Accueil > Alternatives > Les restaurants « certifiés bio » servent leurs premiers repas

Alternatives

Les restaurants « certifiés bio » servent leurs premiers repas

Pascale Mugler (Reporterre)

samedi 30 novembre 2013

L’agriculture bio, c’est bien. Et les restaurants où l’on sert des mets bio, c’est très bien. La première certification vient de sortir, et plusieurs restaurants en France sont ainsi « labellisés bio ».


Le premier cahier des charges dédié à la restauration collective bio pour les établissements d’enseignement, les administrations, entreprises à caractère sanitaire et social, structures d’accueil type crèches, centres de vacances, etc., vient de sortir ex. C’est Ecocert, l’organisme de contrôle historique de la bio qui a mis au point « En cuisine » dont les critères concernent quatre domaines : le bio, le local, le sain, le durable. Ainsi le restaurant labellisé « En Cuisine » doit proposer toute l’année un choix varié de produits bio pour réduire « l’impact des pesticides dans l’assiette », précise Ecocert. Il doit privilégier les filières courtes ce qui réduit l’empreinte carbone, créer du lien avec les producteurs locaux, être très attentif à l’équilibre nutritionnel, valoriser le « fait maison », limiter les additifs, pouvoir prouver la traçabilité des produits, informer clairement les convives.

Pour la durabilité, les gestionnaires doivent faire preuve de mesures concrètes montrant qu’ils limitent le gaspillage et l’impact environnemental (emballages, vaisselle, détergents…). Ecocert voit dans son référentiel un outil de progression et a défini trois niveaux de labellisation. Par exemple, le niveau 1 impose de 10 à 20 % de bio au moins et un produit bio et local mensuel et pas d’OGM. Le plus exigeant impose entre autres plus de 50 % de produits bio et au moins dix ingrédients bio et locaux par mois, pas de graisses hydrogénées, des repas cuisinés sur place, des éco-détergents.

D’un coût annuel de 150 à 450 €, selon que l’établissement soit en gestion concédée ou directe, la démarche suppose des contrôles annoncés ou inopinés.
Parmi les premiers établissements labellisés, les cinq restaurants municipaux scolaires de Pamiers en Ariège (niveau 3), le restaurant d’entreprise de la Banque de France à Toulouse (niveau 1) ou le restaurant du lycée Gilles Germain à Rochefort en Charente-Maritime (niveau 3).

La restauration collective est considérée comme un des leviers de développement de la bio dans les deux derniers plans bio gouvernementaux. L’arrivée de ce référentiel prouve que la sauce bio prend dans les cantines. Il permet de mesurer les progression des établissements qui de leur côté pourront valoriser et crédibiliser leur démarches. Pour le consommateur, une labellisation reposant sur des critères sérieux et des contrôles indépendants est une garantie contre le greenwashing ambiant.

Les niveaux de certification :


Source : Pascale Mugler pour Reporterre.

Photo : Floresto.

Lire aussi : Le consommateur bio est en meilleure santé que le non-bio.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

Info

  • Les médias alternatifs, leviers de la lutte contre le changement climatique

    Pascale Solana (Reporterre)

    Samedi 27 septembre à Paris, les Amis de Reporterre, collectif créé en juin dernier en soutien au quotidien de l’écologie, se sont retrouvés pour un débat animé par Antoine Lagneau. Thème : la place des médias dans la lutte contre le réchauffement climatique. On a surtout discuté des conditions d’existence des médias libres.

  • EXCLUSIF - Au Testet, l’Etat piétine la loi sur l’archéologie

    Grégoire Souchay (Reporterre)

    La France de M. Valls est-elle la Russie de Poutine ? Au Testet, Reporterre révèle que la législation protégeant le patrimoine archéologique a été totalement oubliée, malgré des preuves évidentes d’un patrimoine conséquent. L’Etat avait déjà « oublié » l’autorisation de défrichement.

    Cette révélation sur l’illégalité de la destruction intervient alors que, depuis lundi, la police intervient de nouveau très violemment sur le site.

Tribune

  • Reconstruire la politique ? A vous la parole, prenez-la !

    Les lecteurs de Reporterre

    Dans une semaine, la Rencontre de Reporterre : « L’écologie au coeur de la reconstruction politique ».

    Vous avez lancé le débat : à vous la parole, ici.

    Comment, selon vous, reconstruire la politique ?

  • L’agriculture intensive et le bétonnage détruisent les sols

    Frédéric Denhez

    En France, vice-championne du monde en étalement urbain, 26 mètres carrés de terres fertiles disparaissent chaque seconde. Et les terres cultivées sont pour la plupart dégradées par le mariage de la mécanique et du chimique de l’agriculture moderne. Mais de plus en plus d’agriculteurs retrouvent le respect des sols et sortent du carcan idéologique de l’agriculture intensive.

  • CHRONIQUE - Ils foncent dans le mur ? Une autre voie est possible !

    Vincent Liegey

    À regarder ce monde qui marche sur la tête, on aurait vite fait de perdre espoir... Mais la société fourmille d’énergie et d’inventivité pour imaginer d’autres possibles, des alternatives concrètes s’inventent chaque jour pour créer une société où le profit et la compétition ne sont pas les seuls horizons. Rassemblons-nous et gardons espoir !