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Alternatives

Je te prête mon jardin, tu me prêtes ta main verte

Sébastien Iwansson (Midi : onze)

samedi 8 février 2014

D’un côté, des particuliers ayant un jardin, mais pas le temps ni l’envie de s’en occuper. De l’autre, des passionnés à la main verte n’ayant pas de terrain. Le site Internet Savez-vous planter chez nous propose de les mettre en relation. Une initiative maligne (et non lucrative !) qui remet l’échange et la nature au cœur du lien social…


Alex Broner, un Toulousain mordu de jardinage, s’est retrouvé bien désemparé après son emménagement dans un appartement du centre-ville. Un saut sur plantezcheznous.com et quelques clics plus tard, il rencontrait Lucien, ancien jardinier expérimenté dont l’âge avancé ne lui permet plus de s’occuper de son potager. En plus d’assouvir son besoin de nature, Alex fera, de son propre aveu, une très belle rencontre.

« À travers le jardinage, je cherchais aussi un contact avec d’autres personnes, raconte-t-il. Avec Lucien on s’est immédiatement tutoyé, c’est quelqu’un qui sait rester simple. Il m’a même offert un double des clés pour que je puisse venir quand je le souhaite. En contrepartie, je lui sélectionne de belles tomates et blettes quand j’ai des récoltes ».

Si le site n’impose pas de règles et se contente avant tout d’aider ces gens à se rencontrer par un système de petites annonces, il propose aussi des exemples de contrats pour ceux qui souhaitent cadrer leurs échanges. Ainsi certains propriétaires prêtent leurs terres en échange d’une partie des récoltes ou d’un coup de tondeuse à gazon, alors que d’autres sont simplement contents d’avoir quelqu’un pour tailler le bout de gras et faire revivre un peu leur jardin.

Du cojardinage !

On pouvait s’attendre à ce que les gens soient réticents à l’idée de laisser des inconnus entrer dans leur demeure et profiter de leur jardin. Pourtant, en à peine deux ans d’existence, le site plantezcheznous.com compte déjà des milliers d’annonces et propose des échanges dans tous les départements français et même quelques pays frontaliers.

« Plusieurs facteurs expliquent cet engouement, analyse Chantal Perdigau, co-fondatrice du site avec son frère. C’est tout d’abord une idée solidaire et avantageuse pour les deux partis. Et puis c’est dans l’air du temps, dans la continuité de tous ces échanges de bons procédés comme le covoiturage et les échanges de services, c’est du cojardinage ! »

Une forme d’agriculture urbaine

Non contente d’être conviviale, la pratique vient aussi opportunément répondre à une demande croissante de traçabilité alimentaire et d’une agriculture respectueuse de l’environnement dans les aires urbaines.

« En plus de la prise de conscience de l’importance d’une bonne alimentation, ajoute Chantal, il y a aussi l’idée d’investir les lieux publics et ramener la biodiversité en ville ». Le site héberge même quelques annonces d’apiculteurs cherchant des terrains pour installer leurs ruches. « Le problème des abeilles est important, précise-t-elle, car les potagers manquent souvent d’abeilles pour polliniser les légumes ».


Source et photo : Midi : onze

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