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Société

Le déroulé de l’action d’occupation de la plate-forme de Jouarre

ALDEAH

dimanche 22 septembre 2013

Peu après sept heures ce dimanche, des opposants au pétrole de schiste ont escaladé la tour de forage de la compagnie Hesse, à Jouarre, en Seine-et-Marne.


Suivi de l’action par ALDEAH (Alternative au développement extractiviste et anthropocentré).

8 h 39

Une deuxième voiture est prête à partir en direction de la Ferté sous Jouarre.

8 h 31

Une voiture de gendarmes est partie avec des copains...

8 h 30

Les gendarmes mobiles sont arrivés. Ils entourent le site.

8 h 28

On a pris la foreuse ! Il y a encore du monde sur la nacelle... on espère qu’ils restent encore !

8 h 22

Fouille à corps. Les travailleurs de la COFOR quittent le site. Ils n’étaient que sept ou huit.

8 h 05

Toujours avec les gendarmes. L’armblock tient mais ils vont l’emmener pour découper le tube.

[Armblock : un activiste semble s’être enchaîné à la foreuse, le bras étant engagé dans un tube accroché à la foreuse - Reporterre]

8 h 02

Arrivée des responsables de Hess Oil.

7 h 59

La banderole est déployée. La gendarmerie arrive.

7 h 16

Quatre personnes ont escaladé la tour de forage de pétrole de schiste et sont en train de déployer une banderole.

6 h 45

Ce matin à 6 h45, 30 personnes ont pénétré sur la plateforme pétrolière de Hess Oil proche de Jouarre en Seine et Marne pour dénoncer le forage d’exploration sur le pétrole de schiste.


Communiqué de revendication

Depuis 06 h 53 ce matin, dimanche septembre, 30 personnes du collectif des Dindons de la farce occupent la plateforme pétrolière de la Petite Brosse à Jouarre (Seine-et-Marne). Nous avons escaladé la tour de forage, nous y sommes enchaînés, avons déployé des banderoles et entendons y rester. Par cette action résolue, nous souhaitons attirer l’attention du public et des médias sur la farce qui se déroule sous nos yeux et dont nous refusons d’être les dindons.

La plateforme occupée est celle de la compagnie états-unienne HESS Oil, l’entreprise qui cette dernière année a réalisé plusieurs forages préparatoires sur des permis de recherche d’hydrocarbures officiellement déclarés comme portant sur l’huile de schiste. Il est de notoriété publique que l’huile de schiste est impossible à extraire sans recourir à une fracturation et qu’aujourd’hui seule la technique de fracturation hydraulique présente les conditions de rentabilité jugées satisfaisantes par les pétroliers.


La plate-forme de Hess Oil

Pourquoi HESS Oil avance dans ses travaux alors qu’une loi (Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 ) lui interdit de passer à l’acte ? Pourquoi cherche-t-elle des hydrocarbures qu’elle ne pourrait pas exploiter ? Difficile d’imaginer qu’un industriel entreprenne ces opérations coûteuses (12 millions d’euros par forage, soit plusieurs dizaines de millions d’euros par permis) sans attendre un possible retour sur investissement. Alors, pourquoi ? Spéculation ? Ou bien les dirigeants d’HESS Oil sont-ils si sûrs que l’interdiction sera levée comme le laisse craindre la Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la compagne texane Schuepbach qui cherche à invalider la loi du 13 juillet (la décision du Conseil Constitutionnel sera rendue début octobre) ? Espèrent-ils, aussi, qu’à force de lobbying, un miracle ne rende les dangers de la fracturation hydraulique « socialement acceptables » jusqu’à ce que les dégâts, irréversibles, ne commencent à apparaître ?

Les sites forés sont prêts pour la suite des opérations. Après en avoir terminé avec Jouarre, la foreuse HH300 de la COFOR (filiale de Vinci), utilisée par HESS Oil et conçue pour forer dans les schistes, partira sur une autre plateforme, probablement celle de Fonteney-de-Bossery (10 Aube), site qui offre une vue plongeante sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, à moins de 110 km de Paris, en bord de Seine.


La tour de forage intégrant la foreuse de la société Cofor, filiale de Vinci

Alors cette foreuse, pour l’instant, nous la gardons. Pour mettre en lumière la farce en cours. Pour rappeler au Président Hollande - qui déclarait qu’il n’y aurait pas d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels en France – de tenir sa parole. Pour que la Conférence environnementale en cours ne soit pas un nouveau catalogue d’intentions. Pour exiger la fin des forages exploratoires visant le gaz et le pétrole de schiste, de houille et l’huile lourde, l’abrogation de tous les permis de recherche portant sur ces hydrocarbures, le rejet de toutes les demandes de permis en cours d’instruction, l’abandon de tous les projets similaires et un ferme engagement pour une vraie transition énergétique et écologique.

Parce que la poursuite de ces travaux est une preuve flagrante des promesses non tenues ;
parce que les lobbies pétro-gaziers sont résolus à avancer dans l’exploration et l’exploitation des sources d’énergie « extrêmes » en France, dans le total mépris du refus de la population ; pour défendre notre eau et notre air, notre santé, la beauté de nos paysages, les alternatives écologiques et une vision du monde régi par d’autres rêves que le profit : NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE NI DE HOUILLE, NI AUJOURDHUI, NI DEMAIN, NI ICI, NI AILLEURS


Source : Aldeah

Photos :
. Action du dimanche matin : Aldeah
. Plate-forme et tour de forage : archives de Reporterre.

Info

  • On a retrouvé la conférence environnementale !

    Marie Astier (Reporterre)

    Vous aviez déjà entendu parler de la conférence environnementale avant ce matin ? Non ? Ce n’est pas surprenant. A Reporterre aussi on a failli la rater. Le gouvernement lui aussi l’avait presque oubliée.

  • Nanomatériaux : le gouvernement français veut les introduire dans l’alimentation

    Philippe Desfilhes (Reporterre)

    Mme Royal prétend que la santé est une de ses priorités. Mais le gouvernement français a poussé à faciliter la présence de nanomatériaux dans l’alimentation, comme le révèle Reporterre. Une tentative recalée par les députés européens, qui ont repoussé le projet de réglement de la Commission européenne sur ce sujet.

  • A Roybon, en Isère, le massacre de la forêt a commencé

    Andrea Barolini (Reporterre)

    En Isère, le projet de Center Parcs de Roybon continue son passage en force. Avis défavorable de la commission d’enquête, opposition des habitants, scandale environnemental... rien n’y fait. Les travaux de défrichement de la forêt sont en cours. Les opposants ont déposé des recours juridiques et lancé des actions de désobéissance civile.

Tribune

  • Éloge de la ZAD

    Des zadophiles non fanatiques de Nantes, Grenoble, de Carcassonne, et d’ailleurs

    « Ce qui a été visé dans la nuit de Sivens, c’est le scandale que représente l’existence même des ZAD et leur possible dissémination. Les ZAD (...) ne veulent pas uniquement empêcher un aménagement mais y substituer autre chose, et c’est l’audace de ce programme, aussi rudimentaire soit-il, qui commence à perturber les partisans du nihilisme de la croissance. »

  • RENCONTRE de REPORTERRE : Projets inutiles, la victoire est possible !

    Au Testet comme à Notre Dame des Landes, à Gonesse comme à Roybon, à Bure et sur le Lyon Turin, les batailles contre les projets inutiles deviennent centrales. Alors que les luttes s’intensifient et remportent des vrais succès, Reporterre organise sa prochaine rencontre lundi 1 décembre : « La victoire est possible ! » Stratégies de luttes, coordination des opposants, résistance au discours des pouvoirs : la soirée promet d’être intense.