Accueil > Alternatives > Des semences en accès libre pour se libérer des brevets

Alternatives

Des semences en accès libre pour se libérer des brevets

Conso Globe

mercredi 7 mai 2014

Le mouvement des Graines en « open source » place les semences dans le domaine public, pour empêcher qu’elles soient brevetable.


Le plus grand reproche qui est fait à des groupes agro-industriels ou de chimie comme Montsanto, plus encore que les techniques de plantes OGM, est sans doute celui de vouloir s’accaparer la propriété du vivant, et notamment des graines. L’initiative « Graines open source » ou « semences open sources » vise à les en empêcher.

Pour éviter que de nombreuses semences de plantes usuellement cultivées, une initiative dénommée Open Source Seed Initiative ou OSSI entreprend depuis 2001 de développer des semences en " open source" , c’est-à-dire libres de droits ou brevets.

Il s’agit de préserver pour chaque agriculteur ou chaque jardinier la possibilité de cultiver les espèces de leur choix sans avoir à passer par des graines dont les Du Pont, Syngenta ou Monsanto s’accaparent la propriété. L’initiative Graines open source veut donc restaurer une pratique autrefois très banale de partage de semence entre les producteurs. Il s’agit de conserver certaines semences de légumes dans le domaine public et de les protéger de futurs potentiels brevets.

Evidemment, le terrain de bataille est celui de la propriété intellectuelle avec pour débat central les brevets portant sur des organismes vivants, fruits, légumes, fleurs, animaux, etc.

« Ces légumes font partie de notre héritage culturel collectif et notre but est de nous assurer que ces semences vont rester dans le domaine public de manière à ce que chacun puisse s’en servir à l’avenir »  : c’est ainsi qu’Irwin Goldman, horticulteur et professeur résume le credo de l’initative pour des semences open sources

Le mouvement Graines en open source est encore petit, mais déjà les semences qu’il conserve dans le domaine public, peuvent librement être cultivées et améliorées par touts les jardiniers ou agriculteurs

L’OSSI propose actuellement 29 variétés de 14 végétaux largement cultivés. En utilisant ces graines, on souscrit à la promesse suivante : « Cet engagement Open Source Seed vise à garantir votre liberté d’utiliser de quelque manière que ce soit les graines contenues dans ce sachet, ainsi que la liberté dans ce domaine de tous les utilisateurs ultérieurs. En ouvrant ce sachet, vous vous engagez à ne pas restreindre pour d’autres utilisateurs l’usage de ces graines ni leurs dérivés par des brevets, licences ou tout autre moyen. Vous vous engagez également à joindre ce serment au moment où vous transférerez ces graines ou leurs dérivés. »

En ligne de mire, il y a la préservation et l’accroissement de la biodiversité des semences cultivées et une agriculture plus équitable sur le plan mondial.


Source : ConsoGlobe

Photo : Graines de quinoa (Grist).

Lire aussi : Les paysans arrachent une victoire sur les semences

Info

  • Corruption, pollution, consommation : les ravages du lithium en Argentine

    Alan Loquet (Reporterre)

    Les entreprises en quête « d’or blanc » se lancent dans l’exploitation du lithium à l’échelle industrielle. Principal débouché : les voitures électriques. Cette intensification minière aura des conséquences environnementales et sociales, sur fond de corruption et de conflits d’intérêts.

Tribune

  • Le Sauvage, pionnier de la presse écologiste

    Mathieu Albouy (Reporterre)

    L’écologie politique est le produit d’une histoire. Ses fondamentaux viennent de l’agitation politique et culturelle des années 1970. La presse écologiste a joué un rôle essentiel pour la faire émerger et l’installer dans le paysage français. Le Sauvage, de 1973 à 1980, fut le plus lu de ces périodiques.

  • Les magistrats dénoncent la pénalisation systématique du mouvement social

    Syndicat de la magistrature

    La répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux est de plus en plus forte. Le Syndicat de la magistrature prend position : « Recourir à la pénalisation de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. »

  • Leur écologie et la nôtre

    André Gorz

    L’écologie n’a pas de sens s’il s’agit simplement de faire accepter au capitalisme les contraintes écologiques. « (...) La lutte écologique n’est pas une fin en soi, c’est une étape » vers « une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature (...) » Un classique d’André Gorz, à relire avant ou pendant les vacances.