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Alternatives

Les routes à vélos conquièrent le nord de l’Europe

ConsoGlobe

mercredi 18 décembre 2013

Le vélo y étant considéré comme un moyen de transport à privilégier, nos voisins du Nord construisent des routes qui lui sont dédiées.


Se déplacer à vélo est le quotidien de millions de cyclistes en Europe, qui relient leur foyer à leur lieu de travail ou à l’école en deux roues.

Dans le nord de l’Europe où le vélo est un mode de transport préféré par le plus grand nombre, se développent des initiatives pour « sortir le vélo » des villes. En effet, au-delà d’une certaine distance ou parce que les infrastructures ne sont pas adaptées, rouler à vélo peut se révéler au mieux fatigant, au pire, dangereux.

Partant de ce constat, les Pays-Bas, champions du monde des déplacements à vélo, ont été les premiers à développer les autoroutes pour vélos. La 1re relie Breda à Ettenleur, dans la province du Brabant.

Cette méga piste cyclable de sept kilomètres est spécialement aménagée pour faciliter la vie des cyclistes et leur assurer la sécurité. Ainsi, les cyclistes empruntant cette voie sont prioritaires à tous les croisements. Ils peuvent même s’ils le souhaitent se reposer dans l’une des trois aires de repos implantées tout au long du tracé !

La Suède investit cinq millions d’euros sur huit ans dans la construction de quatre voies vertes qui doivent relier Malmö à Lund, soit vingt km pour ce premier tronçon.

Même le maire de Londres s’y est mis, dès 2010. Et pourtant, Londres n’est pas spécialement connue pour être accueillante envers les cyclistes. Le mois de novembre 2013 peut même être qualifié de noir avec une série dramatique de cinq décès de cyclistes en quelques jours seulement…

Boris Johnson, beaucoup critiqué quant à sa politique concernant les vélos, compte sur son projet de « superhighways » qui doit voir le jour en 2015 avec l’ouverture de quatre tronçons, puis huit d’ici 2016. Ces routes d’1,50 mètre de large pour les vélos doivent relier la capitale à la périphérie.

En France, la ville de Strasbourg, ville pour laquelle la place accordée au vélo est un véritable modèle pour le reste du pays avec ses 560 km de piste cyclable, lance le réseau REVE : le Réseau Express VElo. Ce réseau structurant assurera les liaisons principales à l’intérieur des communes et quartiers, ainsi que les liaisons entre ces entités, la desserte des zones d’activités périphériques et des collèges non desservis actuellement.

Le modèle danois

Le Danemark a lui aussi décidé de suivre le chemin tracé par les Néerlandais. En outre, à Copenhague, le vélo est un moyen de transport privilégié. Plus de la moitié des habitants du centre ville roulent à vélo quotidiennement. En revanche, « seuls » 37% des habitants de banlieue l’utilisent.

Ainsi, pour inciter les quelque 15 000 banlieusards à prendre leur vélo, la ville a pris l’initiative de développer 28 voies express dédiées au vélo. Ces autoroutes couvriront des trajets de sept à quinze km du centre et permettront de pédaler à vive allure mais surtout en toute sécurité.

La 1re, inaugurée en avril 2012 est un véritable succès : la ville a enregistré une hausse de 10 % du nombre de cyclistes faisant la navette entre la périphérie et Copenhague, soit une distance de quinze kilomètres.

Quelle différence entre une piste cyclable et une autoroute pour vélos ?

La grande différence tient principalement à l’entretien : les autoroutes pour vélos bénéficieront de la même politique que les autres routes, avec le même niveau de priorité.

En outre, les autoroutes pour vélos, à l’instar des autoroutes pour voitures se présentent comme le plus rectiligne possible. En effet, les pistes cyclables s’adaptent plutôt à la configuration des villes, serpentant entre les infrastructures. Les autoroutes sont plus larges et plus droites. De plus, les feux tricolores ont été configurés pour former des « vagues vertes » : autrement dit, un cycliste peut rouler à vingt km tout au long de son trajet jusqu’en ville sans être arrêté par un feu.

Selon Lars Gaardhøj, président de la commission sur l’environnement et la croissance verte à Copenhague, transformer une piste cyclable en autoroute permet d’augmenter le nombre de déplacements à vélo sur des distances de plus de cinq km, en plus de réduire les dépenses de santé, la congestion automobile et la pollution de l’air en milieu urbain.


Source et photos : ConsoGlobe

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