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Ecologie

La culture des OGM a presque disparu d’Europe, hormis l’Espagne

Christophe Noisette (Inf’OGM)

mercredi 23 janvier 2013

Seuls l’Espagne et le Portugal cultivent les plantes transgéniques sur une grande échelle.


En 2012, 132 000 hectares de plantes génétiquement modifiées (PGM) ont été cultivés dans l’Union européenne, soit une augmentation de 15% par rapport à 2011 (114 500 hectares). Ces chiffres et statistiques, issus de sources officielles compilées par Inf’OGM, masquent des déséquilibres grandissants.

Premier constat : les cultures de PGM dans l’Union européenne sont exclusivement des cultures de maïs MON810, alors que deux autres plantes ont été autorisées à la culture, le maïs T25 et la pomme de terre Amflora, au taux d’amidon plus élevé.

Amflora a totalement disparu du sol européen. Elle avait été autorisée en 2010, après un marathon de dix ans pour BASF... La première année, ce furent 281 hectares, dans quatre pays ; puis en 2011, la République tchèque a quitté le club des cultivateurs d’Amflora, tandis que les autres pays réduisaient leur surface comme peau de chagrin. Et deux ans après, cette pomme de terre GM a disparu des assolements. La Suède et l’Allemagne ne cultivent plus aucune PGM cette année. Et aucun autre pays n’a décidé d’en cultiver.

Deuxième constat : deux pays, l’Espagne et le Portugal, représentent 95% des cultures de PGM dans l’Union européenne. Les autres – la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la République Tchèque – représentent donc moins de 5%. On peut donc dire que les PGM sont cultivées, à quelques épis près, dans la seule péninsule ibérique.

Troisième constat : les cultures de maïs MON810 ont diminué dans les six pays européens qui en cultivaient (voir tableau ci-dessous), à l’exception des deux leaders précédemment évoqués. Dans ces quatre pays, la baisse a été d’environ 33% passant de 9 466 hectares en 2011 à 6 456 hectares en 2012.

Les surfaces en OGM dans l’UE (2012 et 2011)

Pourquoi les surfaces n’augmentent-elles que dans deux pays ? Pour l’Espagne, c’est avant tout l’absence de règles de coexistence, l’augmentation des contaminations par des OGM qui fragilisent les filières « biologiques » ou ’« sans OGM » et la raréfaction organisée des ventes de semences conventionnelles de qualité qui pourraient en partie expliquer cette augmentation.

Inf’OGM va donc, à partir des données brutes qu’elle a réussi à obtenir, analyser le fossé qui se creuse dans l’Union européenne. Car n’oublions pas, aussi, que six autres pays – La France, le Luxembourg, la Grèce, la Bulgarie, la Hongrie et l’Autriche – ont adopté des moratoires sur la culture de ce maïs MON810, voire pour certains sur la pomme de terre Amflora. L’Union européenne ne parle donc décidément pas d’une même voix sur le dossier des OGM. Et la réticence vis-à-vis des PGM ne faiblit pas, au contraire.

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PS : Pour la Pologne, nous avons gardé le chiffre de 3 000 hectares, mais ce chiffre est plus que douteux. Il n’existe en effet aucun contrôle officiel des surfaces de maïs MON810. La Pologne a en 2012 interdit la vente des semences transgéniques mais pas les semis. Donc un certain nombre d’agriculteurs vont acheter les semences GM en République tchèque ou en Slovaquie. Personne ne peut nous confirmer ces chiffres.



Source : Inf’OGM

Lire aussi : EXCLUSIF : l’article de Séralini sur les OGM traduit en français

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