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Société

Le consommateur bio est en meilleure santé que le non-bio

Pascale Garcia (Reporterre)

mardi 29 octobre 2013

Une enquête scientifique approfondie s’est intéressée aux comportements alimentaires de la population française. Il en ressort que les consommateurs de produits bio se portent mieux que les autres. Pour autant, ils ne sont pas plus riches que les autres.


Présentée comme la plus grande étude jamais lancée au monde sur Internet et sur des volontaires (500 000 à terme), Nutrinet-Santé vise à mieux comprendre les relations entre la nutrition, la santé, les comportements alimentaires. Elle est menée par l’Inserm, l’Inra (U1125) le Cnam et l’université Paris XIII. L’un de ses volets piloté par Denis Lairon de l’Inserm et portant sur 54 311 participants concerne le profil des consommateurs de produits bio en France. Ses résultats viennent d’être publiés.

Il en ressort que les produits bio sont perçus comme meilleurs pour la santé (69,9 %) et pour l’environnement (83,7 %), mais trop chers pour 51% des personnes interrogées.

L’étude révèle des « comportements types » de consommation. Chez les non-consommateurs (19 193 du panel), il y a ceux qui le sont par manque d’intérêt pour les produits bio, ceux qui les évitent et ceux qui les estiment trop chers. Les consommateurs bio réguliers (7 606 contre 27 512 occasionnels) présentent des caractéristiques sociologiques différentes : d’un niveau plus élevé d’éducation, ils sont physiquement plus actifs.

En revanche, leur niveau de revenu est comparable à celui des non-consommateurs bio (excepté pour le groupe des non-consommateurs qui invoquent un coût trop cher pour ne pas consommer les produits bio). De même, leurs choix alimentaires tendent davantage vers des produits végétaux et peu raffinés : plus de fruits, de légumes, de légumes secs, de fruits à coque (noix, amandes, noisettes), d’huiles végétales, de céréales complètes, avec moins de boissons sucrées et ou alcoolisées, de charcuteries, de lait et de fastfoods.

Côté calories, les apports moyens journaliers sont identiques. En revanche, leurs apports sont plus élevés pour les vitamines et minéraux (+10 à 20%), les acides gras oméga-3 (+20%) et les fibres (+27 %). Ils ont une moindre probabilité d’être en surpoids ou obèse.

Les effets à long terme sur l’état nutritionnel et le risque ou la protection de maladies chroniques seront suivis plus en détail durant cinq ans.

Ces résultats ne surprendront pas les acteurs de la filière, ni les consommateurs bio réguliers. L’étude n’en demeure pas moins une première. A ce jour, il en existe très peu sur le style de vie, les consommations alimentaires, les apports nutritionnels et l’état de santé des consommateurs de produits bio en France comme au plan international, malgré l’intérêt et le nombre croissant des consommateurs de produits bio.

En témoigne le salon bio Natexpo de Paris-Nord Villepinte qui vient de fermer ses portes mardi 22 octobre après trois jours de rencontres entre 600 exposants venus de France et d’ailleurs et 10 000 visiteurs professionnels (www.natexpo.com) : avec plus de 46 milliards d’euros de chiffres d’affaires le marché mondial des produits biologiques, écologiques et compléments alimentaires a presque quadruplé en 10 ans. En Europe, il s’élève à 21 milliards d’euros, dont environ 19 milliards dans la seule Union européenne, selon l’Agence française pour la promotion et le développement de l’agriculture biologique.


Source : Pascale Garcia pour Reporterre.

Photo : Plurielles.

Ecouter aussi : L’agriculture bio est-elle l’avenir de l’agriculture ?.


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