h 30

L’eau radioactive s’écoule dans le sol et vers la mer, tandis des radionucléides s’échappent dans l’atmosphère. Les travaux dans la centrale sont toujours aussi complexes, ainsi que la recherche des corps aux alentours dans la zone évacuée. Quant au panache, il se promène et essaime – un peu – d’iode 131 au-dessus de l’Europe...

Dans la centrale de Fukushima, les opérations de refroidissement sont toujours en cours et la situation des réacteurs ne semble pas avoir évolué défavorablement ces derniers jours d’après les informations fournies par l’opérateur Tepco. En revanche, c’est la diffusion de la radioactivité qui commence à inquiéter et à soulever de difficiles problèmes. L’eau abondamment déversée se diffuse dans le sol malgré les pompages effectués, lesquels génèrent des masses liquides à stocker alors qu’on ne sait pas trop où les mettre. Sans doute utilisera-t-on, comme il est envisagé actuellement, un tanker mouillé à proximité de la centrale.

Tout autour des installations, dans la zone déjà évacuée et qui a aussi été dévastée par le tsunami, la radioactivité gêne toujours la recherche des corps. Selon un fonctionnaire de la préfecture de Fukushima, cité par l’agence AP, 18 corps ont été retrouvés mercredi dans cette zone où patrouillent des hommes en combinaison de protection au milieu des décombres radioactifs. Les autorités déconseillent désormais la crémation des victimes, pour éviter d’expédier des éléments radioactifs dans l’atmosphère…

L’eau de la centrale s’écoule aussi vers la mer, comme on l’a vu ces derniers jours, avec une radioactivité évoluant irrégulièrement, apparemment essentiellement due à l’iode 131, dont la demi-vie n’est que de 8 jours, comme le souligne avec insistance Tepco. Les communiqués égrènent les pics successifs, exprimés en quantités d’iode par rapport à la normale : 1.250 fois plus samedi, 1.850 fois dimanche, 3.355 fois mercredi, 4.385 hier soir, à 330 mètres du rivage…

Surveillance obligatoire, même en France

Dans l’atmosphère, cette radioactivité s’étend à l’échelle de l’hémisphère nord et son augmentation est mesurable aux États-Unis et en Europe. En France, le laboratoire de la Criirad (organisme indépendant) a mesuré dans un dépôt d’eau de Valence (Drôme) une activité très faible venue de l’eau de pluie et due là aussi à l’iode 131, et estimée entre 0,3 et 1,1 becquerel/litre (Bq/l). L’échantillon, précise la Criirad, correspond à la pluie tombée tout près de Valence entre le dimanche 27 mars à 10 h 30 et le lundi 28 à 8 h 00. De son côté, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) avait détecté 1,73 Bq/l au Vésinet, près de Paris. Selon la Criirad, on peut estimer qu’avec la quantité cumulée dans les 15 jours à venir, les retombées d’iode 131 « pourraient atteindre plusieurs centaines de Bq/m2 [de sol], voire quelques milliers de Bq/m2 en cas de conditions météorologiques très défavorables ou d’augmentation plus importante que prévue de l’activité de l’air ».

Ces valeurs sont loin de constituer un danger sanitaire mais montrent qu’il est important d’en suivre l’évolution… « Les produits alimentaires sensibles, notamment les légumes à larges surfaces de captage – type épinards, salades, blettes… – devraient présenter des niveaux de contamination très faibles mais mesurables et qui vont progressivement augmenter » conclut la Criirad.


Des centaines de cadavres toujours pas ramassés autour de Fukushima

Le Point.fr, vendredi 1 avril à 06 h 47.

Les autorités craignent une pollution aérienne radioactive lors de la crémation de ces corps exposés à de forts rayonnements post mortem.

Jusqu’à un millier de corps de personnes tuées par le séisme et le tsunami du 11 mars au Japon n’ont pas été ramassés car ils se trouvent dans la zone d’exclusion autour de la centrale de Fukushima, où le niveau des rayonnements ionisants est élevé, a rapporté vendredi la presse. Les autorités avaient dans un premier temps prévu de récupérer et transporter ces cadavres en dehors de cette zone de 20 km de rayon d’où les rescapés ont été évacués. Mais elles ont reconsidéré ce projet, a précisé l’agence Kyodo en citant des sources policières.

Les cadavres ont en effet été "exposés à de forts niveaux de rayonnements post mortem", a indiqué l’une de ces sources, non identifiée. La police locale a donc décidé de ne pas procéder à la collecte des cadavres. Décontaminer ces corps sur place rendrait encore plus difficile leur identification ultérieure. Et les rendre tels quels aux familles causerait des dangers de pollutions aériennes radioactives lors de leur crémation, a précisé Kyodo. Les autorités nippones n’ont pour l’instant fait évacuer qu’un rayon de 20 km autour de la centrale d’où s’échappent des rejets atomiques, conseillant aux habitants situés entre 20 et 30 km de rester cloîtrés chez eux ou de partir.


Une très forte radioactivité détectée sous la centrale de Fukushima

TF1, jeudi 31 mars à 21 h 41.

Les jours passent et les nouvelles en provenance de Fukushima sont toujours aussi alarmantes. De l’iode radioactif 131 a été découvert dans une nappe d’eau située à 15 mètres sous la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré tôt vendredi matin (heure japonaise) l’opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco).

Un échantillon d’eau prélevé mercredi sous le réacteur 1 de la centrale a révélé un taux de 430 becquerels par cm3, a précisé un porte-parole de la société. Il a ajouté que ce niveau était "10.000 fois supérieur" à la norme légale. "Il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’un chiffre élevé", a-t-il souligné, en n’écartant pas toutefois la possibilité que ce taux soit révisé dans la journée de vendredi. De l’iode 131 a également été découvert en grande quantité dans l’eau de mer, à proximité de la centrale Fukushima Daiichi (N°1). Tepco a mesuré jeudi une concentration en iode radioactif 4.385 fois supérieure à la norme légale.

Il s’agit du niveau le plus important depuis le début de l’accident à la centrale de Fukushima, déclenché par un séisme de magnitude 9 et un tsunami qui ont provoqué une défaillance des systèmes de refroidissement des réacteurs. Afin de maintenir le combustible à une température inférieure au point de fusion, des centaines d’ouvriers, pompiers et soldats déversent jour et nuit des milliers de tonnes d’eau sur les réacteurs. Conséquence de ce "lessivage" : d’énormes quantités d’eau contaminée se sont infiltrées dans les galeries souterraines et ont ruisselé jusque dans l’océan Pacifique tout proche.

Sol radioactif à 40 kilomètres de la centrale

Pour autant ce genre de mesures extrêmes n’est pas du genre à inquiéter les autorités. Le gouvernement japonais a exclu jeudi d’élargir dans l’immédiat la zone d’évacuation autour de la centrale accidentée de Fukushima, qui devra être démantelée une fois le danger de catastrophe majeure écarté, a estimé le Premier ministre Naoto Kan. Mercredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a prévenu qu’elle avait mesuré des niveaux de radiations "justifiant une évacuation" à 40 km au nord-ouest de la centrale Fukushima Daiichi (N°1). "Je ne pense pas que ce soit quelque chose de nature à exiger une telle action", a répondu jeudi le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano.

Le taux mesuré dans le sol par l’AIEA dans le village d’Iitate atteignait 2 mégabecquerels par mètre carré, soit le double du niveau à partir duquel l’agence onusienne recommande l’évacuation. Mais l’Agence japonaise de sûreté nucléaire, un organisme officiel, a aussi affirmé que le niveau de radioactivité à Iitate n’imposait pas l’évacuation de milliers de personnes. Les résidents "peuvent être sereins", a déclaré un responsable de l’Agence.

Les autorités nippones n’ont pour l’instant fait évacuer qu’un rayon de 20 km autour de la centrale située dans le nord-est du Japon, conseillant aux habitants situés entre 20 et 30 km de rester cloîtrés chez eux ou de partir.


La centrale de Fukushima sera démantelée

Le Télégramme, jeudi 31 mars à 09 h 23

Alerte maximum à la centrale de Fukushima, où les taux d’iode en mer ne cessent d’augmenter atteignant ce matin un taux 4385 fois supérieur à la norme. Elle sera démantelée, affirme ce matin le Premier ministre japonais. Hier, la Criirad a décelé de l’iode 131 dans les eaux de pluie en France. Mardi 29 mars, la découverte de plutonium dans le sol du site nucléaire avait déjà relancé la crainte d’une catastrophe écologique. Les experts d’Areva arrivés hier au Japon témoignent de la volonté du groupe français d’augmenter encore son soutien technique. A 120 km de Fukushima, une autre centrale atomique inquiète désormais ses riverains...

9H23. Areva prêt à amplifier son soutien à l’opérateur Tepco
Le groupe d’énergie nucléaire français Areva prévoit d’augmenter son soutien technique à la compagnie japonaise Tokyo Electric Power (Tepco), pour stopper la pollution radioactive émanant de la centrale accidentée de Fukushima.

9H20. Le plan en cas d’accident à Fukushima était totalement inadapté
Un téléphone satellitaire et un seul brancard : seuls des accidents de petite ampleur avaient été envisagés à Fukushima selon The Wall Street Journal.

9H03. Nicolas Sarkozy est arrivé à Tokyo
En provenance de Nankin (est de la Chine) où il a ouvert un séminaire du G20 sur la réforme du système économique et monétaire, M. Sarkozy doit rencontrer à l’ambassade de France la communauté française installée au Japon puis s’entretenir avec le Premier ministre japonais, Naoto Kan.

7H30. La centrale de Fukushima sera démantelée
Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, affirme ce matin, lors d’un entretien avec le chef du Parti communiste nippon, que la centrale nucléaire accidentée de Fukushima devait être démantelée.

7H07. Radioactivité : presque toute la Chine touchée,"sans gravité"
Presque tout le vaste territoire chinois enregistre des niveaux de radioactivité "extrêmement faibles" et ne présentant pas de risques sanitaires.

5H34. Fukushima : l’iode radioactif en mer en hausse, 4.385 fois supérieur à la norme
Un taux d’iode radioactif en hausse, 4.385 fois supérieur à la norme légale, a été mesuré dans l’eau de mer prélevée à 300 mètres au sud de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon).
Ce taux d’iode radioactif était 1.250 fois supérieur à la norme samedi, 1.850 fois supérieur dimanche, puis avait chuté en début de semaine avant de nettement rebondir mercredi, à 3.355 fois la norme légale.

5H15. Tokyo n’envisage pas d’élargir dans l’immédiat la zone d’évacuation
Les autorités japonaises ne prévoient pas dans l’immédiat d’élargir le périmètre d’évacuation de 20 km autour de la centrale accidentée de Fukushima.

2H11. "Minuscules" traces d’iode radioactive dans du lait aux Etats-Unis
L’analyse par l’Agence fédérale des médicaments et des produits alimentaires (FDA) et l’Agence de protection de l’environnement (EPA) d’un échantillon de lait prélevé le 25 mars à Spokane dans l’Etat de Washington (nord-ouest) montre de "minuscules" traces d’une radioactivité d’iode 131 plus de 5.000 fois inférieure au niveau qui déclencherait une intervention de la FDA.

MERCREDI 30 MARS

17 h. L’Unsa Education demande à Juppé de suspendre la réouverture du lycée de Tokyo
Inquiète pour ses personnels du lycée franco-japonais de Tokyo, l’Unsa Education a demandé à Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, de "surseoir" à la décision de réouverture de l’établissement, prévue le 4 avril. Car "la situation à Fukushima s’oriente chaque jour un peu plus vers une catastrophe nucléaire majeure, dont les répercussions sur l’environnement et la santé humaine sont porteuses de risques difficilement mesurables aujourd’hui".

15 h 45. De l’iode 131 dans les eaux de pluie en France
"La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a détecté un faible taux d’iode 131 dans l’eau de pluie, dans le sud-est de la France. Un taux, faut-il le préciser, bien en-dessous de celui relevé une semaine après l’accident de Tchernobyl dans notre pays. Toutefois, l’inquiétude demeure quant à l’accumulation de ces doses de radioactivité sur le sol, dans l’eau et dans la chaîne alimentaire". Plus de détails

14 h. Fukushima : la zone d’évacuation insuffisante selon Greenpeace
"La zone d’évacuation de la population autour de la centrale accidentée de Fukushima devrait être rallongée d’au moins 10 km en raison de la radioactivité", a estimé Greenpeace, qui s’attend à une hausse des cancers dans cette région.

13 h 45. Le nucléaire français n’a pas pris en compte le "cumul" des risques naturels
La sécurité des installations nucléaires françaises n’a, jusqu’à présent, pas pris en compte le risque d’un "cumul" de catastrophes naturelles, comme le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, vient d’indiquer l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "A l’évidence, il va falloir qu’on se demande quels retours d’expérience il y a à tirer de ce qui s’est passé au Japon", a indiqué André-Claude Lacoste, président, après avoir présenté au Parlement un rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2010. "Nous ne sommes pas nourris de certitudes tranquilles, d’ailleurs qui peut l’être après ce qui vient de se passer ?".

13 h 30. Un court-circuit sans conséquence à la deuxième centrale de Fukushima
Aujourd’hui, un court-circuit s’est produit dans la salle des machines d’un réacteur de la deuxième centrale de Fukushima, mais sans causer de dégâts, a déclaré l’opérateur du site.

12 h. La radioactivité des bateaux inquiète les ports européens
Un bateau en provenance de Tokyo a été refoulé de Chine, le 21 mars, car il présentait un taux de radioactivité supérieur aux normes. Un exemple qui inquiète les ports européens. Certains, comme celui de Hambourg, exigent que des mesures de précaution soient prises concernant les bâtiments ayant navigué dans les eaux japonaises.

11 h. A 120 km de Fukushima, une autre centrale inquiète
A 120 kilomètres au nord des installations nucléaires en péril de Fukushima, une autre centrale atomique, également frappée par le séisme et le tsunami du 11 mars, inquiète désormais ses riverains, certains envisageant même d’abandonner les lieux. La centrale d’Onagawa, située dans une baie de la péninsule d’Ojika (nord-est du Japon), ne fonctionne plus depuis la double catastrophe, dont elle est sortie avec des dégâts limités et un début d’incendie vite éteint. La société qui l’exploite, Tohoku Electric Power, assure que ses trois réacteurs ne sont pas dangereux. La température du combustible est sous contrôle, insiste-t-elle, et le niveau des rayonnements est "relativement bas".

10 h 20. Nathalie Kosciusko-Morizet au Japon avec le président Sarkozy
La ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui accompagne le président de la République en Asie, restera au Japon de jeudi à samedi pour "recueillir auprès des Japonais leurs besoins".

9 h 30. Le gouvernement ordonne un contrôle de tous les réacteurs nucléaires
Le gouvernement japonais a ordonné ce mercredi un contrôle urgent de tous les réacteurs nucléaires du pays, afin de s’assurer qu’ils ne rencontrent pas un jour les mêmes avaries que celles endurées par la centrale de Fukushima endommagée par le séisme du 11 mars.

8 h 04. Fukushima à la recherche de solutions inédites pour écarter le danger
Pour réduire les émissions radioactives et évacuer des tonnes d’eau contaminée en recouvrant les réacteurs d’une bâche spéciale ou en utilisant les réservoirs d’un tanker, Tepco batit plusieurs scénarios. Des experts d’Areva sont en route pour Tokyo. Des robots résistant aux radiations et capables de recueillir des informations sur les réacteurs dans des endroits où la radioactivité est trop élevée sont également arrivés des Etats-Unis.

5 h 40. Le P-DG de Tepco hospitalisé
Masataka Shimizu, a été hospitalisé hier soir. Il souffre d’une tension artérielle trop élevée. Critiqué par les médias pour son absence depuis de la début de la crise, M. Shimizu est apparu pour la dernière fois en public le 13 mars.

4 h 18. Fukushima : de l’iode radioactif 3.355 fois supérieur à la norme en mer
Un taux d’iode radioactif 3.355 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l’eau de mer prélevée à 300 mètres au sud de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.


20 Minutes, mardi 29 mars à 18 h 16

18h20 : Les travailleurs de la centrale de Fukushima exercent dans des conditions très difficiles : ils ne font que deux repas - légers - par jour et dorment à même le sol, apprend-on. Et leur approvisionnement en eau est limité.

18h00
La présidente d’Areva Anne Lauvergeon ainsi que cinq experts du groupe nucléaire public vont se rendre au Japon pour porter assistance à Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, en proie à une catastrophe majeure, a annoncé une porte-parole d’Areva mardi

16h40 : Une trace infime du panache radioactif émis par la centrale de Fukushima a été relevée pour la première fois en Rhône-Alpes, en Ardèche, mais « pas de quoi affoler les gens », a annoncé mardi la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). « L’échantillon analysé correspond à la pluie tombée à Toulaud, en Ardèche, à 5 km à l’ouest/sud-ouest de Valence, du dimanche 27 mars-10h30 au lundi 28 mars-8h00 » dans un collecteur, a indiqué le laboratoire dans un communiqué.

15h47 : Des traces d’iode radioactif dans l’Extrême-Orient russe
Des traces d’iode radioactif en provenance de la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi ont été détectées dans l’Extrême-Orient russe mais ne pose aucun risque pour la santé, ont annoncé les autorités locales. Ces traces d’iode 131 ont été découvertes lors de mesures effectuées dans l’atmosphère entre samedi et ce mardi. Boris Boulaï, qui dirige les services météorologiques régionaux, précise que « leur concentration est 100 fois inférieure au niveau tolérable et ne présente donc aucun risque pour la santé de la population ». Vladivostok, capitale régionale de l’Extrême-Orient russe, se trouve à 800 km au nord-ouest de Fukushima.

14h36 : La République tchèque poursuivra son développement du nucléaire
Le Premier ministre tchèque, Petr NeÄ as, a affirmé, au cours d’un congrès sur l’énergie à Prague, que la République tchèque remplissait toutes les normes standard de sécurité en matière nucléaire et que l’accident de Fukushima n’empêcherait pas le pays de poursuivre l’agrandissement de la centrale de Temelín. Pour Dana Drábová, directrice de l’Agence tchèque pour la sécurité nucléaire, Fukushima est la deuxième plus importante catastrophe nucléaire de l’histoire, après Tchernobyl, si l’on prend en compte l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Selon elle, le secteur nucléaire doit tirer les leçons de la catastrophe japonaise et renforcer la sécurité qui entoure ce type d’énergie.

14h26 : Tepco savait qu’un tsunami pouvait sinistrer la centrale de Fukushima, mais n’a pas pris en compte ce risque lors de sa conception.
Les concepteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi avaient envisagé qu’un tsunami excède les capacités de résistance du centre de production nucléaire mais Tokyo Power Electric (Tepco) n’a pas retenu ces conclusions soulignées dans un rapport datant de 2007. Les ingénieurs chargés de la sécurité des installations estimaient notamment à 10% la probabilité qu’une vague sismique dépassant les 6 mètres, limite maximale retenue pour la sécurité du site, frappe la centrale sur une période de cinquante ans, précise l’étude qui va accentuer les interrogations sur le comportement de l’opérateur de Fukushima-Daiichi. Sakae Muto, le vice-président de Tepco, a assuré que la prudence avait présidé à la conception de la centrale et ajouté que cette analyse du risque au tsunami ne faisait pas consensus parmi les experts.

13h33 : Fuites hautement probables à Fukushima, selon l’agence nippone de sûreté nucléaire
Les barres de combustible dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima-Daiichi sont endommagées et des fuites sont hautement probables à travers les enceintes de confinement, a déclaré mardi l’agence japonaise de sûreté nucléaire.

13h20 : Les traces de plutonium à Fukushima « du même ordre de grandeur » qu’avant l’accident
Les traces de plutonium relevées sur le site de la centrale japonaise de Fukushima "restent du même ordre de grandeur que les concentrations observées avant l’accident", a estimé l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).

11h18 : Les habitants des environs de la centrale de Fukushima pourront-ils rentrer chez eux un jour ?
Les dizaines de milliers de pêcheurs et d’agriculteurs qui vivaient près de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi commencent à réaliser qu’ils pourraient bien ne jamais rentrer chez eux. Près de trois semaines après le séisme et le tsunami à l’origine de la plus grande catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl, la perspective d’un règlement rapide de la crise semble s’éloigner chaque jour un peu plus. Les autorités japonaises ont fait savoir que les sols autour de la centrale avaient été contaminés au plutonium. Une radioactivité anormale avait auparavant été décelée dans les eaux qui baignent la côte de Fukushima, dans les légumes de la région et même brièvement dans l’eau courante distribuée à Tokyo. Chacune de ces nouvelles a relancé l’angoisse des Japonais, mais c’est au plus près de la centrale, parmi ses 200.000 riverains, que la crainte, teintée d’incrédulité, est la plus vive. « Ces terres leur venaient de leurs ancêtres et leur attachement pour elles est énorme. La première étape est de dire vraiment à ces sinistrés qu’ils ne peuvent pas rentrer, mais les gens n’arrivent pas encore à se rendre à la raison », explique Tomo Honda, membre du conseil municipal de Fukushima, impliqué depuis le premier jour dans les opérations humanitaires. Outre les 28.000 morts et disparus, la catastrophe a entraîné l’évacuation des 70.000 personnes qui vivaient dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Les 130.000 autres établis entre 20 et 30 km ont été invités à quitter les lieux où à ne pas sortir de chez eux. Tokyo s’est jusqu’ici refusé à étendre l’ordre d’évacuation à cette deuxième zone, mais les pressions en ce sens sont de plus en plus intenses et les experts jugent la mesure inévitable.

10h31 : Deux experts nucléaires français envoyés au Japon
Deux spécialistes du nucléaire, l’un d’Areva et l’autre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), ont été envoyés au Japon pour apporter leur expertise concernant la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, a déclaré la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. « Nous avons envoyé deux experts, l’un du CEA et l’autre d’Areva, pour commencer, pour pouvoir partager cette expérience sur le pompage et le traitement de l’eau radioactive à Fukushima », a-t-elle précisé. « A ce stade, les deux personnes qui sont parties sont parties pour produire de l’expertise », a ajouté la ministre.

9h53 : Nicolas Sarkozy va se rendre jeudi au Japon où il rencontrera le Premier ministre Naoto Kan
« Le président de la République se rendra jeudi 31 mars 2011 au Japon afin d’exprimer la solidarité de la France, à titre national et en tant que présidente du G20 et du G8, avec le peuple japonais dans les épreuves qu’il traverse depuis les événements dramatiques du 11 mars », déclare l’Elysée dans un communiqué. Le président français rencontrera à cette occasion le Premier ministre japonais Naoto Kan et des représentants de la communauté française dans l’archipel. Nicolas Sarkozy doit participer jeudi à un séminaire sur la réforme du système monétaire international à Nankin, en Chine.


Tepco demande de l’aide pour maîtriser la centrale de Fukushima

Reuters, lundi 28 mars à 21 h13

TOKYO (Reuters) - L’opérateur de la centrale de Fukushima-Daiichi, Tokyo Electric Power (Tepco), a alimenté les doutes sur sa capacité à reprendre le contrôle de la situation en appelant à l’aide les spécialistes français du nucléaire.

De l’eau hautement radioactive s’échappait lundi du réacteur n°2, du plutonium a été trouvé dans le sol de la centrale et Greenpeace dit avoir mesuré un taux de radioactivité inquiétant à 40 km de la centrale endommagée le 11 mars par un séisme et un tsunami dévastateurs.

Selon le dernier bilan en date, la catastrophe a fait 10.804 morts confirmés et 16.244 disparus. Deux cent cinquante mille personnes vivent toujours dans des centres d’hébergement. Les dégâts pourraient s’élever à 300 milliards de dollars, ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus coûteuse au monde.

Les autorités japonaises semblent se résigner à un long combat pour contenir le plus dangereux accident nucléaire depuis Tchernobyl, en 1986.

En attendant, Tepco a sollicité une aide française. Le ministre français de l’Industrie, Eric Besson, a confirmé que l’opérateur privé nippon avait demandé durant le week-end l’aide d’EDF, d’Areva et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). "La situation est extrêmement critique, extrêmement sérieuse. Je vois bien que l’opérateur Tepco n’a pas réussi depuis huit jours à stabiliser la situation", a dit Eric Besson sur RTL.


EAU RADIOACTIVE

Les incendies, les explosions et les fuites radioactives obligent les techniciens de Fukushima-Daiichi à interrompre régulièrement leur travail.

Une forte hausse de la radioactivité a été décelée dans le réacteur n°2 dimanche. Le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano, l’a expliquée par une fusion partielle des barres de combustibles.

Les dernières mesures montraient une radioactivité 100.000 fois supérieure à la normale dans l’eau accumulée au réacteur n°2.

Une radioactivité de plus de 1.000 millisieverts par heure a été mesurée à la surface de l’eau dans des tunnels sortant du réacteur. Selon l’Agence américaine pour la protection de l’environnement, une telle dose peut provoquer une hémorragie.

Tepco assure que les tunnels ne déversent pas leur contenu dans la mer mais n’exclut pas que cette eau radioactive se répande dans les sols. Selon le gouvernement, l’eau contaminée provient de la condensation de vapeur et non pas d’une fissure dans le réacteur.

Pour l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), "ces analyses, associées aux valeurs de pression mesurées dans les cuves, semblent permettre de conclure à la perte d’étanchéité des cuves 2 et 3 ou de leurs circuits de connexion".

DU PLUTONIUM DANS LE SOL DE LA CENTRALE

Tepco a également annoncé avoir trouvé du plutonium 238, 239 et 240 dans le sol de la centrale, dans des échantillons prélevés la semaine dernière.

Lors d’une conférence de presse organisée lundi vers minuit, le vice-président de Tepco, Sakae Muto, a assuré que ce plutonium, dont la concentration était similaire à ce que l’on peut trouver dans l’environnement naturel, ne présentait pas de danger pour la santé humaine.

Tepco a dit n’avoir pu déterminer l’origine de ce plutonium, bien qu’il semble que deux des cinq échantillons résultent de l’accident à la centrale et non de dépôts provenant de l’atmosphère.

Seul le réacteur n°3 fonctionne avec un combustible nucléaire à base de plutonium et d’uranium appauvri, le Mox. Le plutonium est fortement radioactif et toxique.

L’Agence japonaise de sûreté nucléaire s’est déclarée préoccupée par ces échantillons dont l’activité variait de 0,18 à 0,54 becquerels par kilo.

"Bien que ce niveau ne soit pas dangereux pour la santé humaine, je ne suis pas optimiste. Cela veut dire que le mécanisme de confinement est rompu, de sorte que je pense que la situation est inquiétante", a déclaré Hideko Nishiyama, de l’Agence de sûreté nucléaire, cité par l’agence Jiji.

DES SEMAINES, DES MOIS OU DES ANNÉES

Les experts de Greenpeace disent par ailleurs avoir décelé une radioactivité supérieure à 10 microsieverts par heure dans le village d’Iitate, à 40 km au nord-ouest de la centrale. L’organisation environnementale a demandé l’extension de la zone d’évacuation de 20 km autour de Fukushima-Daiichi.

L’Agence japonaise de sûreté nucléaire a estimé que les mesures de Greenpeace ne pouvaient être considérées comme fiables.

Elle a également pu annoncer une bonne nouvelle : le niveau de radioactivité dans la mer au large de la centrale, qui était 1.850 fois supérieur à la normale dimanche, a fortement baissé.

La situation est considérée comme stabilisée dans deux des six réacteurs de Fukushima-Daiichi, mais elle demeure instable dans les quatre autres, d’où se dégage parfois de la vapeur ou de la fumée.

"Je pense que peut-être, la situation est nettement plus grave que nous ne le pensions", a déclaré un expert, Najmedin Meshkati, de l’université de Californie du Sud. Il faudra sans doute, selon lui, des semaines pour stabiliser la situation, et il sera peut-être nécessaire que l’Onu soit de la partie.

"Cela va bien au-delà de ce qu’un pays peut gérer - cela doit être évoqué par le Conseil de sécurité de l’Onu. À mon humble avis, c’est plus important que la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye", a-t-il estimé.

Sakae Muto a parlé lundi d’une opération incertaine et longue pour empêcher une surchauffe des barres de combustible et leur fonte.

"C’est regrettable, mais nous n’avons pas de calendrier concret nous permettant, actuellement, de dire dans combien de mois ou d’années" la crise sera terminée, a-t-il dit.


Fukushima : Greenpeace classe l’accident au niveau 7, comme Tchernobyl

Louis Morice – Nouvelobs.com, lundi 28 mars à 18 h 53.

Dans son rapport rédigé pour le bureau allemand de l’association Greenpeace, le professeur Helmut Hirsch a classé lundi 28 mars l’accident nucléaire de Fukushima au niveau 7 de l’échelle INES (International nuclear event scale), comme celui de la centrale de Tchernobyl en 1986. S’appuyant sur les données de l’IRSN et de l’institut de météorologie et de géodynamique autrichien (ZAMG) Helmut Hirsch estime que les quantités d’iode et de césium qui se sont échappées de la centrale depuis le 11 mars place la catastrophe au niveau le plus élevé de l’échelle INES, le niveau 7 désignant un "accident majeur".

En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se refuse à toute nouvelle déclaration sur le classement de l’accident de Fukushima. Selon elle, Greenpeace n’est pas fondée à établir ce diagnostic qui appartient à l’autorité de sûreté japonaise "une fois l’accident terminé". Le service de communication précise que l’accident n’est pas terminé et que la situation reste évolutive. L’ASN avait pourtant relevé son estimation au niveau 6 (accident grave) le 15 mars dernier, plaçant la situation à Fukushima entre Three Mile Island et Tchernobyl.

Pour l’ASN, le débat sur le classement n’est pas une priorité. En contact régulier avec l’autorité de sûreté japonaise, elle reconnaît pourtant que l’information en provenance du Japon reste parcellaire et incomplète, notamment celle de Tepco, l’exploitant de Fukushima. L’Autorité française s’empresse pourtant de préciser que dans la situation actuelle "délicate", la communication n’est pas la priorité de l’Autorité de sûreté japonaise.

L’ASN se concentre sur l’impact sanitaire des suites de l’accident de Fukushima sur la population française et doit rendre public mardi matin les dernières mesures effectuées sur les territoires français.


L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

ASN, lundi 28 mars à 10 h 30.

La sûreté des réacteurs demeurera fortement altérée pendant les prochaines semaines, malgré des progrès techniques récents.

- 1. Situation de la centrale de Fukushima

La situation reste précaire. De nouvelles défaillances de matériels ne sont pas à exclure et les mesures publiées au cours du week-end des 26 et 27 mars confirment un état très fortement dégradé des réacteurs 2 et 3, avec un endommagement des trois barrières de confinement :

- l’eau présente dans le hall des turbines a fait l’objet d’une analyse qui montre une très forte contamination, conduisant à un débit d’équivalent de dose de 1000 mSv par heure pour le réacteur n°2 et 750mSv par heure pour le réacteur n°3. Pour rappel, la limite annuelle de dose pour les travailleurs en situation d’accident nucléaire au Japon a été relevée à 250mSv par an. Ces niveaux de dose rendent très difficile toute intervention humaine dans cette partie du bâtiment. Des opérations de pompage de l’eau fortement contaminée seraient en cours ;

- ces analyses, associées aux valeurs de pression mesurées dans les cuves semblent permettre de conclure à la perte d’étanchéité des cuves 2 et 3 ou de leurs circuits de connexion ;

- les relevés de pression au sein des enceintes semblent permettre de conclure, pour les réacteurs 2 et 3, à une perte d’étanchéité de l’enceinte métallique ;

- les combustibles contenus dans la cuve ont été endommagés à la suite des fortes montées en températures consécutive au séisme et aux accidents successifs.

Les données actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer l’intégrité des cuve et enceinte du réacteur n°1, dont le combustible a été fortement dégradé.

Les progrès techniques constatés ces derniers jours sont :

- l’ensemble des 6 bâtiments réacteurs sont connectés au réseau et les vérifications des matériels préalables à leur raccordement se poursuivent ;

- les 6 piscines dans lesquelles est entreposé du combustible sont désormais refroidies et ne présentent pas de risque immédiat d’ébullition ;

- les cuves des réacteurs 1, 2 et 3 sont refroidies par injection d’eau douce. Le fait de ne plus recourir à de l’eau de mer pour le refroidissement permet de réduire sans le supprimer le risque de dépôt de sel en fond de cuve. L’eau douce a été apportée par une barge depuis la région de Tokyo ;

- les réacteurs 5 et 6 continuent à être refroidis normalement.

Le pronostic d’évolution des réacteurs n°1 à 3 devrait rester très incertain pendant les prochaines semaines.

- 2. Conséquences radiologiques de l’accident

a. conditions de travail sur le site et situation aux alentours de la centrale

Les débits d’équivalent de doses relevées sur le site de la centrale restent élevés mais montrent une grande variabilité. Les conditions de travail des travailleurs sur le site restent très difficiles. Deux travailleurs ont dû être pris en charge à la suite de lésions cutanées aux jambes après un contact avec de l’eau contaminée dans le hall des turbines du réacteur n°2.

Des nouvelles mesures réalisées en mer indiquent que la contamination du milieu marin est importante et en augmentation. Le 26 mars, la radioactivité de l’eau prélevée à 300 mètres au large de la centrale de Fukushima était environ 1850 fois supérieure à la valeur relevée en temps normal.

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux, y compris au-delà de la zone d’évacuation (20 km) et de mise à l’abri (30 km). Ces dépôts conduisent à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise.

b. Situation dans la région de Tokyo

Les mesures disponibles dans la région de Tokyo réalisées par les autorités japonaises et par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne montrent pas d’évolution significative et demeurent faibles. Des valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie le 22 mars et restent à présent stables.

3. Les conséquences en France

a. Les masses d’air en France

La radioactivité émise par la centrale de Fukushima au Japon s’est répandue et s’est diluée dans la plus grande partie de l’hémisphère Nord.
L’appui technique de l’ASN, l’IRSN, procède à l’analyse de prélèvements dans l’environnement en France métropolitaine (notamment dans des eaux de pluie, de l’herbe, différents types de laits).

Conformément aux prévisions, des résultats publiés par l’Institut montrent la présence d’iode radioactive à des niveaux très faibles. Ces valeurs sont sans impact sanitaire pour les populations ou l’environnement.

Comme anticipé, la radioactivité des masses d’air est actuellement trop faible pour être détectée par les balises radiamétriques Téléray, tant en métropole qu’outre-mer. Des analyses complémentaires sont réalisées pour quantifier la présence de substances radioactives dans l’atmosphère sous forme gazeuse ou particulaire.

Les résultats des mesures dans les pays étrangers confirment que ces masses d’air sont sans aucune conséquence sur la santé des personnes.
Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.

Afin de répondre aux questions du public sur les enjeux sanitaires et la circulation des masses d’air, l’ASN a ouvert une rubrique Questions fréquentes sur son site. Elle a également mis en
place un centre d’information accessible de 8 h - 22 h au 08 05 33 34 35 (appel non surtaxé depuis une ligne fixe).

b. Qualité radiologique des denrées en provenance du Japon

Denrées alimentaires
Les importations de denrées alimentaires en provenance du Japon sont d’ordinaire très limitées. Certains systèmes de production autour de la zone de Fukushima ont été détruits par le séisme et le tsunami. Les flux d’importation de denrées animales et végétales (fruits, légumes) sont interrompus.

Un règlement européen a été publié au Journal officiel des communautés européennes le 26 mars 2011 pour imposer des conditions particulières pour l’importation de produits alimentaires et pour l’alimentation animale en provenance du Japon, en prévoyant des contrôles systématiques au départ pour vérifier le respect des normes admissibles en césium 134 et 137 et de l’iode 131 et un contrôle par échantillonnage à l’arrivée.

En France, les services des douanes et les services en charge du contrôle de la qualité des denrées se préparent à la mise en application de ce règlement et ont mis en place un système de contrôle aux frontières. Les césiums et l’iode-131 seront systématiquement recherchés.

Importations non-alimentaires

En l’état actuel des connaissances, le niveau de contamination des produits non alimentaires en provenance du Japon devrait être nul ou très limité. Des démarches sont entreprises pour que les contrôles de contamination puissent être réalisés sur les marchandises au départ du Japon.

Dans l’attente de mesures harmonisées à l’échelle européenne, les autorités françaises ont demandé aux compagnies aériennes desservant la France depuis le Japon de contrôler la radioactivité du fret entrant en France par voie aérienne. Des mesures du même type sont à l’étude pour le fret maritime.

Les contrôles complémentaires sur le contenu des colis relèvent de la responsabilité des destinataires de ces colis.

4. La réponse de l’ASN au courrier adressé par le Premier Ministre

Le Premier Ministre avait demandé à l’ASN de réaliser une étude complémentaire de la sûreté des installations nucléaires françaises au regard de l’accident de la centrale japonaise de Fukushima.
L’ASN, par courrier du 25 mars 2011, a confirmé son accord pour prendre en charge cette démarche qui trouve sa place dans le cadre plus global du retour d’expérience que l’ASN va organiser à la suite de l’accident de Fukushima.


Poursuite des opérations de pompage...

Metro, lundi 28 mars à 10 h 00

09h30
La Tepco, opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, a indiqué qu’elle poursuivait les opérations de pompage de l’eau dans les turbines des réacteurs 1 à 4, à commencer par les unités n°1 et 2. Il est nécessaire d’évacuer cette eau fortement toxique afin que les employés puissent accéder aux bâtiments sans risque et intervenir afin de refroidir les combustibles du coeur des réacteurs qui sont semble-t-il partiellement entrés en fusion. 19 employés ont d’ores et déjà été exposés à des radiations supérieures à 100 millisieverts par an, ce qui est généralement le maximum autorisé dans une centrale en période de crise. Ce niveau a été relevé à 250 mSv par l’Agence de sûreté nucléaire japonaise la semaine dernière.

Dimanche, de l’eau prélevée à 1,5 km au nord de la centrale contenait un taux de concentration d’iode 131 radioactive 1.150 fois supérieur à la norme maximum autorisée.

09h00
Le ministère japonais de la Santé a demandé aux usines de distribution d’eau sur tout le territoire de cesser de recueillir l’eau de pluie, afin d’éviter d’éventuelles contaminations par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima.

Le ministère a par ailleurs ordonné durant le week-end aux distributeurs d’eau et aux stations d’épuration de recouvrir leurs réservoirs d’une bâche afin de les isoler de possibles retombées de radioéléments. Ils doivent par ailleurs cesser de puiser l’eau des rivières juste après des précipitations.

07h00
Le tremblement de terre de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter qui a ébranlé lundi le nord du Japon a conduit les autorités à lancer une alerte au tsunami. Cette alerte a été levée. On ne signalait pas de dégâts lors de cette secousse.

La chaîne publique nippone NHK avait indiqué que le séisme de 6,5 enregistré lundi risquait d’être suivi d’un raz-de-marée avec des vagues de 50 centimètres de hauteur, sur le littoral de la préfecture de Miyagi, durement touchée par la catastrophe le 11 mars.

06h30
Un taux d’iode radioactif 1.150 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l’eau de mer prélevée à trente mètres seulement des réacteurs 5 et 6 de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon), a annoncé lundi l’Agence de sûreté nucléaire.

01h15
A 7h23 heure locale (22h23 heure française), un nouveau tremblement de terre a secoué le Japon, au niveau de la préfecture Miyagi. D’une force de 6,5 sur l’échelle de Richter, ce séisme a été enregistré en pleine mer, à 109km à l’est de Sendai et à 368 km de Tokyo. Il s’est produit à une profondeur très réduite, puisque de seulement 5,9 km.

En répercussion de ce tremblement de terre, une alerte au tsunami avait été lancée par l’Etat japonais. La population de plusieurs préfectures ont été priées de s’éloigner des côtes à une distance de 2 km. Ce dernier s’est révélé très limité, puisque d’une taille de 50 cm et visible uniquement dans certaines zones de la côte. Il semblerait que ni le séisme ni le mini tsunami n’aient fait de victimes ni de dégâts majeurs, selon les premières informations.

00h30
De l’eau fortement radioactive a été détectée dans trois salles des turbines. Cette information pourrait bien ralentir les efforts des équipes sur place pour refroidir les réacteurs en état de surchauffe à Fukushima Daiichi. Parallèlement, la Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire, a demandé à un organisme externe de mener une enquête pour déterminer le niveau de concentration du plutonium dans les fuites constatées. Le plutonium est un métal lourd présent dans le coeurs des réacteurs nucléaires. Extrêmement radioactif et toxique, s’il était trouvé de manière importante dans l’eau, cela signifierait que les coeurs des réacteurs sont très endommagés.


La situation prendra "des semaines, peut-être des mois"

France Info, dimanche 27 mars à 18 h 00.

14h46 : Les responsables de TEPCO affirment s’être trompés en annonçant que l’eau contaminée dans le système de refroidissement du réacteur n 2 de la centrale étaient 10 millions de fois supérieures à la normale, "ce chiffre n’est pas crédible".

12h45 : Thierry Charles, directeur de la sureté des installations à l’IRSN, juge sur France Info la situation “très incertaine, elle s’inscrit dans la durée...il est clair qu’on parle maintenant en semaine, peut-être en mois...”

11h26 : plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Tokyo et Nagoya pour exiger l’abandon des centrales nucléaires. Un événement dans un pays où traditionnellement les antinucléaires sont rares et ont peu d’audience.

10h50 : selon Olivier Isnard, expert de l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire, “ce niveau de radioactivité (de 1.000 millisieverts) est juste une preuve directe que le coeur du réacteur a fondu”

6h37 : dans une interview téléphonique au New York Times, le directeur général de l’Agence internationale pour l’énergie atomique ( Yukiya Amano estime que le Japon est “encore loin d’avoir surmonté l’accident” nucléaire qui a touché la centrale de Fukushima.

6h12 : selon Tepco cité par l’agence JIJI, la radioactivité dans l’eau au réacteur 2 est dix millions de fois supérieure au niveau habituel.

6h11 : l’agence japonaise JIJI annonce qu’une très forte radioactivité a été mesurée au réacteur 2 de Fukushima et le personnel évacué.

4h24 : le niveau d’iode radioactif relevé dans l’eau de mer au large de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, dans le nord du Japon, est 1.850 fois supérieur à la normale, annonce l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle nippone.


Fukushima : refroidissement à l’eau douce

AFP, samedi 26 mars à 18 h 25.

Les sauveteurs japonais utilisent désormais de l’eau douce pour refroidir les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale en péril de Fukushima, l’eau de mer jusque là utilisée accélérant la corrosion et pouvant présenter des dangers, a indiqué samedi l’AIEA.

"L’Agence internationale pour l’énergie atomique a été informée par les autorités japonaises que de l’eau douce est utilisée à la place de l’eau de mer pour refroidir le coeur des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima", précise un communiqué de l’agence dont le siège est à Vienne.

L’AIEA justifie ce changement notamment par la corrosion exercée sur les éléments de la centrale par l’eau de mer. Deux semaines après le séisme et le tsunami dévastateur du 11 mars qui a gravement endommagé la centrale située dans le nord-est du Japon, les secours tentent toujours d’empêcher un accident nucléaire majeur. Des niveaux importants de radioactivité ont été détectés en mer, laissant craindre qu’un ou plusieurs réacteurs aient perdu leur étanchéité.


Des taux d’iode 1250 fois supérieurs à la norme ont été relevés en mer près de la centrale de Fukushima

TSR, samedi 26 mars à 09 h 04.

Le Japon a annoncé samedi avoir mesuré des niveaux d’iode radioactif 1250 fois supérieurs à la norme légale en mer près de la centrale de Fukushima. Une rupture d’étanchéité d’un ou plusieurs réacteurs est toujours plus redoutée. "Si vous buvez 50 centilitres d’eau courante, vous atteignez d’un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber" ,selon l’Agence de sûreté nucléaire. La concentration d’iode diminue de moitié tous les 8 jours, a précisé la même agence. Une concentration de césium 137 presque 80 fois supérieure à la norme légale a aussi été mesurée, selon Tepco, la société gérant le site de Fukushima.

Pour éviter une détérioration catastrophique de la situation à Fukushima, les techniciens, pompiers et militaires déployés sur place jour et nuit doivent absolument parvenir à faire baisser la température des réacteurs. Mais les opérations sont souvent entravées par des pics de radioactivité et des difficultés techniques. Tepco a en outre indiqué samedi avoir découvert une flaque d’eau fortement radioactive dans la centrale, faisant craindre un délai supplémentaire.


Interrogation autour des radiations du réacteur n°3 de Fukushima

Reuters, par lefigaro.fr, vendredi 25 mars à 10 h 15.

L’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle a déclaré vendredi que rien n’attestait d’une rupture dans l’enceinte de confinement des combustibles du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima-Daiichi.
Mais les causes du fort dégagement de radioactivité qui a perturbé dans la nuit les opérations de secours restent à éclaircir.

Trois ouvriers travaillant sur le site ont été irradiés jeudi après avoir été exposés à des doses 10.000 fois supérieures à la normale au contact d’eau contaminée.

Cet incident a accru les craintes relatives à une possible rupture au niveau du réacteur n°3 de la centrale, considéré comme le plus risqué parce qu’il est le seul à fonctionner au MOX, mélange instable de plutonium et d’uranium. Mais l’Agence japonaise de sûreté nucléaire s’est voulue rassurante, notant que rien ne démontrait qu’une rupture s’était produite.

"Cela pourrait provenir d’opérations de purge, des fuites d’eau ont pu se produire depuis des tuyaux ou des valves, mais rien ne suggère une rupture", a dit un haut responsable de l’agence. L’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), a souligné de son côté qu’il était difficile de déterminer la source de la radiation. Sakae Muto, le vice-président de l’électricien, a ajouté que la direction envisageait par mesure de précaution de purger l’eau qui a été déversée depuis le début de la crise sur les réacteurs pour suppléer l’arrêt des circuits de refroidissement.

Les trois techniciens irradiés ont reçu une dose de 170 à 180 millisieverts, a précisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). La dose moyenne encaissée par un employé de centrale nucléaire est de 50 millisieverts en cinq ans. Tokyo Electric Power (Tepco) a relevé cette limite à 100 millisieverts par heure pour les travaux d’urgence. Tepco a expliqué que les employés étaient équipés de compteurs Geiger mais qu’ils avaient ignoré une alarme qui a sonné. Deux des ouvriers irradiés ont été hospitalisés pour des brûlures, de l’eau radioactive ayant pénétré à l’intérieur de leurs bottes.
"Les doses de radioactivité de l’eau contaminée était 10.000 fois supérieures aux doses détectées dans l’eau qui circule dans un réacteur opérant normalement", a déclaré Hidehiko Nishiyama, un haut responsable de l’Agence de sûreté nucléaire.

"Il est possible que le réacteur soit endommagé", avait-il ajouté, s’exprimant avant que l’agence ne juge improbable l’éventualité d’une rupture.

Plus de 700 techniciens travaillent par roulement 24 heures sur 24 depuis deux semaines pour prévenir une surchauffe des six réacteurs de Fukushima-Daiichi lourdement endommagés par le séisme et le tsunami du 11 mars, dont le dernier bilan dépasse désormais les 10.000 morts, auxquels s’ajoutent 17.000 disparus.


L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et sur la situation des masses d’air en France.

Communiqué de presse n°19, jeudi 24 mars à 10 h 00.

- I. Situation des masses d’air en France

La radioactivité émise par la centrale de Fukushima au Japon s’est répandue et s’est diluée dans la plus grande partie de l’hémisphère Nord. Les modélisations ont estimé leur arrivée en France métropolitaine à la date du 23 mars. Comme anticipé, les balises radiamétriques Téléray n’ont pas détecté de hausse de la radioactivité par rapport à la normale, tant en métropole qu’outre-mer.
En complément des mesures de débit de dose réalisées par les balises Téléray, des analyses plus précises, réalisées en laboratoire sur les poussières présentes dans l’atmosphère, sont en cours. Les
résultats, qui seront disponibles dans quelques jours, seront rendus publics sur les sites précités.
Toutes les analyses menées dans le monde, notamment au Etats-Unis, concernés quelques jours avant la France, permettent de confirmer, ainsi que l’annonçaient les autorités, les experts mais aussi
plusieurs associations, que ces masses d’air sont sans aucune conséquence sur la santé des personnes.
Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer.
Le système de surveillance Téléray géré par l’IRSN permettant de détecter instantanément l’augmentation de la radioactivité dans l’air est consultable sur le site internet de l’IRSN.
Afin de compléter ces informations et de répondre aux questions relatives à la masse d’air, à l’exposition globale ou encore aux exportations, l’ASN a ouvert une rubrique Questions fréquentes
sur son site http://www.asn.fr. L’ASN ouvre également un centre d’information du public joignable par téléphone au 08.05.33.34.35 (appel non surtaxé depuis une ligne fixe).

Des explications sur la mesure de la radioactivité dans l’environnement sont également disponibles sur le site mis en place par l’ASN et de l’IRSN http://www.mesure-radioactivite.fr.

- II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Au Japon, les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux dans la région. Les premières mesures réalisées par les
autorités japonaises indiquent une contamination en Iode 131 et en Césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les
denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards.
La radioactivité ambiante a légèrement augmenté dans la région de Tokyo mais elle reste faible. Des valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement
augmenté du fait de la pluie le 22 mars et restent à présent stables.
Par ailleurs, des mesures dans l’eau de consommation de la ville de Tokyo ayant mis en évidence une concentration en iode supérieure aux normes maximales admissibles pour les nourrissons, le gouvernement japonais avait restreint l’usage de cette eau pour les jeunes enfants le 23 mars. Les
dernières informations communiquées par l’Ambassade de France au Japon indiquent une baisse de ces valeurs de contamination, ce qui a conduit les autorités japonaises à lever ces mesures de
précaution.
Des prélèvements d’eau de mer supplémentaires sont prévus dans les prochains jours.

- III. Situation de la centrale de Fukushima

Les débits de dose dans les enceintes de confinement des réacteurs n° 1 à 3 restent très élevés, ce qui ralentit les travaux électriques.

Info

  • La grenade « offensive » qui aurait tué Rémi Fraisse au cœur de la polémique

    Gaspard Glanz et Camille Martin (Reporterre)

    Rémi Fraisse a-t-il été tué par une grenade offensive ? Alors que les premiers éléments de l’enquête semblent attester cette hypothèse, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé la suspension de l’utilisation de cette grenade qui suscite le débat. Reporterre fait le point sur le recours à cette arme lors des manifestations et sur les réactions politiques.

Tribune

  • Thomas Sankara, le président qui roulait en Renault 5

    Christophe Goby (CQFD)

    Thomas Sankara, président du Burkina Faso de 1983 à 1987, est devenu un mythe de courage et de dignité. Assassiné en 1987, il avait fait de l’anti-impérialisme son combat. Un président intègre, dont le souvenir reste gravé dans la mémoire des peuples, alors qu’en ce moment même, au Burkina, les jeunes s’opposent au nouveau coup de force constitutionnel de l’actuel président, Blaise Compaoré.

  • EDITO - Un crime du pouvoir socialiste

    Hervé Kempf (Reporterre)

    Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.