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Ecologie

Les herbonautes, premier site de science participative consacré aux herbiers

Muséum national d’Histoire naturelle

mercredi 6 février 2013


Suite à la numérisation de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle et dans le cadre
du programme E-ReColNat, le premier site de sciences participatives consacré aux collections
d’herbiers vient d’ouvrir ! Rendez-vous sur : Lesherbonautes.mnhn.fr

Quel est l’objectif ?

Le site « Les herbonautes » propose au grand public de contribuer à la création d’une base de
données scientifique à partir des millions de photos des plantes de l’Herbier national situé au
Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Avec l’aide des internautes, le site souhaite faire
d’une banque d’images une base de données accessible à tous.

Quel est le principe ?

Le site « Les herbonautes » propose des « missions ». Chacune d’entre elles comporte entre 250 et
2500 images de spécimens qui répondent à une question scientifique. L’internaute choisit au hasard
une image qu’il devra identifier et renseigner. Il explore alors l’image de la plante et son étiquette et
détermine où et par quels botanistes elle a été récoltée.

Afin de valider les données, chacune de ces images sera proposée plusieurs fois sur le site. En cas
de contradiction, un forum permet aux participants de discuter et de choisir la donnée la plus
pertinente.
A l’issue de la mission, un compte-rendu est diffusé sur le site et les informations sont incorporées à
la base de données Sonnerat (base du réseau des herbiers de France), et va alimenter celles de
l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, ainsi que les grandes bases
internationales sur la biodiversité (GBIF). L’animation des communautés d’herbonautes se fait en
collaboration avec l’association Tela Botanica.

Rien qu’à l’Herbier national, plus de 6 millions de photos sont disponibles. Ce nombre
doublera en incluant les autres herbiers de France. Une seule personne mettrait 500 ans
pour informatiser la totalité…

Après la numérisation des planches d’herbiers, pourquoi l’informatisation ?

Tout comme un livre dans une bibliothèque, le report des informations d’un spécimen dans une base
de données permet de pouvoir l’exploiter de façon optimale.
Les données trouvées sont des éléments précieux pour améliorer la connaissance de la biodiversité
et de sa dynamique : cela peut notamment aider à mesurer l’érosion de la diversité végétale, ce qui
est important dans le contexte de crise d’extinction actuelle.

Qui peut participer ?

L’herbonaute peut être un passionné de sciences naturelles, un amateur de géographie, un féru de
paléographie ou juste un accro des « enquêtes » qui va consacrer un peu de son temps pour aider à
l’informatisation des herbiers. Et ceci de façon ludique et instructive !

Il n’est pas nécessaire d’être
compétent en botanique. Il suffit juste d’être un peu curieux…
Concernant l’incontournable inquiétude de l’internaute du « je vais me tromper », elle n’a pas lieu
d’être. Toutes les informations sont croisées et recoupées avant d’être validées.

Quelles sont les missions en cours ?

Les pivoines, plantes du guérisseur Paeon
Les pivoines que l’on rencontre chez les fleuristes et dans les jardins
représentent des centaines de variétés horticoles qui rivalisent par
l’esthétique et le parfum de leurs fleurs. Mais les pivoines existent avant tout
à l’état sauvage avec une trentaine d’espèces : c’est à partir de ces espèces
prises dans la nature que les variétés horticoles ont été obtenues par
croisements et sélections.

Orchidées de France et d’ailleurs, le genre Epipactis
La répartition des orchidées de France commence à être assez bien
connue grâce aux efforts des botanistes de la Société Française
d’Orchidophilie (SFO). Cependant, de nombreuses zones naturelles ont
disparu en raison de l’industrialisation du pays à la fin du 19e siècle et cette
distribution actuelle ne peut être complétée que par les données d’herbier.

Les plantes subantarctiques
Mêmes aux confins de l’Antarctique, dans les îles parmi les plus isolées au
monde, se cachent certaines plantes : oui, mais lesquelles ? Cette mission
permettra de les découvrir...

Le projet E-ReColNat

C’est l’un des 11 lauréats de l’appel à projets "Infrastructures Nationales en Biologie et Santé" du
programme d’Investissements d’Avenir. Coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle en
partenariat avec l’Université Montpellier 2, le PRES Clermont-Université, l’Université de Bourgogne,
l’IRD, l’INRA, le CNAM, Tela Botanica et Agoralogie (avec le soutien du CNRS et de l’AllEnvi), EReColNat
a pour objectif de réunir l’ensemble des données des collections françaises d’histoire
naturelle sur une même plateforme informatique.



Source et photo : Courriel à Reporterre des Herbonautes

Ecouter aussi : Pourquoi est-il inquiétant que des espèces de bégonias disparaissent ?

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